Retour
Toulon réussissait déjà peu à la Section. Ce samedi, elle y a sombré en affichant d’inquiétantes limites défensives, sans exister non plus offensivement. Au-delà du match, elle a aussi perdu Brau-Boirie, sorti sur blessure (41-20)
Comme Clermont, Toulouse et le Stade Français, Toulon fait partie de ces irréductibles bastions à repousser les assauts du Pau de Sébastien Piqueronies. Les vieilles habitudes ont la dent dure, et la Section a encore cassé les siennes à Mayol (41-20). Depuis l’avènement du manager, en 2021, elle n’y a même jamais pris le moindre point. La série s’étirera au moins une saison supplémentaire. Plus regrettable encore ...
Comme Clermont, Toulouse et le Stade Français, Toulon fait partie de ces irréductibles bastions à repousser les assauts du Pau de Sébastien Piqueronies. Les vieilles habitudes ont la dent dure, et la Section a encore cassé les siennes à Mayol (41-20). Depuis l’avènement du manager, en 2021, elle n’y a même jamais pris le moindre point. La série s’étirera au moins une saison supplémentaire. Plus regrettable encore : la défaite de ce samedi atténue la portée d’un début de saison historique depuis les retrouvailles entre les Béarnais et le Top 14 (2015).
Perdre à Toulon n’a rien d’infamant. Y concéder un tel éclat est en revanche plus dérangeant compte tenu de l’ambition qui anime une équipe victorieuse de six de ses sept matchs officiels avant de s’exporter sur la Rade. Où Pau a donc fini par tomber en carafe, face à cette puissance amplifiée par le rythme imprimé par les Toulonnais.
Mieux resserrer l’axe pour se donner encore plus d’air sur la largeur, et laisser Jaminet s’envoler. C’est en concentrant la défense paloise que les avants varois ont ouvert l’intervalle à l’ex-Toulousain sur ses deux premiers essais (5-0, 18e ; 12-6, 23e). Sa troisième réalisation en moins d’une demi-heure a sanctionné le laxisme défensif béarnais sur un intervalle trouvé entre Gailleton et Attissogbe (17-6, 33e). L’arrière-ailier international a ensuite failli sur ses bases, en ouvrant le champ à Albornoz après un duel perdu face au n°10 argentin (24-6, 37e).
Ce qui n’allait déjà pas n’a pas été, et ce qui allait plutôt bien n’a jamais fonctionné
De l’autre côté du terrain, le réalisme des hommes de Piqueronies fut inversement proportionnel. À l’image de cette séquence stérile de deux minutes en zone de marque (25e-27e), ou de la façon dont Grondona fut coffré par Tuicuvu sur la ligne toulonnaise (29e). Une leçon contrariante, administrée par l’équipe la plus hermétique du championnat face à la huitième formation la plus poreuse avant cette journée de Top 14. Ce samedi, la Section ne fut même pas digne de ce rang : ce nouveau coup de poignard signé Cowie, après un contre ruck à dix mètres de la ligne béarnaise, le dit (31-7, 47e). L’essai de Gigashvili, servi dans un timing parfait par Serin, le confirme (38-6, 52e).
Ce qui n’allait déjà pas n’a pas été, et ce qui allait plutôt bien n’a jamais fonctionné : touche (six lancers perdus), attaque, jeu aérien. Complètement absente dans le duel des lignes, Pau a aussi perdu Brau-Boirie, touché au genou gauche. L’équipe de France, qu’il devait rejoindre ce dimanche, aussi. Au vu du rictus de souffrance barrant le visage du centre à sa sortie, l’issue ne fait que peu de doute (59e). Sachant que Pesenti (40e) et Tokolahi (65e), ont aussi cédé leur place prématurément.
Dans ce contexte, les essais en puissance inscrits par le pilier droit avant sa sortie, avant d’être imité par Grondona (38-20, 70e), n’ont que très peu pesé dans la balance. En atténuant la « douloureuse » au cours de ses dix minutes de supériorité numérique, Pau a tout juste évité l’humiliation. Mais pas le tombereau de doutes qui affleurent, chez une équipe qui fut aussi martyrisée par l’art du contre-ruck toulonnais.
Après trois victoires en Top 14 et une en Champions Cup, le retour sur terre est brutal. Et ses potentielles conséquences plus glaciales encore. Défaite à Toulon et peut-être déplumée de quelques-uns de ses tauliers avant une double réception (Toulouse le 1er octobre et Perpignan le 7), Pau devra prouver qu’un ambitieux de Top 14 doit aussi faire preuve de résilience pour parvenir à ses fins.