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Après avoir été remplaçant à quatre reprises, Kalvin Gourgues se dirige tout droit vers sa première titularisation avec le XV de France face aux Fidji à Lyon ce samedi (21h10, sur TF1). Une consécration pour le prodige du Stade Toulousain, dont la très jeune carrière n’a rien d’un long fleuve tranquille. À 19 ans, le gamin formé à Grenade-sur-Garonne a vécu une sacrée galère qui l’a mis sur la touche durant onze mois. Un temps, son avenir était même en suspens. Revenu avec détermination, sa progression s’est poursuivie de façon exponentielle, au point de susciter l’admiration de ses entraîneurs : « Et il y a encore de belles choses à voir avec lui ». Cela promet.
Sans la blessure de Fabien Brau-Boirie, rien ne dit que Kalvin Gourgues aurait été l’option numéro un du staff du XV de France pour porter le maillot floqué du n°13 contre les Fidji. Mais ce choix n’a pas non plus été fait par défaut, tant le Toulousain brille en club, et a offert de très belles promesses lors de ses premières apparitions en équipe de France.
Auteur de treize essais en vingt-quatre matchs l’an passé, le trois-quarts polyvalent est reparti sur des bases très élevées cette saison, jouant régulièrement malgré une concurrence XXL qui s’est accrue durant l’intersaison avec l’arrivée de Tommaso Menoncello. « C’est cool d’avoir recruté un joueur de ce rang-là, de cette classe-là », se réjouissait-il en octobre.
Cette concurrence, que beaucoup redoutent, Kalvin Gourgues la juge « saine » au Stade Toulousain. « C’est bien pour nous, ça nous fera forcément grandir ». Et le double champion de France (2024 et 2026) grandit même de façon spectaculaire, lui pour qui tout aurait pu s’arrêter en 2024 en raison du syndrome de l’artère poplitée piégée.
"J’avais des fourmillements, des crampes, voire des fois une insensibilité totale. Lors de certains entraînements, je ne sentais plus mon pied au bout de 10 minutes. Je serrais les dents, je continuais, mais c’était ultra douloureux."
Aujourd’hui, cette galère est derrière lui. « Je me sens très bien physiquement, tout va très bien. Je pense que tout roule et j’espère que ça continuera comme ça », nous dit-il.
À en croire Clément Poitrenaud, cette progression remarquable de Kalvin Gourgues ne serait finalement qu’une suite logique des choses, tant son talent a été détecté très tôt. « Cela s’est très vite vu : il avait des velléités techniques au-dessus de la moyenne », racontait à Actu Rugby l’un de ses premiers éducateurs.
« On n’a jamais eu trop de doutes sur son potentiel. Et s’il a été freiné dans son élan par cette blessure, qui aurait pu lui coûter presque plus cher qu’une année d’absence, on n’est pas tellement surpris de le voir à ce niveau aujourd’hui », assure de son côté l’ancien international.
L’entraîneur de l’attaque de Toulouse reconnaît être « heureux » d’une telle trajectoire après la galère de Kalvin car « c’est un garçon qui bosse sérieusement et qui est surtout très à l’écoute, il est facile de l’entraîner ».
"C’est quelqu’un qui a envie de progresser, qui va chercher les informations, essaie d’appliquer les choses et pose des questions. C’est hyper agréable."
Avant France-Fidji, Clément Poitrenaud estime que le phénomène Kalvin Gourgues peut aller très haut : « Sincèrement, il n’a pas encore atteint son plein potentiel. Il y a encore de belles choses à voir avec lui. C’est un garçon qui s’en donnera les moyens. On a bon espoir qu’il devienne incontournable au sein de n’importe quelle équipe dans laquelle il jouera. »
À seulement 21 ans, Kalvin Gourgues n’a visiblement pas fini de faire parler de lui…