Apex Scores Lite Apex Scores Lite flag
back Retour
OL - Rendez-vous manqués, des écarts, mais un groupe à son chevet : Paulo Fonseca et l’OL, récit d’un mariage éphémère qui laisse des regrets

Arrivé fin janvier 2025 pour prendre la succession de Pierre Sage, et seul héritage qui s’avérera “gagnant” de John Textor, Paulo Fonseca aura traversé les tempêtes, redonné de la valeur à un groupe et entretenu l’espoir d’un retour au premier plan. Mais après plusieurs rendez-vous manqués, les coups de sang d’un homme émotif et parfois à fleur de peau, son histoire avec l’OL prend fin bien plus tôt que prévu. Retour sur une parenthèse de 83 matches qui laisse un gros goût d'inachevé. 

Nous sommes le 6 mars 2025, un peu plus d’un mois après la nomination de Paulo Fonseca au poste d’entraîneur de l’OL. Mais qu’il s’en est passé des choses durant ce laps de temps. Ce soir-là, le club lyonnais se déplace à Bucarest, en Roumanie, et va y affronter la modeste formation du Steaua, en huitième de finale aller de Ligue Europa. Les coéquipiers de Corentin Tolisso s’y imposent (3-1) et font un grand pas vers la qualification pour les quarts de finale, qu’ils atteindront en corrigeant l’équipe roumaine au retour (4-0). Mais durant cette première manche, un fait attire l’attention de tous. Paulo Fonseca fond en larmes peu après la demi-heure de jeu et l’ouverture du score de Nicolas Tagliafico.

À fleur de peau, l’entraîneur portugais de 53 ans a commis un geste impardonnable trois jours plus tôt (le 3 mars), lors d’une rencontre de Ligue 1 face au Stade Brestois (victoire 2-1). Front contre front, intimidant physiquement et verbalement avec l’arbitre Benoît Millot peu avant le coup de sifflet final, pour une décision qu’il fait plus que contester, le coach de l’OL écope logiquement d’un carton rouge. Mais la Ligue de football professionnel frappe elle bien plus fort et n’épargne pas celui qui est alors Lyonnais depuis quelques semaines. La sanction, exemplaire, tombe : neuf mois de suspension, une interdiction de vestiaires, de banc de touche, de terrain et de toutes fonctions pendant les rencontres (activités de presse également). Tout cela sera pris en charge par Jorge Maciel, son adjoint.

Un mois après son arrivée, puis son coup de sang envers Benoît Millot, l’OL lui donne les pleins pouvoirs 

Retour à Bucarest : pour leur témoigner leur soutien, les joueurs lyonnais viennent se regrouper et chaudement prendre dans leurs bras Paulo Fonseca, qui ne peut contenir son émotion. Reconnaissant volontiers la gravité de son attitude à l’encontre de Benoît Millot, Paulo Fonseca s’est déjà excusé sans détour à ce moment, bien qu’il ait toujours témoigné son incompréhension face à la sévérité de la peine. Sa sanction s’appliquant uniquement lors des compétitions nationales, il peut retrouver les bancs de touche en Ligue Europa. Mais il restera en tribunes pour suivre son équipe jusqu’en décembre 2025, en Ligue 1, avec des causeries en sorties de bus avant les matches. Des scènes parfois risibles, bien que dures à accepter pour le principal concerné.

Au lendemain de ce fameux 3 mars, se pose une question essentielle en interne et chez les observateurs : comment un entraîneur peut-il permettre à son équipe de réussir sportivement sans être à ses côtés durant neuf mois ? La solution d’un licenciement est évoquée, mais elle ne dure pas. La direction de l’OL est ferme : elle sera au soutien de son entraîneur et fera tout pour l’accompagner dans cette période difficile. Un choix très audacieux, mais qui n’aura finalement que peu d’incidences négatives sur les résultats. Cette décision donne aussi le ton sur la place que prend assez rapidement l’ancien entraîneur de l’AC Milan : il est important, il n’est pas encore la star de l’équipe, au vu des joueurs à sa disposition, mais il est celui qui, étant le dernier héritage de John Textor, a la pression de succéder à un Pierre Sage qui était déjà devenu une légende chez les supporters, et dispose d’un pouvoir fort. 

