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La séquence vidéo date de mars. Elle dure quelques secondes seulement. Interrogé, sur un ton détendu, en pleine séance de maquillage, sur les parodies qui le visent, Kylian Mbappé s’amuse d’un photomontage qui mixe son visage avec celui d’un homme qu’il présente comme un « dictateur chinois ». On reconnaît, dans l’image diffusée pour illustrer son propos, Mao Zedong.
Mao Zedong, un dictateur ? Une banalité, de notre point de vue
L’interview était passée inaperçue. Mais les réseaux sociaux n’oublient rien. Ces derniers jours, huit mois après, la remarque anodine du buteur du Real Madrid a refait surface, après avoir été repérée par un média chinois. Cette fois, la polémique a pris feu sur Internet. Mao Zedong, un dictateur ? Une banalité, de notre point de vue. Un constat qui fait consensus chez les historiens en Europe, des dizaines de millions de morts étant associées aux vingt-sept ans de règne du leader chinois. Mais dans son pays, il est considéré comme une figure sacrée.
D’où le courroux qui s’est abattu sur le champion de foot, jusqu’ici très populaire en Chine, soudain frappé de bannissement. Trois entreprises qui utilisaient son image pour promouvoir des boissons et des produits laitiers ont annoncé la rupture immédiate de leur contrat. La télévision d’État a décidé de supprimer les publicités le mettant en scène et de suspendre la diffusion des matchs du championnat espagnol.
Face à la foudre, et surtout pour limiter la casse financière, Kylian Mbappé et ses conseillers n’ont pas tergiversé. Dès mardi 27 octobre, le champion s’est dit, dans un communiqué publié en français, anglais et mandarin, « sincèrement désolé », soulignant son « profond respect pour le peuple chinois et son histoire ». Ce mercredi 28, à son tour, le Real Madrid a présenté ses excuses.
Une démonstration de contrition piteuse, mais on peut comprendre qu’un jeune homme de 27 ans veuille éteindre vite une crise qui le dépasse et menaçait de prendre un tour diplomatique. Kylian Mbappé ne s’est pas trompé sur Mao. Sa faute est d’avoir oublié que sa gloire planétaire et la fortune qu’il a choisi de bâtir grâce à la pub ont un prix : sa liberté.
Pékin a pris acte des excuses du joueur. L’incident semble clos, mais nous rappelle combien le nouvel empire chinois se moque de valeurs fondamentales dans nos démocraties occidentales. Au diable la liberté d’expression et la vérité historique. Et si on veut savoir où est, dans le monde de 2026, la puissance, cette affaire y répond de manière à la fois anecdotique et implacable.