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Deux femmes, deux parcours uniques mais une même expérience des rapports de pouvoir et de domination dans le sport : réunies lors de la Fête de l’Humanité, Gabriella Papadakis et Vanessa Le Moigne ont longuement échangé à propos du sexisme du milieu.
La première, championne olympique de danse sur glace en 2022, a quitté les patins deux ans après son sacre, à seulement 29 ans, épuisée par la misogynie de sa discipline qu’elle dénonce dans un livre sorti en janvier dernier, Pour ne pas disparaître aux éditions Robert Laffont. Gabriella Papadakis y raconte aussi les violences sexuelles qu’elle a subies, dont un viol commis par un ancien entraîneur.
De son côté, Vanessa Le Moigne, journaliste sportive à la télévision depuis près de vingt ans, analyse la façon dont les propos de la patineuse ont été reçus et raconte plus globalement la violence qui vise les femmes qui s’expriment dans un univers toujours largement masculin.
Elle-même, suite à une interview réalisée en finale de la Coupe d’Afrique des nations en janvier dernier, a été victime d’une vague massive de cyberharcèlement, jusqu’à la dégoûter du ballon rond. Ensemble, elles reviennent sur les mécanismes sexistes qui ont marqué leurs trajectoires et sur la responsabilité des institutions, des médias face aux violences.
Gabriella Papadakis, pourquoi avoir choisi de raconter votre histoire à ce moment-là de votre vie, juste après la fin de votre carrière ?
Gabriella Papadakis : J’ai écrit ce livre parce que j’avais pris conscience de problèmes systémiques dans le monde du patinage. Je me suis dit que je n’avais pas le choix : c’était une responsabilité de mettre des mots sur mon histoire, parce que je savais qu’elle n’était pas seulement la mienne, mais celle de nombreuses femmes dans ce milieu. J’avais envie de donner une voix à ces problèmes, pour que les choses avancent et que les autres...