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Mazères. Boris Durand, 180 km de folie et le cœur tourné vers le partage
À 43 ans, ce Mazérien a bouclé la Diagonale des Fous à La Réunion, entre dépassement de soi et solidarité. DDM

Lors de son premier trail, il avait terminé parmi les cinq derniers. Aujourd’hui, Boris Durand vient de boucler l’une des courses les plus redoutables au monde. À 43 ans, ce Mazérien a franchi la ligne d’arrivée de la Diagonale des Fous, à La Réunion, en octobre dernier.

Une revanche pour ce sportif dont l’engagement va bien au-delà de la performance.

180 km, 10 200 mètres de dénivelé positif, 35 h 45 min 14 s d’effort : les chiffres donnent le vertige. Boris termine 114e au classement général parmi les 2 126 arrivants, et 23e de sa catégorie. "Je ne cherchais pas un temps", explique-t-il. L’essentiel était de vivre cette aventure jusqu’au bout.

Ancien footballeur sous les couleurs de Mazères, il s’est tourné vers le trail en 2013. Les défis se sont suivis ensuite, mais la Diagonale restait un rêve qu’il nourrissait depuis trois ans. Pour le réaliser, il s’est entraîné pendant près d’un an, partant parfois en montagne dès 3 heures du matin avant de rejoindre son travail. Programmeur chez Aubert & Duval depuis 22 ans, il a dû concilier travail, douleurs au genou et vie de famille. Sa compagne Laetitia et leur fils Sohan ont eux aussi vécu les sacrifices de cette préparation.

Sur les sentiers réunionnais, l’épreuve s’est révélée plus rude qu’il ne l’imaginait. La boue, les pierres, les racines, les descentes glissantes, les montées interminables et la chaleur étouffante ont mis son corps à rude épreuve. Au fil des kilomètres, la fatigue s’accumulait. Au cœur de la nuit, épuisé, Boris a même cru voir des rats partout ! Pourtant, jamais il n’a envisagé de renoncer. Son mot d’ordre : "Ne rien lâcher." Et cette expression créole : "Ti pa ti pa narivé !" Pas après pas, il avançait vers l’arrivée.

À l’arrivée, drapeau ariégeois déployé, l’émotion était immense. Ses pensées allaient à son père, à ses cousins et cousines mobilisés aux ravitaillements, à tous ceux qui le suivaient depuis Mazères et, surtout, à sa maman, disparue en 2017. Elle était sa première supportrice. Depuis sa disparition, la course est devenue son "antidépresseur naturel". Cette Diagonale, il l’a aussi courue pour elle.

Mais Boris n’est pas seulement un coureur qui se dépasse. À Mazères, on le voit chaque année tirer une joëlette, ce fauteuil adapté qui permet à des personnes en situation de handicap de partager l’émotion d’une course. Et il songe déjà à un nouveau défi pour faire évoluer le regard porté sur les enfants autistes ou présentant un TDAH. Car pour ce Mazérien, la plus belle des victoires reste peut-être celle qui se partage.

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