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C’est un léger moment de frilosité pour les coureurs, qui veulent savoir à quelle sauce ils vont être mangés, pour les acteurs locaux, qui veulent faire briller les territoires, et pour les amateurs de vélo, qui ont déjà hâte d’observer les exploits. Ce jeudi 22 octobre 2026, Christian Prudhomme, directeur du Tour de France, a dévoilé le parcours de l’édition 2027.
Un tracé qui promet du spectacle à tous les étages avec, pour la troisième fois de l’histoire, un départ du Royaume-Uni, à Édimbourg, en Écosse.
Si Christian Prudhomme a l’habitude de dire : « Les organisateurs proposent un parcours, les coureurs disposent », ici, le parcours proposé est corsé avec pas moins de 53 450 m de dénivelé positif sur trois semaines (3 479 km), qui va emmener les coureurs dans le Massif central, dans le Jura, les Alpes puis les Pyrénées avant de regagner Paris… en passant par Montmartre !
C’est toujours un débat : les étapes de plaine (six répertoriées par l’organisation) promises aux sprinteurs sont rares. Mais ils auront tout de même l’occasion de porter le maillot jaune lors de la première étape, avec une arrivée dédiée aux trains de sprinteurs à Carlisle (Angleterre).
Cela ne durera pas. Les trois étapes suivantes seront pour les puncheurs, et seuls quelques sprinteurs qui passent bien les bosses pourront suivre. Car c’est cela désormais, le Tour : de la bagarre, y compris entre favoris, dès la première semaine, à mesure que la route s’élève.
La réalité moderne du peloton est celle d’une meute joueuse et opportuniste.
L’étape 2 (Keswick – Liverpool), l’étape 3 (Welshpool – Cardiff), l’étape 4 (Cherbourg – Cherbourg) et l’étape 5 (Pontorson – Plumelec) sont toutes promises à de belles bagarres, avant une légère accalmie avec une étape de plaine et un premier contre-la-montre relativement plat, pour les spécialistes.
Puis, place à la vraie baston dans le Morvan, avec une étape prévue pour arriver au Creusot qui donne l’eau à la bouche, grâce au passage au signal d’Uchon. De quoi rappeler le bon souvenir de 2021 et cette échappée cinq étoiles (Wout van Aert, Mathieu van der Poel et Matej Mohorič).
Puis, place aux Alpes, la grosse montagne, avec le classique Grand Colombier puis le clin d’œil aux Mondiaux 2027 avec la montée à Sallanches par la côte de Domancy, là où Bernard Hinault s’était envolé en 1980 pour ravir le maillot arc-en-ciel de champion du monde. L’étape vers Les Saisies viendra couper le souffle des coureurs pour mettre fin au triptyque alpestre avec l’enchaînement du col du Pré et de la montée de Bisanne.
Avant de gagner les Pyrénées, deux étapes plus calmes. Puis, cet Ovni, entre Montpellier et Mende (4 300 m de dénivelé positif), est « l’horizon magique » de la côte de la Croix-Neuve, avec le somptueux passage au cirque de Navacelles et en haut du col de la Lusette. Il faudra se méfier du contre-la-montre de Toulouse et du passage dans la côte de Pech-David et ses rampes à 20 %.
Le gros morceau, cette année, se jouera dans les Pyrénées avec la 18ᵉ étape, reine du Tour 2027, et son enchaînement inédit Tourmalet – col du Portet. Il faudra aussi que le peloton grimpe le col du Soulor et la Hourquette d’Ancizan. Si Tadej Pogacar n’a pas tué le Tour, la plus belle bataille se déroulera ce jour-là.
Restera l’ultime montée, à deux jours de regagner Paris, avec le col de Marie-Blanque avant la descente vers Laruns. Puis passage à Libourne, a priori pour les sprinteurs, sans garantie toutefois puisque les routes sinueuses pourront en piéger plus d’un.
À Paris, on aura droit à une bagarre façon classique, dans la rue Lepic et sur la butte Montmartre. Avec, on l’espère, des victoires aussi belles que lors des deux derniers passages.
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Du côté du Tour de France Femmes avec Zwift, départ aussi du Royaume-Uni, le 30 juillet 2027, pour gagner le Puy-de-Dôme, nouvelle arrivée débloquée dans la nouvelle version du Tour au féminin.
Depuis Leeds, pour gagner Manchester, avec une vraie chance pour les sprinteuses, malgré quelques bosses. Le lendemain, place aux puncheuses entre Manchester et Sheffield, « un petit Liège-Bastogne-Liège », selon Marion Rousse, directrice du Tour.
Un contre-la-montre par équipes (une première) est aussi au programme de la troisième étape, dans Londres.
Entre Le Touquet et Calais, les difficultés du jour (la côte du Cap Blanc-Nez, notamment), cumulées au vent, devraient convaincre les puncheuses d’attaquer. Idem entre Neufchâtel-en-Bray et Magnanville, le lendemain.
Une dernière étape pour sprinteuses entre Orléans et Bourges, avant que l’explication finale entre les favorites ne commence. C’est dans un triptyque allant de Nevers à La Loge des Gardes, puis de La Bourboule à Clermont-Ferrand et, surtout, dans l’explication finale au sommet mythique du Puy-de-Dôme, que se jouera le maillot jaune, dans une ultime journée de grimpette avec pas moins de huit ascensions.
Le géant du Puy-de-Dôme n’apparaît pas pour la première fois sur une édition féminine de la Grande Boucle, puisque Jeannie Longo et Maria Canins se sont livrées deux duels en 1986 et 1988.
Ce sommet si mythique du Tour de France, dont les flancs se rappellent encore du duel Jacques Anquetil – Raymond Poulidor de 1964, a donc le fol espoir de revivre un duel épique. Avec Pauline Ferrand-Prévôt et Demi Vollering en protagonistes ?
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