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Et, sans suspense, le Lot-et-Garonne devrait être laissé de côté par le tracé de cette 114e édition. La 20e étape concernera, comme l’a révélé « Sud Ouest », Libourne en tant que ville d’arrivée. Le peloton rejoindra la commune girondine depuis Maubourguet, dans les Hautes-Pyrénées, en évitant soigneusement le bitume du 47. « Je ne suis pas connu pour ma langue de bois, donc je vous le dis : on n’a pas le Tour, c’est une bonne nouvelle ! »
Ça, c’est Daniel Borie qui le dit. Le maire de Saint-Vite, s’il se rappelle des « buvettes organisées par le club de rugby » sur le passage de la course en 2024, est aussi vice-président du Conseil départemental en charge des infrastructures routières. Et c’est avec cette casquette que l’élu fait montre d’un certain soulagement. Surtout au niveau du portefeuille. « C’est un sport populaire, mais ça reste du sport. On veut bien payer pour faire plaisir aux gens qui voient les coureurs passer deux minutes, mais derrière, il y a tout le quotidien des Lot-et-Garonnais à gérer. »
Car, le Tour, ce sont de super souvenirs pour les spectateurs, un peu moins pour les décideurs… qui sont les payeurs. Et en ces temps de finances publiques contraintes, dégager 400 000 euros pour accueillir le barnum représente un vrai défi. « Une grosse contrainte, appuie le vice-président du Département. Le cahier des charges d’ASO est très strict, et s’il avait dû emprunter ne serait-ce qu’un bout de nos routes départementales, puisque le Tour les privilégie aux routes nationales, cela m’aurait contraint à décaler des travaux routiers pour s’occuper des voies traversées par le Tour. »
« J’ai renoncé. Financièrement, l’impact était trop important »
En 2024, année faste pour le Lot-et-Garonne avec Villeneuve-sur-Lot comme arrivée et Agen comme départ, la collectivité territoriale avait réussi à alléger la facture de quelque 100 000 euros pour passer aux alentours de 300 000, chaussées et accotements compris. Saint-Jacques, ses agents et élus, s’était montré malin en anticipant les travaux déjà prévus pour les réaliser dans le cadre du Tour de France. « Sans compter qu’il faut mettre, en plus, des agents à disposition pour sécuriser, baliser et orienter », ajoute Daniel Borie. Et quelques subventions supplémentaires pour les villes hôtes, autour de 50 000 euros chacune.
Pour quelles retombées ? Difficile à évaluer. Agen avait vu débarquer des milliers de curieux sans que ces derniers ne délièrent trop bourse auprès des commerces locaux. À Villeneuve-sur-Lot, l’investissement s’élevait à près de 250 000 euros (ticket d’entrée, animations…), largement compensé par les renforts pécuniaires des partenaires et mécènes. Le maire actuel et député à l’époque, Guillaume Lepers, se montrait conquis : « En termes d’image, c’est gigantesque. Tout est passé à la télé. Pour la connaissance de la ville, son attractivité, son tourisme, c’est un très gros coup ». Et ce, même si un orage avait quelque peu écourté les festivités de la bastide prévues en soirée.
Un tandem ageno-villeneuvois sur lequel auraient bien aimé grimper les Marmandais et son maire. Joël Hocquelet, amateur bien connu de la petite reine, et pas seulement parce qu’il est médecin dans le civil, poussait à cette époque pour une triplette incluant la Cité de la tomate. « Je pensais que le Tour resterait deux jours dans le département, avec une arrivée à Agen et un contre-la-montre entre Villeneuve et Marmande. »
Il a fait chou blanc. Et, depuis cette année 2024, il ne candidate plus. Rompant la tradition stakhanoviste de son prédécesseur, Daniel Benquet qui, chaque année, levait le doigt. En vain. « J’ai renoncé, confirme l’édile. Financièrement, l’impact était trop important. » Surtout que le maire attend, avec une inquiétude à peine masquée, le couperet de la loi de finances et de ses ponctions dans les deniers des collectivités.