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ENTRETIEN. Gaëlle Giesen, ingénieure au CNES et recordwoman de plongée, est aussi championne du monde de parachutisme : "Je rêvais de ce moment depuis dix ans"

l'essentiel La Toulousaine Gaëlle Giesen, docteure en astrophysique au CNES et détentrice de plusieurs records de plongée, vient de rajouter un nouvel exploit à son palmarès : elle a décroché l'or en vol relatif à quatre, lors des Championnats du monde de parachutisme. Ils se sont déroulés à Eloy, en Arizona, du 18 au 24 octobre derniers. À son retour des États-Unis et d'un séjour de plongée au Mexique, elle s'est confiée à La Dépêche.

La Dépêche. Comment se sont passés ces Championnats du monde aux États-Unis ?

Gaëlle Giesen. On s'entraîne avec cette équipe depuis l'année dernière. On avait déjà gagné la Coupe du monde aux Pays-Bas en 2025. On a continué ensemble cette saison avec l'objectif d'aller chercher la victoire. On est parties le 13 octobre pour Phoenix, en Arizona, et la compétition a eu lieu à Eloy. C'est un endroit qu'on connaît plutôt bien. J'y allais pour la troisième fois, avec de très bons souvenirs du lieu. C'est assez particulier : des plaines immenses dans le désert. Ça change beaucoup de notre environnement habituel. Une fois arrivées, on a eu quatre à cinq jours d'entraînement pour s'habituer au milieu et à l'avion. Car nous sautions d'un Twin Otter, qui n'est pas très répandu en France.

Gaëlle Giesen, Toulousaine de 37 ans, est née à Lausanne, en Suisse.
Gaëlle Giesen, Toulousaine de 37 ans, est née à Lausanne, en Suisse. Fédération française de parachutisme

En général, les Américains sont très redoutables. Mais cette année, leur équipe était en reconstruction. On s'attendait également à affronter l'équipe chinoise, qui est extrêmement forte, mais elle n'était pas présente. En vol relatif à quatre féminin, c'est toujours difficile d'avoir beaucoup d'équipes et de nations représentées, car il faut trouver quatre participantes. On espère qu'il y aura de plus en plus de femmes dans le sport.

Vous habitez aux quatre coins de la France. Comment vous entraînez-vous ensemble ?

On s'est entraînées à Pamiers et à Lille, en organisant des stages sur cinq à six jours, environ une fois par mois. On a commencé la préparation en avion à partir de mai.

Vous aviez fait une pause dans votre carrière en parachutisme avant ce retour gagnant...

J'avais mis ma carrière entre parenthèses suite aux Championnats du monde 2022. L'année dernière, on m'a proposé de rejoindre une nouvelle équipe, avec des coéquipières que je connaissais très bien et je me suis réengagée. C'est mon tout premier titre de championne du monde. J'avais été remplaçante en 2018 lorsque la France avait gagné en VR4 féminin. Officiellement, le titre figurait sur mon palmarès, mais je n'avais pas sauté. Je rêvais de ce moment depuis dix ans. Car j'ai intégré l'équipe de France Espoir comme remplaçante pour les Championnats du monde 2016.

Vous avez également battu plusieurs records du monde de plongée. D'ailleurs vous avez replongé très récemment...

J'ai optimisé mes vols, en allant à Cancún, au Mexique, avant de rentrer en France. Au sud de la ville, il y a des cénotes : des réseaux labyrinthes souterrains d'eau douce accessibles par des puits naturels, le paradis de la plongée. C'est là-bas que j'avais passé tous mes niveaux de plongée en 2023 et 2024, période où je ne faisais plus de parachutisme.

Préparez-vous un nouveau record ou une expédition particulière en plongée ?

Je n'ai pas de projet clairement défini. Je n'arrive jamais à mener les deux disciplines en même temps de manière très intense. Mais la plongée va sûrement prendre le dessus ces prochains mois. J'ai commencé à plonger un peu plus dans le Lot. Il y a de magnifiques cavités et d'excellentes choses à faire pas très loin de Toulouse.

Du côté du parachutisme, quelles sont vos prochaines échéances ?

Pour l'instant, nous n'en avons pas vraiment parlé dans le groupe. En général, l'entraîneur prend un peu de temps après une telle compétition avant de rappeler les athlètes, histoire de faire le point sur les envies de chacun et la suite des événements. Les Championnats et les Coupes du monde s'alternent tous les deux ans, donc il y aura forcément une grande compétition l'année prochaine.

En parallèle de cette vie sportive intense, vous êtes docteure en astrophysique au CNES. Comment parvenez-vous à tout mener de front ?

Le temps que je peux allouer au parachutisme et à la plongée est compté, donc les proportions évoluent selon les années. Le parachutisme a pris énormément de place jusqu'en 2022 quand je préparais les grandes échéances internationales. En 2023 et 2024, c'est la plongée qui a pris le relais. J'adapte mes priorités au fil des projets. J'ai également validé une licence en biologie, et j'ai débuté le master.

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