Manchester United : une première immense désillusion

Nommé le 31 janvier 2025, Paulo Fonseca réalise pourtant quatre premiers mois très mitigés. Neuf victoires pour six défaites en Ligue 1 et une sixième place à la clé. L’OL partait pourtant bien et la Ligue des Champions semblait lui tendre les bras. Mais le cauchemar d’Old Trafford va venir tout balayer d’un revers de main. En lice pour les quarts de finale de C3, justement après leur qualification face à Bucarest, les Lyonnais se déplacent à Manchester pour y affronter les Red Devils, le 17 avril 2025. Ayant obtenu un nul à l’aller (2-2), ils sont encore largement capables de rejoindre le dernier carré face à des Mancuniens au fond du seau en Premier League. Menés 2-0, ils parviennent à égaliser avant la fin du temps réglementaire et emmènent leurs adversaires en prolongations.

Moment choisi par Rayan Cherki et Alexandre Lacazette (sur penalty) pour redonner deux buts d’avance aux leurs. Et puis, alors que tout le banc lyonnais fête le but du break du capitaine lyonnais comme une qualification, tout va s’écrouler quelques minutes plus tard. L’OL encaisse trois buts (Bruno Fernandes, Kobbie Mainoo et Harry Maguire) et concède sa défaite la plus honteuse et la plus douloureuse de son ère récente. Un véritable coup de massue dont ne se relèveront pas les hommes de Paulo Fonseca, battus dans le derby face à l’AS Saint-Etienne trois jours plus tard (2-1). Une semaine cauchemardesque et une fin de saison en eau de boudin, puisqu’elle se terminera avec une petite 6ème place en Championnat, et donc sans titre en coupe d’Europe. Là est le premier gros échec de Fonseca, qui a l’espoir de redresser le barre la saison suivante.

Paulo Fonseca a su affronter avec succès l’épisode rétrogradation en Ligue 2

Puis, le 24 juin 2025, avant même le début de la préparation estivale, le couperet tombe : l’OL est rétrogradé en Ligue 2 par la DNCG. C’est le début d’un feuilleton qui va durer jusqu’au 9 juillet. Pendant deux semaines, les supporters vont vivre dans la peur de voir leur club sombrer, et Paulo Fonseca avec la pression d’un coach qui doit entamer une préparation avec ses joueurs, sans savoir s’il pourra évoluer en Ligue 1, en Ligue Europa ou même rester à l’OL quelques jours plus tard. C’est alors que l’écurie rhodanienne se plonge dans le plus grand des silences, vire John Textor (via Eagle), son propriétaire responsable d’une crise financière sans précédent, qui sera remplacé par Michele Kang, la patronne d’OL Lyonnes, la section féminine. La femme d’affaires américaine, épaulée par Michael Gerlinger, le directeur général, va parvenir à inverser la décision en appel, après des jours de travail, des nuits blanches, et des coups de fil avec de nombreux élus de la région, des politiques pour présenter ce qui sera “une gestion sérieuse à l'avenir” du club. 

Le 9 juillet, l’OL est finalement maintenu, mais le plus dur commence pour le pôle sportif du septuple champion de France. Encadré sur sa masse salariale et ses indemnités de transferts, tout en ayant la nécessité de vendre pour commencer à éponger une dette colossale qui dépasse les 500 millions d’euros, comment l’OL va-t-il parvenir à être compétitif lors de l’exercice qui s’apprête à démarrer avec de telles contraintes ? Matthieu Louis-Jean, le directeur technique, va alors prouver toute sa compétence en dénichant des beaux coups peu onéreux. On pense évidemment à Afonso Moreira, acheté 2 millions d’euros au Sporting CP et revendu 15 fois plus cher au Bayer Leverkusen (environ 30 millions, hors bonus), un an plus tard. Grâce à ces arrivées qui coûtent peu mais qui rapportent gros sur le terrain (Pavel Sulc, Tyler Morton aussi), Paulo Fonseca va parvenir à tirer le meilleur d’un effectif qui est loin d’être le plus qualitatif sur le papier. L’entraîneur lusitanien, qui va lancer des jeunes comme Khalis Merah, Rémi Himbert ou encore Adil Hamdani, va réussir deux prouesses : réaliser une série historique de 13 victoires consécutives, durant l’hiver, mais qui prendra fin en février à Strasbourg (défaite 3-1). Et obtenir une première place en phase de ligue de Ligue Europa. On en était pourtant bien loin quelques mois plus tôt, durant l’été, au sortir de l’audition en appel de l’OL devant la DNCG. 

