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En France, les coureurs à pied de plus de 65 ans ne représentent que 2 % des 8 millions de coureurs réguliers toutes catégories confondues. À "80 ans et demi", comme elle aime le préciser avec une pointe de coquetterie, Gilette Martin s’inscrit dans cette statistique peu ordinaire. Silhouette gracile et énergie inoxydable, la tonique octogénaire arpente chemins et pistes depuis des dizaines d’années. Pourtant, rien ne la prédestinait à devenir une adepte de la course à pied. À ses débuts, elle lui préférait même la marche. "Avant les cours de gymnastique, nous devions courir ou marcher pour nous échauffer. J’ai essayé la course à pied, mais j’ai rapidement préféré la marche", raconte-t-elle avec amusement. C’était sans compter une volonté à toute épreuve. Kilomètre après kilomètre, année après année, Gilette Martin n’a ensuite plus cessé de fouler le bitume. Avec une humilité désarmante, elle ne mesure pas toujours le caractère exceptionnel de son parcours. "Aujourd’hui encore, j’aligne 13 kilomètres de course à pied trois fois par semaine. À cela, j’ajoute de la gymnastique, des séances de Pilates et de yoga", explique-t-elle. Un programme digne d’une sportive de haut niveau, qu’elle aborde toutefois avec lucidité. "Je constate que j’ai aujourd’hui moins de souffle pour gravir certaines côtes. L’âge est bien là, avec les modifications physiologiques qui l’accompagnent". Loin de considérer ces changements comme un frein, Gilette Martin continue de voir dans la course à pied une source évidente d’énergie. Une pratique qu’elle recommande volontiers, à condition de respecter ses capacités et de progresser avec précaution. "La course à pied peut se commencer à n’importe quel âge. J’admire les filles d’aujourd’hui qui pratiquent jusqu’à l’ultra-trail, avec une famille et un travail en bandoulière. Quel courage !" s’enthousiasme-t-elle. Puis, fidèle à ses habitudes, elle repart courir. Ses foulées légères semblent alors adresser un joyeux pied de nez au temps qui passe. À 80 ans et demi, Gilette Martin n’a manifestement pas fini de prendre de l’avance sur les années.