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La soirée a été mouvementée, vendredi au stade de La Mosson. Sur le terrain, où le Montpellier HSC s’est incliné face au FC Metz (2-3), mais également en dehors de l’enceinte, avant une rencontre avancée d’une journée sur demande de la Préfecture de l’Hérault en raison des manifestations. Là, des incidents ont été rapportés par plusieurs témoins, faisant état d’une foule qui aurait été d’abord bloquée devant les grilles. Elle aurait ensuite été dispersée selon ces sources par des grenades lacrymogènes des forces de l’ordre.
Sollicitée, la sécurité du MHSC n’a pas répondu à nos sollicitations. Vincent, lui, a partagé son sentiment d’avoir vécu "un mauvais rêve". "Je suis écœuré", confiait-il samedi, au lendemain de cette mauvaise soirée dont il a fait le récit sur X, générant la réaction d’autres témoins. Joint, il a raconté ce moment dont il devait profiter avec son fils de 15 ans et un ami accompagné également de son enfant de 10 ans.
"Mais, une fois arrivés devant notre porte Haut-Languedoc, il y avait une queue que je trouvais anormale pour l’heure, à une quinzaine de minutes du coup d’envoi. Il y avait 80 à 100 personnes qui patientaient", affirme-t-il, décrivant une scène identique "pour la porte à côté, Corbières-Minervois". La raison de la fermeture des portes n’a pas été rapportée.
Cette tribune Corbières, habituellement fermée, jouxte le parcage visiteurs, interdit aux fans messins vendredi. Elle avait été ouverte pour replacer les Ultras de la Butte Paillade. Leurs gradins habituels, en Étang de Thau, étaient en effet frappés d’un huis clos partiel, sanction prise par la LFP après des fumigènes allumés en parcage à Rodez mi-octobre.
De sa soirée de vendredi, Vincent conserve une "impression d’un personnel pour les fouilles ou la sécurité sous-évalué", mais surtout une impatience qui a fini par déborder devant la porte Corbières. "Et tout d’un coup, il y a eu un mouvement de foule, le passage a été forcé et 50 à 80 personnes sont passées." Mais plutôt que la grille visée, c’est celle de Haut-Languedoc qui aurait été refermée, rapporte notre témoin.
La porte aurait été, elle aussi, ouverte de force ensuite. "Et certains se sont faufilés pour entrer. Trente secondes après, on voit une espèce de feu d’artifice qui provenait de l’endroit des fouilles. Ça a gueulé, ça a crié. C’était une (grenade) lacrymogène". Au total, il en comptera "4 ou 5 en même temps", tirées dans une zone "avec des enfants, des femmes, des vieux. On s’est tous fait gazer. Mais les fauteurs de troubles, eux, sont rentrés", regrette-t-il.
Repartis avec d’autres, Vincent et ses proches tentent leur chance en tribune Gévaudan mais essuient un refus. "Un père de famille raconte le gazage à un agent qui lui répond "il ne faut pas venir au stade avec ses enfants". Je me suis pincé. C’était un mauvais rêve", souffle-t-il, sans dissimuler sa colère lorsqu’il se remémore des "scènes apocalyptiques".
"Je suis écœuré parce que j’en ai fait des stades en France. De toutes les tailles. Et je n’avais jamais vu ça", assure-t-il, pointant ce qu’il considère comme "dangereux" de la part des forces de l’ordre ou de sécurité. "Je ne suis pas prêt de revenir", conclut-il finalement, triste épilogue d’une soirée de match qui ne devrait jamais terminer de cette manière.
Cédric, autre supporter du MHSC qui a bien cru ne jamais réussir à rentrer dans La Mosson, ne décolère pas non plus. Il pointe "le résultat d’une incompétence" des autorités ou de la LFP après une soirée qui "avait tout pour être une fête". Selon lui, "200 supporters se sont retrouvés sans place, des abonnés sans leurs abonnements", résultat de la fermeture partielle de la tribune Étang de Thau. "Les seuls qui ont tout fait pour désamorcer la crise, et cherché des solutions, sont les responsables de la Butte Paillade", estime ce fan, "rentré grâce à leur compréhension et bonne volonté". Cédric s’agace de la tendance à "interdire sans chercher de solution". Mais "les vrais responsables, eux, étaient absents" vendredi, regrette-t-il.