Apex Scores Lite Apex Scores Lite flag
back Retour
Pourquoi le golf paraît-il si difficile alors que le geste est si simple ?
Renaud Poupard, coach de golf

Renaud Poupard : C'est l'un des grands paradoxes du golf. Un joueur réalise un coup magnifique, avec un contact parfait et une trajectoire idéale. Quelques minutes plus tard, il tente de reproduire ce même coup et n'y parvient plus. Pourtant, une chose est certaine : son corps sait le faire.

Lorsqu'il réussit, le joueur est généralement porté par une intention, sans chercher à contrôler son geste. Mais aussitôt le coup réussi, il veut comprendre ce qu'il a fait, l'analyser mécaniquement et le reproduire consciemment. Et c'est là tout le piège : en cherchant à reproduire le mouvement qui lui a permis de réussir, il risque précisément de l'empêcher de se produire à nouveau.

Renaud Poupard : Oui, nous finissons souvent par confondre apprendre et chercher à « placer le club ». Position des mains, rotation des épaules, plan du swing… Les conseils techniques sont innombrables, et beaucoup finissent par se perdre dans les détails mécaniques, au point d'oublier les fondamentaux du mouvement.

Mon avis est que le perfectionnement technique devrait surtout intervenir lorsqu'un joueur possède déjà un swing confortable et répétitif. Modifier certaines positions peut améliorer ses meilleurs coups, mais aussi augmenter le nombre de mauvais coups et accentuer son irrégularité.

C'est ce paradoxe que j'explique et illustre dans une masterclass vidéo gratuite disponible sur www.silkgolf.net. J'y montre notamment pourquoi un golfeur peut réaliser un swing parfaitement fluide sans balle, puis perdre cette liberté dès qu'il cherche à la frapper.

Renaud Poupard : Il faut d'abord distinguer deux choses : la préparation du coup et le mouvement lui-même. Avant de jouer, quelques réglages sont essentiels. L'orientation du corps influence le chemin du club et donc les effets de la balle, celle de la face détermine principalement sa direction initiale, et l'inclinaison du corps contribue à organiser la rencontre du club avec le sol, clé d'un bon contact de balle.

Ces réglages se font avant le swing, pas pendant. Une fois en mouvement, il s'agit de sentir les mains légères, libres d'accompagner le club à travers l'impact, sans chercher à le contrôler. Le club peut alors jouer naturellement, en coordination avec la rotation du corps.

Et ce principe reste le même dans tous les compartiments du jeu, du putting au driver. Bien sûr, les amplitudes changent, mais on ne devrait pas avoir à réinventer son swing à chaque coup.

C'est pourquoi je conseille de faire beaucoup de swings sans balle. Tout l'enjeu consiste ensuite à conserver cette liberté lorsque la balle apparaît.

Renaud Poupard, coach de golf

Renaud Poupard : Je m'appuie sur quatre fondamentaux du mouvement : le relâchement, la rotation, le rythme et l'équilibre. Ce ne sont pas quatre positions à atteindre, mais quatre sensations à retrouver.

Le relâchement élimine les tensions et permet de ressentir le poids du club. La rotation est le chef d'orchestre du swing et entraîne le reste du corps. Le rythme assure la coordination, tandis que l'équilibre en est l'expression jusque dans le finish.

Mais au-delà de ces fondamentaux, il y a l'intention. Dès la prise de position devant la balle, le corps doit sentir ce qu'il s'apprête à réaliser. Cette intention instinctive donne son sens au mouvement, sans qu'il soit nécessaire d'en contrôler chaque détail.

L'essentiel n'est pas de contrôler tous ces éléments, mais d'apprendre à les ressentir. Un swing naturel n'est pas un swing sans organisation, mais celui que le corps trouve spontanément le plus confortable et le plus facile à reproduire.

Les tensions, la gêne ou le déséquilibre sont souvent les premiers signes d'un mouvement que l'on cherche à imposer à son corps.