La Ligue des Champions toujours à portée main, mais qui lui passe toujours sous le nez 

Mais le technicien portugais, qui dispose de moyens très limités et n’est pas aidé par les blessures qui vont s’enchaîner (il est privé de Malick Fofana et Ernest Nuamah pendant la quasi-totalité de la saison), l’effectif lyonnais tirant assez rapidement sur la corde, les mauvais résultats vont arriver au pire moment. 8 matches consécutifs sans victoire après les 13 succès de rang, et une deuxième période décisive ratée par Paulo Fonseca, au printemps. Une élimination face au Celta Vigo en C3 en huitième de finale, puis une autre face au RC Lens en quart de finale de Coupe de France. Mais pas de quoi faire tanguer le navire lyonnais, qui assure, face à la presse, que ces deux échecs vont permettre à l’OL de se focaliser sur la fin du Championnat pour espérer atteindre ce qui est encore jouable, malgré les contraintes du début de saison : le podium et une qualification en Ligue des Champions.

Or, là, Paulo Fonseca va encore se manquer : lors des 33ème et 34ème journée de Ligue 1, où l’OL joue d’abord à Toulouse puis reçoit le RC Lens, il suffit d’un point pour décrocher le précieux sésame. Les coéquipiers de Corentin Tolisso n’en prendront aucun. Défaits 2-1 par le TFC et fessés par les Sang-et-Or de Pierre Sage au Groupama Stadium (4-0), ils se contenteront d’une quatrième place. Au coup de sifflet final de cette saison, les observateurs et les supporters sont mitigés : il faut à la fois reconnaître l’immense travail réalisé par Paulo Fonseca avec un effectif qui n’était pas programmé pour terminer à cette position, mais en même temps avouer une certaine déception alors que la Ligue des Champions tendait les bras aux Lyonnais. Car avec cette quatrième place, c’est tout le programme estival qui est chamboulé. L’OL devra passer par des tours préliminaires et des barrages pour se qualifier.

La C1 encore à portée de main… et Paulo Fonseca se rate, encore et toujours. Après avoir éliminé le Sparta Prague, l’OL affronte le Fenerbahçe SK en barrages. Auteurs d’un solide nul en Turquie lors du match aller, les Lyonnais retrouvent un Groupama Stadium bondé, chauffé à bloc et prêt pour une soirée historique, alors que Lyon n’a plus connu la C1 depuis six ans. Mais là aussi, les joueurs vont passer à côté, surtout de leur première mi-temps. Menés 2-0, ils parviennent à réduire l’écart, pensent même avoir égalisé en seconde, avant annulation d’un but pour hors-jeu, et finissent par prendre la porte et être reversés en Ligue Europa. L’impression que le scénario se répète, et une éternelle amertume dans la bouche. Malgré cette immense déception dès le mois d’août 2026, l’OL va s’en relever assez vite, et parvenir à réaliser un début de Championnat intéressant. Faible contre les forts et fort contre les faibles ? Toujours est-il que le club lyonnais est actuellement troisième de Ligue 1, au 3 novembre.

Paulo Fonseca en pleurs avec ses joueurs, épisode 2...

Mais alors que l’institution retrouvait un peu de stabilité, avait trouvé cet entraîneur capable, malgré les échecs dans les grands moments, d’avoir mis en place une forme de régularité dans les résultats, il décide de couper les ponts. Subitement. Apprécié en interne, aussi bien par ses coéquipiers que par ses dirigeants, Paulo Fonseca avait construit un groupe soudé qui se battait avec lui contre contre vents et marées. Quelques jours après la défaite face au PSG, lundi dernier, le Portugais se présente en conférence de presse, avec le sourire, détendu et visiblement concentré à 100% sur la réception du SCO d’Angers (victoire 2-0), qui sera son dernier match.

