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Contraintes à l'abandon dès le cinquième tour au Mexique, les deux Aston Martin ont été victimes d'un problème sous-estimé par Honda, qui promet de réagir.
Le Grand Prix du Mexique a tourné au cauchemar pour Aston Martin. Fernando Alonso et Lance Stroll ont tous deux été contraints à l'abandon dès le cinquième tour, victimes d'un problème affectant leur unité de puissance Honda. Un double abandon particulièrement frustrant pour l'écurie britannique, qui continue de subir les difficultés de son partenariat avec le motoriste japonais.
Honda a rapidement reconnu sa responsabilité dans cet échec. Shintaro Orihara, ingénieur en chef et responsable des opérations en piste du constructeur, a admis que ses équipes avaient sous-estimé les contraintes imposées par l'altitude du circuit de Mexico, notamment en matière de refroidissement du système de récupération d'énergie.
Situé à près de 2 250 mètres au-dessus du niveau de la mer, l'Autódromo Hermanos Rodríguez représente un défi technique particulièrement exigeant pour les motoristes. La faible densité de l'air réduit l'efficacité des systèmes de refroidissement et oblige les turbocompresseurs à fournir davantage d'efforts pour alimenter correctement le moteur en oxygène.
Honda avait anticipé certaines difficultés liées à ces conditions particulières, mais les problèmes rencontrés par Aston Martin se sont révélés bien plus importants que prévu.
"Nous savions qu'avec les conditions particulières liées à l'altitude de Mexico, nous allions rencontrer des difficultés supplémentaires en matière de refroidissement par rapport aux autres circuits", a expliqué Shintaro Orihara.
"Cependant, nous avons constaté que le circuit de refroidissement de notre système ERS était soumis à des contraintes plus importantes que prévu. C'est la raison pour laquelle nous avons dû immobiliser les voitures lors de différentes séances."
Fernando Alonso avait déjà été pénalisé par un problème d'unité de puissance pendant les qualifications, ce qui l'avait contraint à s'élancer depuis la 17e position. La situation ne s'est pas améliorée en course, puisque l'Espagnol et son coéquipier Lance Stroll ont été victimes du même dysfonctionnement.
Les deux pilotes ont ainsi abandonné après seulement cinq tours, privant Aston Martin de toute possibilité de marquer des points.
Cette défaillance s'ajoute à une longue série de difficultés rencontrées depuis le début de la collaboration entre Aston Martin et Honda en 2026. Dès les essais hivernaux, d'importantes vibrations avaient endommagé les batteries et limité le roulage de l'équipe.
Le manque de puissance du moteur japonais dans les lignes droites a également constitué un handicap récurrent face aux autres motoristes du plateau.
Le plus préoccupant pour Honda reste le caractère imprévisible du problème rencontré au Mexique. Malgré plusieurs relais effectués pendant les essais libres, les défaillances sont réapparues lors des séances décisives du week-end.
"Nous avions pourtant réussi à enchaîner plusieurs tours pendant les essais libres, mais le problème s'est manifesté pendant les qualifications et la course", a reconnu Orihara.
Le constructeur japonais entend désormais exploiter les données recueillies pour éviter que cette situation ne se reproduise. Au-delà des dernières courses de la saison, les ingénieurs travaillent déjà sur une évolution importante de leur unité de puissance en vue de 2027.
Honda préparerait notamment une refonte en deux étapes de son moteur avant les premières manches du prochain championnat. Les difficultés de refroidissement, mais également le temps de réponse du turbocompresseur, figurent parmi les domaines nécessitant des améliorations.
"À chaque course cette année, nous devons apprendre des choses pour 2027, même lorsque les enseignements sont difficiles à accepter. Nous avons recueilli beaucoup de données que nous pourrons exploiter lorsque nous reviendrons sur ce circuit l'année prochaine, notamment concernant le temps de réponse du turbo. Nous allons travailler sur des solutions."
Pour Aston Martin, cette nouvelle déconvenue confirme que les problèmes de fiabilité et de performance de son moteur restent loin d'être résolus. L'écurie de Silverstone espérait franchir un cap important avec l'arrivée de Honda, mais cette première saison de collaboration s'est révélée particulièrement compliquée.
Le constructeur japonais devra désormais transformer les enseignements de 2026 en progrès concrets. Après le double abandon du Mexique, l'objectif est clair : disposer d'une unité de puissance plus fiable et plus compétitive dès le début de la saison 2027.