Renaud Poupard : Parce que la présence de la balle change leur intention. Sans balle, ils laissent le club se balancer librement. Mais dès qu'elle apparaît, leur attention se fixe sur l'impact. Ils ne cherchent plus à réaliser un mouvement, mais à frapper un objet et à contrôler sa trajectoire. Les mains interviennent, le corps se crispe, et le swing naturel disparaît.

C'est pourtant l'inverse qu'il faudrait rechercher. Le club décrit un arc de cercle autour du corps, et c'est la balle qui doit se trouver sur cet arc, pas le joueur qui doit modifier son mouvement pour aller la chercher. Quant à la trajectoire, elle se prépare essentiellement à travers les réglages de départ dont nous avons parlé.

Toute la clé de mon enseignement consiste à préserver cette même liberté de mouvement, avec ou sans balle. La balle n'est qu'un élément placé sur le chemin du club. Elle ne devrait jamais devenir une raison de changer son swing.

Renaud Poupard : Je voulais parvenir à me placer devant une balle avec la certitude de pouvoir la contacter facilement, sans nécessairement atteindre ma cible à chaque fois, mais sans plus jamais sombrer dans le doute ou les questionnements techniques. C'est devenu la quête de toute ma vie.

Pendant plus de vingt-cinq ans, à travers mes rencontres, mes expérimentations, mes publications et mon enseignement, une question ne m'a jamais quitté : pourquoi, quel que soit notre niveau, pouvons-nous réussir un coup magnifique, avec une facilité déconcertante, sans parvenir à le reproduire régulièrement ?

J'ai étudié les enseignements de grands joueurs et pédagogues comme Bobby Jones, Percy Boomer, George Knudson, Mike Hebron ou Bill Owens, mon premier mentor. Chacun m'a apporté des éléments de réflexion sur le mouvement naturel, les sensations et le rôle du corps.

Le véritable tournant est arrivé autour de mes 48 ans. J'ai commencé à comprendre autrement le poids du club, son inertie et la coordination du corps. J'ai enfin trouvé cette confiance, cette liberté de mouvement et ce plaisir de jouer que je recherchais depuis si longtemps.

C'est de ce cheminement qu'est née SILK GOLF, une méthode fondée sur une conviction : le golfeur n'a pas besoin de contrôler davantage son swing, mais de retrouver les conditions qui permettent à son mouvement naturel de s'exprimer.

Renaud Poupard : La régularité ne vient pas de notre capacité à reproduire consciemment une succession de positions, mais de notre capacité à retrouver les mêmes sensations, pour reproduire le même swing, quelles que soient les trajectoires recherchées. C'est pourquoi j'encourage mes élèves à découvrir le mouvement qui leur est le plus naturel et le plus confortable. C'est aussi celui qu'ils pourront reproduire le plus facilement, année après année.

Sur le parcours, tout doit devenir plus simple. On prépare son coup, on choisit une intention claire, puis on fait confiance au mouvement que l'on a appris à ressentir. Le joueur n'a plus besoin de reconstruire mentalement son swing à chaque balle. Il peut enfin se concentrer sur le jeu plutôt que sur sa technique.

C'est cela toute mon ambition : rendre au golfeur son autonomie. Qu'il ne soit plus prisonnier d'une multitude de pensées, ni dépendant d'une correction permanente. Qu'il retrouve le plaisir de jouer avec son propre swing naturel, comme il l'aurait fait enfant, plutôt que de passer sa vie à en chercher un autre.

Vous aimerez peut-être

PSG : Ibrahim Maza, trois géants européens veulent signer le prodige

sport.fr il y a 2 heures

Bassin d’Arcachon: un projet de parcours de golf sur le pare-feu de Claouey, à Lège-Cap-Ferret

SUD OUEST il y a 2 jours

Stick : Owen Wilson nous présente ses parcours de golf préférés dans le monde

GQ il y a 1 jour