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Clément Attiel, ancien rugbyman à Leucate, l’USP ou l’AOCS, s’élancera vendredi à 22 h sur l’Ultra-Trail de Palma de Majorque, un parcours de 138 km et 5 350 m de dénivelé positif. À 38 ans, ce défi sportif soutient l’association "Enzo for life", en hommage à son ami disparu.
Certains actes montrent tout d’une personne. Clément Attiel est un homme avec le cœur sur la main, dont les valeurs humaines marquent plus qu’ailleurs. Il y a trois ans, c’est autour d’un défi que l’ancien joueur de rugby de 38 ans se découvre une réelle passion. Et comme un symbole, c’est le père de Clément qui lui lance "comme défi de faire un marathon". Sauf qu’à ce moment de sa vie, l’Audois est "en surpoids, je faisais 115 kg", donc forcément, le challenge est élevé.
J’y réfléchis depuis un moment et j’ai pensé à cette association.
"J’ai dit à mon père que s’il m’entraînait, je le faisais avec lui. Et nous avons fait le marathon de Rome. Puis, j’ai arrêté le rugby, je me suis mis à fond là-dedans, j’ai pris énormément de plaisir. Du coup, il y a eu Rome, deux fois Séville et je suis passé au trail", détaille Clément Attiel. Depuis ses 18 ans, il est commerçant, il enchaîne alors les entraînements, au rythme de quatre ou cinq fois par semaine, sur la planification complète de son beau-père. La course à pied devient son échappatoire, son plaisir et son monde. Les courses s’enchaînent et les distances augmentent. Des 20 km, 50 et même un 100 km, celui de Millau sur le festival des Templiers en 2025. Mais c’est en Andorre, que Clément a une idée.
"J’y réfléchis depuis un moment. Pendant les courses, j’ai le temps (rires). Depuis plus d’un an, j’ai ce projet de courir pour un enfant atteint d’une maladie et construire un projet autour de cette idée. Sur les 80 km en Andorre (mi-juin), j’ai pensé à cette association". Sur les chemins d’Andorre, Clément Attiel pense à son ancien coéquipier à Leucate, Enzo Balmigère. Ce jeune homme disparaît le 29 décembre 2022, d’un cancer pédiatrique, une maladie très rare dont il a appris l’existence alors qu’il préparait un Iron man en Nouvelle-Zélande. C’est alors que l’association "Enzo for life" arrive dans la tête de Clément, comme une lumière. "Je voulais partir sur de l’Ultra et pour une cause. D’où ce One Life Project pour cette association. Ça me parle encore plus, j’ai rencontré sa maman et son frère, ils ont adhéré au projet et ça a pris beaucoup d’ampleur. C’est une force et une motivation supplémentaire".
Le projet est lancé, plus de 2 000 € récoltés grâce à des dons, Clément Attiel n’a qu’une seule obsession : partir à Palma de Majorque pour s’aligner sur la Serra de Tramuntana, pour 138 km et 5 350 m de dénivelé positif. C’est la première fois depuis ses débuts il y a trois ans que ce commerçant participe à une telle épreuve. "Quand je dis que je fais un truc, je le fais à fond. J’en ai envie, ça me tient à cœur. Le Trail a un esprit collectif immense, tout le monde s’entraide. J’ai retrouvé les valeurs du rugby, la solidarité et l’humanité des gens". Le supplément d’âme est tout trouvé pour lui, mais le faire ne lui suffit pas, il veut en faire un moment marquant.
L’idée du documentaire ajoute encore un symbole à ce projet. D’autant plus que c’est le parrain de la fille de Clément Attiel qui en sera l’auteur avec sa compagne. "Le documentaire est pour montrer qu’un mec qui part d’un surpoids et dont tout le monde rigolait en annonçant qu’il allait faire un marathon, il peut réussir ça. Et que tout le monde peut y arriver. Je veux aussi laisser une trace à mes enfants, que papa en partant de rien, il peut faire de grandes choses", dévoile-t-il. C’est également le couple qui s’occupera de l’assistance de l’Audois en Espagne, une histoire de famille.
Et puis, cet Ultra-Trail à Palma de Majorque, Clément Attiel veut en faire un point de passage vers ses prochains objectifs. La Diagonale des Fous dans deux ans pour ses 40 bougies, et l’Ultra-Trail du Mont-Blanc en suivant. Pour ça, il faut des points. "Le but est de faire ce genre de courses pour s’inscrire ensuite sur l’UTMB. Si j’arrive à finir, j’aurais quatre points en plus, ça m’en ferait neuf, et j’ai envie de faire l’UTMB. Au moins une fois dans ma vie", explique-t-il. Et de poursuivre : "Le gain est déjà fait, les dons et de le faire pour l’association. Maintenant, j’ai juste à faire une belle course, et de ne pas trop souffrir (rires). J’aimerais terminer sous la barrière horaire, peut-être 27-28 heures".
Ce jeudi, Clément Attiel prendra la direction de Palma de Majorque, pour un départ vendredi à 22 heures pour 138 km. Pour cet ancien joueur de rugby de Leucate, de l’USP ou de l’AOCS, cette semaine est spéciale. Mais à l’image de l’homme, le sportif sera lié aux valeurs humaines. Et à Enzo, l’étoile de ce projet.