Preuve qu’aucun divorce entre le club et lui-même n’est encore dans les petits papiers, aucun journaliste ne le questionne à ce sujet. Mais en 48 heures, tout change. Au Groupama Stadium, dimanche 1er novembre, règne une atmosphère un peu particulière au sein du board lyonnais, presque résigné, tandis que les photographes sont plus nombreux qu’à l'accoutumé autour du coach lyonnais avant le coup d’envoi. L’OL s’impose, et sur le second but de Corentin Tolisso, en fin de partie, tout le monde a compris. Le capitaine lyonnais fonce dans les bras de son coach, en pleurs au milieu de tous ses joueurs. L’aventure allait-elle se terminer comme elle avait commencé, à Bucarest ? On en prenait tout doucement le chemin, car dans la soirée, quelques heures après cette scène, tout était ficelé pour le départ de Paulo Fonseca au Sporting CP, son club d’enfance.

... Et un départ accepté rapidement

Contacté par le président de la formation lisboète pour prendre la succession de Rui Borges, l’ancien coach du LOSC a dit oui tout de suite, sans réfléchir, après 83 matches (47 victoires, 12 nuls, 24 défaites). En fin de contrat en juin prochain, le technicien natif de Nampula (Mozambique portugais) était bel et bien en discussion pour une prolongation de contrat. Mais dans l’impossibilité de continuer à s’aligner sur ses 400 000 euros brut mensuels, l’OL n’a pas pu aller au bout des négociations et a dû se résoudre à un départ de son coach qui allait permettre au club de faire d’énormes économies, principalement sur sa masse salariale.

Paulo Fonseca quitte donc l’OL après un passage très contrasté, des résultats peu clinquants (¼ de finale de Coupe de France, ¼ de finale de Ligue Europa, 4ème place en Ligue 1) et une moyenne d’1,83 points par match, qui en fait le 10ème coach le plus performant dans l’histoire du club. Alors, entre un “entraîneur de merde” et le “meilleur entraîneur de l’histoire récente du club”, l’aventure de Paulo Fonseca à l’OL se termine un peu à son image : un technicien capable du meilleur, avec ses 13 victoires consécutives, comme du pire, comme en témoignent son coup de sang envers l’abitre Benoît Millot et ses ratés dans les gros rendez-vous. Un personnage qui est aussi clivant, car apprécié et placé sur un piédestal en interne, mais trop décrié par les supporters, qui avaient même fini par le siffler au Groupama Stadium lors de son dernier match.

Vous aimerez peut-être

OL - Corentin Tolisso envoie un message clair à Paulo Fonseca !

madeinfoot.ouest-france.fr il y a 1 jour

Succession de Paulo Fonseca à l’OL : parmi les trois noms cités, un se détache

Football 365 il y a 17 heures

OL : la révélation inattendue de Tolisso sur le départ supposé de Fonseca

ONZE MONDIAL il y a 1 jour

OL : "Tu ne peux pas finir la saison?", Fonseca a "dégoûté" un champion du monde 1998

ONZE MONDIAL il y a 1 heure

Fonseca prépare un changement très surprenant pour Tolisso

Football 365 il y a 2 jours

OL : Pierre Sage, Habib Beye... qui pour remplacer Fonseca en cas de départ surprise ?

ONZE MONDIAL il y a 2 jours

OL : le départ de Fonseca, un jackpot à 6 M€ avant la DNCG

sport.fr il y a 1 jour

OL : Manchester, Lens, Vigo... les 5 fois où Fonseca s'est complètement raté

ONZE MONDIAL il y a 1 jour

OL : la statistique terrible qui poursuit Paulo Fonseca…

sport.fr il y a 1 jour

OL : Fonseca parti au Sporting, un ex-adjoint de Guardiola en pole pour le banc lyonnais

sport.fr il y a 1 jour