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l'essentiel Multi-médaillée avec l’équipe de France, Pascale Dumarcet, 63 ans, licenciée à Cahors et domiciliée en banlieue toulousaine, vit sans modération sa passion du parachutisme depuis son premier saut il y a plus de quarante-cinq ans. Et la suite reste à écrire...
C’est en assistant aux sauts de collègues de son père, un militaire, que sa curiosité s’est éveillée. Elle se concrétisera l’année de ses 17 ans, à l’aérodrome de Vannes où sa famille vient de s’installer. "La grande aventure est née ce jour-là " en sourit-elle aujourd’hui. Tout va très vite ensuite: un an et demi plus tard Pascale Dumarcet est sacrée championne de France Junior dans trois disciplines différentes (précision d’atterrissage, voltige et combiné).
Piquée, elle "vend sa moto, enchaîne les cours de maths et les baby sitting " pour financer sa passion. Couvée par les instances fédérales qui ont très vite cerné le phénomène Pascale enchaîne les performances jusqu’au jour où les portes de l’équipe de France s’ouvrent devant elle. Nous sommes en 1990 et elle va devoir faire un choix cornélien. Pourtant fraîchement sélectionnée pour les championnats du monde en précision d’atterrissage, elle "refuse la mort dans l’âme" cette convocation pour privilégier sa carrière professionnelle et cette formation de pilote de ligne que lui propose alors Air France.
"Un choix entre la raison et la passion" sans savoir que quelques mois plus tard la guerre du Golfe allait finalement mettre un terme à sa formation.
"J’ai continué de sauter pour le plaisir, j’ai découvert d’autres disciplines comme le vol relatif (elle deviendra également juge, NDLR) mais en ayant le sentiment d’avoir tiré un trait sur le très haut-niveau ", se souvient cette brillante ingénieur qui découvre la région toulousaine en 2000, d’abord au sein de Liebherr-Aérospace puis ensuite chez Airbus à partir de 2006. Sûrement en manque d’exploit elle deviendra quatre ans plus tard la première femme à sauter d’un A400M lors d’un vol d’essai en compagnie notamment de Tom Enders, le Président d’Airbus, et d’une équipe de parachutistes confirmés.
En quête de leader, et toujours impressionné par ses performances, le staff de l’équipe de France vient finalement la relancer en 2013 alors qu’elle s’entraîne désormais à Cahors. "J’ai fait ma crise de la cinquantaine", sourit celle qui se "donne à 300 %" pour conjuguer ses obligations professionnelles et ses entraînements (une semaine par mois entre février et septembre ponctuée de 8 à 10 sauts par jour).
Le parachutisme est une discipline sportive qui regroupe diverses formes, notamment la précision d’atterrissage et la voltige que pratiquent Pascale Dumarcet. Pour la première, qui se dispute en équipe, la technique de pilotage de la voile est prépondérante: lâché d’un avion à 1000 mètres d’altitude l’objectif est de poser le pied sur « le carreau », une cible de 2cm de diamètre placée au centre d’un disque électronique de 32 cm de diamètre. Plus vous êtes près du centre meilleure est la note. En voltige vous êtes lâché à 2200 mètres et vous devez prendre le maximum de vitesse (350 km/h pour certains !) pour ensuite réaliser le plus rapidement possible un enchaînement de six figures.
Entretien physique (le parachute pèse 13 kilos), préparation mentale: son investissement sans faille se voit récompensé par un titre de championne du monde en précision d’atterrissage décroché en 2022 en République Tchèque, son "graal". "Monter sur le podium, entendre La Marseillaise: mon plus gros shoot d’adrénaline c’est la compétition", insiste notre fringante sexagénaire, trois fois maman et six fois grand-mère. Si elle pourrait être la mère de la plupart de ses coéquipières, après plus de 6700 sauts elle estime avoir encore "des choses à partager pour les canaliser ou les rassurer quand il le faut".
Double médaillée de bronze lors des derniers championnats de France elle a déjà prévenu qu’elle "ferait tout pour être dans l’équipe" lors du prochain championnat d’Europe en septembre 2027. Un lieu "hautement symbolique qui lui tient particulièrement à cœur" et auquel cette touche-à-tout a grandement contribué puisqu’elle est également membre de diverses instances internationales. Vous avez deviné ? Oui, à Vannes, là où tout a commencé...
22 février 1963 : Naissance de Pascale Dumarcet à Paris
1980 : premier saut en parachute
1990 : renonce à l’équipe de France pour privilégier sa carrière professionnelle
2000 : quitte Paris pour s’installer à Toulouse
2013 : fait son retour en équipe de France
21 juillet 2022 : sacrée championne du monde de précision d’atterrissage avec l’équipe de France en République Tchèque
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