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À Londres, l’attaquant anglais reçoit la récompense suprême au terme d’une saison qui change définitivement le regard sur sa carrière.
Harry Kane a longtemps quitté les grandes soirées avec les honneurs et les regrets. Des buts à collectionner, des records à battre, mais cette impression tenace qu’il manquait toujours quelque chose au moment de refermer la saison. Ce lundi, à Londres, l’Anglais de 33 ans tient enfin son Ballon d’Or. Une consécration individuelle qui récompense une année exceptionnelle et donne une autre dimension à une carrière trop souvent racontée à travers ce qu’elle n’avait pas remporté.
Son dossier avait de quoi convaincre. 73 buts en 65 rencontres avec le Bayern et l’Angleterre sur la saison 2025-2026 : une production vertigineuse, entretenue d’une compétition à l’autre. À Munich, ses 61 réalisations ont accompagné le doublé Championnat-Coupe d’Allemagne et un parcours jusqu’en demi-finales de la Ligue des champions. Le départ de Tottenham avait été un choix exigeant, avec l’obligation de gagner immédiatement. Kane a fini par donner à ses statistiques le prolongement collectif qui leur avait si longtemps manqué.
Le Mondial a encore enrichi cette candidature, avec une troisième place obtenue par l’Angleterre. Son apport dépasse pourtant la finition. Kane sait décrocher, orienter une attaque et servir ceux qui courent devant lui, sans déserter la surface lorsque l’action l’exige. Cette générosité dans le jeu compte dans le portrait du lauréat. Son attitude de capitaine, sa constance et sa sobriété donnent également du poids au volet du fair-play : chez lui, l’ambition personnelle s’accommode volontiers du travail pour les autres.
Depuis Michael Owen, récompensé en 2001, aucun Anglais n’avait soulevé le trophée. Kane devient le cinquième, après Stanley Matthews en 1956, Bobby Charlton en 1966, Kevin Keegan en 1978 et 1979, puis l’ancien attaquant de Liverpool. Il offre ainsi à son pays un sixième Ballon d’Or. Le recevoir à Londres ajoute une résonance particulière à ce retour, soixante-dix ans après le premier sacre de Matthews.
La distinction arrive à un âge où certains attaquants commencent à négocier leur déclin. Kane, lui, vient de signer la saison qui impose enfin son nom au sommet du palmarès individuel. Ses années d’attente donnent du relief à ce moment, mais elles n’en constituent pas la justification. Il a gagné cette récompense avec les buts et les titres de cette année. Pour une fois, au terme de la soirée, il ne lui manque rien.