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Bien que promus en Régionale 1 pour Nissan-Colombiers, en Régionale 2 pour Poussan, les clubs se sont retrouvés à quinze aux entraînements d’intersaisons. Forcés de disparaître ou de déclarer forfait, les survivants de deux entités ont rejoint respectivement Vendres-Lespignan et Sète, tous deux en Fédérale 3. Chaque staff s’est attelé à encadrer cette "promotion surprise" pour ces actifs laissés sur le bord de la route.
Déjà, par devoir de mémoire. "C’est une suite logique car, il y a quelques années, Poussan a accueilli Sète, en difficulté avec ces jeunes, pour un rassemblement des U6 aux U19, raconte Cyril Bonnafous, manager sétois. On s’aperçoit tous qu’il y a de moins en moins de joueurs à quinze. Ils nous ont rendu ce service, c’était à notre tour".
Le coach vendrois Anthony Cortes a été particulièrement touché par le sort des Nissanais : "Quand j’arrive à Vendres il y a trois ans, j’aidais aussi Lieuran qui n’arrivait plus à s’entraîner. On fait finale de championnat de France et ils sont aujourd’hui en sommeil. Ça me fait mal au cœur. Le cas Nissan montre la difficulté actuelle : avec une montée, des joueurs sont appelés ailleurs car il y a aussi des propositions financières en Régionale ; et pour une saison à ce niveau, il faut deux équipes donc 60 joueurs".
Vendres l’a connu : "On n’a pas oublié qu’il y a peu, on faisait doubler huit joueurs (alignés en réserve et première, ndlr) pour éviter le forfait. Si Nissan, en nom propre, était resté en R1, ils auraient affronté Millas, Sigean, Saint-Affrique descendus de Fédérale 3 ; donc déjà une difficulté dans ce rugby qui ne cesse d’augmenter son niveau".
La réflexion principale des encadrements a porté sur cette passation d’échelons. "À Sète, on a carrément fusionné avec un staff poussanais qui connaissait ces joueurs pour les comprendre, détaille Bonnafous. Et un effectif agrandi demande plus d’ateliers et d’accompagnateurs". Il en ressort la résilience de ces nouveaux venus : "La préparation était faite, la saison commencée, les lancements appris. Ils ont pris le train en marche en vraies recrues, poursuit le Sétois. Alors qu’un système ne se comprend pas automatiquement : je suis à Sète depuis un an et c’est le temps qu’il m’a fallu pour le communiquer".
"On savait que certains, comme Grégory Sauvant que j’avais coaché, avaient le niveau ; il a joué en une au bout de deux matches, décrit Cortes. La surprise sont ces jeunes Nissanais, demandeurs, contents d’être là ; je ne serais pas surpris que quatre fassent une feuille en Une sur la saison". Le transfert d’identité a pris : "On n’a pas scindé le groupe entre Nissanais et Vendrois, ça a marché pour embarquer ceux qui étaient en demi-teinte"."Il y a de purs Sétois, de purs Poussanais ; moi, je suis neutre, sourit Cyril Bonnafous. C’est la partie compliquée d’un rassemblement mais tous se régalent". S’élevant face à l’adversité "de s’entraîner avec des joueurs confirmés de Fédérale", avance Anthony Cortes avant de poursuivre : "On ne parle pas à Vendres de recrutement mais de cooptation car on ne rémunère pas. Nissan l’a accepté, démontrant une grande force".