Retour
« Je peux pousser Charal plus loin dans la mer au près face à la mer et au reaching, explique-t-il. Cela donne un peu plus d’aisance, moins de contraintes pour aller vite. Le bateau rebondit moins au près, au portant (NDRL : vent arrière), c’est un peu l’inverse, il est un peu plus sous l’eau puisqu’il rebondit moins aussi. «
« Au portant, on ne se sent pas handicapé, pour l’instant, le gain au reaching et au près est conséquent »
Avec tout ça, Beyou figure parmi les grands favoris, dans sa classe, de la Route du Rhum en solitaire, qui part de Saint-Malo le 1er novembre, à égalité avec Sam Goodchild (Macif Santé Prévoyance), l’ogre qui a avalé toutes les autres courses.
« En performance au portant, on ne se sent pas tant handicapé, pour l’instant, disait-il au début de l’automne, mais le gain au reaching et au près est quand même conséquent. »
L’évolution est d’autant plus rentable que son Charal a toujours visé le vol de façon plus radicale que les autres avec ses safrans en V, imités depuis par tous. Il pourrait garder sur le Rhum une petite avance sur les bateaux de nouvelle génération, qui arrivent sans beaucoup de temps de mise au point. C’est très probable pour le « Groupe Dubreuil » de Sébastien Simon, mis à l’eau le 13 août, à voir pour le Malizia 4 de Boris Herrmann, lancé le 6 juillet et qui a déjà traversé l’Atlantique en septembre de New York à Lorient, en équipage.
« Nous avons fait deux sessions d’entraînement auparavant avec Malizia. On a vu que c’est un bon bateau, bien né, qui a du potentiel. Nous étions encore largement compétitif sur ces deux sorties-là. Depuis, chacun aura progressé et, forcément, en tant que bateau neuf, leur marge de progression est quand même bien plus importante que la nôtre. »
Changer une carène impose quand même des adaptations en série : « les réglages au portant, du réapprentissage à certaines allures car l’équilibre de ces bateaux est très sensible, ce qui modifie le réglage de tes foils, de la bascule de la quille, des safrans. Chaque réglage impact les autres. »
Bilan : « Je pense qu’on sera compétitif comme je l’ai été sur la Café L’Or. Je connais bien mon bateau, les modifs sont cohérentes, on a poussé les curseurs aussi loin qu’on le pouvait. Maintenant, c’est aux bateaux neufs de montrer à quel point ils ont pu pousser les leurs dans le temps qui leur était imparti. La balle est plutôt dans leur camp que dans le nôtre. »