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Alors que les courses au Qatar et à Abou Dhabi restent incertaines, Aston Martin s'inquiète pour son personnel et accuse certains médias d'alimenter inutilement les craintes.
La Formule 1 pourrait être contrainte de revoir une nouvelle fois son calendrier en raison des tensions persistantes au Moyen-Orient. À quelques semaines des deux dernières manches de la saison 2026, prévues au Qatar et à Abou Dhabi, aucune décision définitive n'a encore été annoncée concernant leur maintien. Une incertitude qui commence à peser sur les équipes et leurs employés.
Déjà confronté au déplacement du Grand Prix de Bahreïn en Malaisie et à l'annulation de celui d'Arabie saoudite, le championnat envisage désormais une solution de remplacement à Imola. Interrogé avant le Grand Prix de São Paulo, Mike Krack, responsable de l'ingénierie en piste chez Aston Martin, a reconnu les inquiétudes suscitées par cette situation, tout en dénonçant le traitement médiatique parfois alarmiste du conflit.
Sur le plan logistique, Mike Krack estime que l'éventuelle modification du calendrier ne constituerait pas un obstacle insurmontable. Les équipes peuvent anticiper les quantités de matériel nécessaires et adapter leurs déplacements en fonction des décisions prises par la Formule 1.
La principale difficulté concerne davantage les personnes amenées à travailler sur place, dans une région où la guerre entre les États-Unis et l'Iran entretient un climat d'instabilité.
"Je dirais que la logistique et les pièces ne constituent pas vraiment un gros problème. Il suffit de planifier les quantités nécessaires. Ensuite, la question est de savoir comment acheminer le personnel sur place", a expliqué Krack aux médias, dont RacingNews365.
Le dirigeant luxembourgeois reconnaît que les informations circulant sur le conflit provoquent des interrogations légitimes au sein de son écurie. Les employés suivent l'actualité, tout comme leurs proches, et souhaitent naturellement obtenir des garanties concernant leur sécurité.
"La question du personnel est pertinente, car tout le monde lit les informations et consulte Internet. Certaines nouvelles sont exactes, d'autres sont moins sérieuses. Malheureusement, aujourd'hui, ce sont les informations choquantes ou menaçantes qui génèrent le plus de clics."
Krack admet toutefois qu'Aston Martin n'est pas toujours en mesure d'apporter des réponses rassurantes. L'évolution rapide de la situation géopolitique empêche notamment l'équipe de garantir avec certitude les conditions dans lesquelles pourraient se dérouler les prochaines courses.
"Des questions se posent au sein de l'équipe, notamment parce que les familles s'inquiètent. C'est un sujet difficile et plus nous pouvons rassurer les gens, mieux c'est. Mais nous ne pouvons pas toujours le faire."
"Nous ne pouvons pas garantir une sécurité absolue, tout simplement parce que nous ne savons pas toujours nous-mêmes ce qui va se passer."
Malgré ces inquiétudes, Aston Martin affiche sa confiance envers les responsables de la Formule 1 et de la FIA. Mike Krack estime que les deux instances disposent d'informations plus précises que les écuries pour évaluer les risques liés à l'organisation des Grands Prix au Moyen-Orient.
Après avoir longuement discuté de la situation avec Andy Stevenson, responsable sportif d'Aston Martin, il se dit convaincu qu'aucune décision ne sera prise au détriment de la sécurité.
"Nous sommes réellement convaincus que la Formule 1 ne prendra aucun risque inutile. Ses responsables connaissent la situation et disposent d'informations bien meilleures que les nôtres. S'il existe un risque sérieux, je pense qu'ils prendront la bonne décision."
Le dirigeant appelle donc à laisser suffisamment de temps aux organisateurs pour évaluer les différentes possibilités, alors qu'Imola apparaît comme la principale solution de repli si les manches du Qatar et d'Abou Dhabi ne peuvent être maintenues.
"Je pense qu'ils évaluent encore la situation et qu'ils se sont certainement fixé des échéances qui n'ont pas encore été atteintes. Nous devons leur laisser le temps nécessaire. Je serais vraiment surpris qu'ils prennent des risques."
Les préoccupations se sont notamment renforcées après la publication par l'Iran d'une liste de cibles potentielles en cas de nouvelles frappes américaines. Plusieurs hôtels utilisés par les acteurs du sport automobile au Qatar figureraient parmi les établissements concernés.
Pour Krack, la diffusion de telles informations contribue à accroître l'anxiété du personnel, sans nécessairement permettre de mieux comprendre les risques réels.
"Les gens lisent ces informations et leur premier réflexe consiste à vérifier si leur hôtel figure sur la liste. Mais cela n'a pas vraiment de sens, car la situation peut changer à tout moment."
Le responsable d'Aston Martin considère que certains articles entretiennent ainsi un sentiment de peur disproportionné, alors que les instances dirigeantes surveillent déjà attentivement la situation.
"Ce genre d'informations n'aide pas actuellement. Elles génèrent beaucoup de distractions et de peur inutilement. Mais je pense que la Formule 1 est consciente de tout cela et qu'elle prendra les mesures appropriées."
Krack conclut en reconnaissant que l'absence de visibilité constitue probablement l'aspect le plus difficile à gérer pour les équipes.
"Ce sont toujours ces situations dans lesquelles on reste dans l'inconnu qui mettent les gens très mal à l'aise. C'est pareil pour tout le monde, moi compris. Nous ne savons pas ce qui va se passer."
Alors que le MotoGP doit disputer une manche au Qatar ce week-end, la Formule 1 suivra attentivement l'évolution de la situation. La décision concernant ses deux derniers Grands Prix pourrait avoir des conséquences importantes, tant pour l'organisation du championnat que pour la sécurité des centaines de personnes mobilisées sur chaque épreuve.