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De notre envoyé spécial à la Plénitude Arena,
Il s’est levé de sa chaise en premier, le poing levé, se dirigeant vers la ligne de fond de court avec la raquette devant ses yeux, sous l’ovation du public, qui a lancé des grands « Arthur, Arthur ». Pourtant, pas de victoire en vue ou de point miraculeux inscrit, mais l’énergie du désespoir transmise à Arthur Fils, au bord du précipice, mené 6-3, 5-4 par Taylor Fritz, service à suivre pour l’Américain.
Le public de la Plénitude Arena a tout donné jusqu’au bout, venant à applaudir une première balle faute ou un lancer compliqué de l’ennemi d’un soir. Mais rien n’a perturbé le Californien, qui a conclu ce dernier jeu sans aucun problème pour se qualifier pour les quarts de finale du Masters 1000 de Paris et éliminer, ainsi, la meilleure chance française, le 7e joueur mondial.
Arthur Fils arrivait pourtant avec de grandes ambitions cette année, fort de son meilleur classement et d’une qualification pour les Finales ATP (anciennement appelés Masters) avant même d’avoir joué son premier match sur la surface ultrarapide de la Défense. « Depuis le début de la saison, j’attends de jouer à Paris, expliquait-il en arrivant dans la capitale. Je n’ai pas pu le faire pendant Roland. J’attends avec impatience de jouer ici. »
Après un premier match plutôt convaincant face au modeste Tomas Machac, Arthur Fils est ressorti de son affrontement face à l’Américain complètement sonné, impuissant, devant les ogives balancées par son adversaire. « Il y a eu un moment où je me suis dit que ça allait quand même être très compliqué, a sobrement commenté Fils en conférence de presse. Il a juste mieux joué que moi. Je n’étais pas à l’aise sur le court, parce qu’il me mettait mal à l’aise. Il a été plus fort que moi, il a mieux servi et mieux retourné. »
Auteur de 14 aces durant la rencontre avec près de 80 % de points gagnés derrière son premier service, Taylor Fritz a répété la recette réussie de son compatriote Tommy Paul un peu plus tôt dans la journée face à Quentin Halys (14 aces et 96 % de points marqués derrière son premier service), qui ne pouvait que déplorer n’avoir eu « qu’une seule opportunité dans le premier jeu » de la rencontre.
Arthur Fils is a class act ❤️ #RolexParisMasters pic.twitter.com/dM2fqtiu5m
— Tennis TV (@TennisTV) November 5, 2026
Cette réussite au service, Arthur Fils en était loin, très loin : seulement six aces et 60 % de points marqués après sa première balle. Insuffisant, surtout sur une surface ultrarapide comme celle de la Plénitude Arena, pour inquiéter Fritz qui a réalisé en plus deux fois plus de coups gagnants que le Francilien.
« Après, c’est du dur indoor, donc je me suis dit : pourquoi pas, à un moment, un jeu où je vais peut-être réussir à avoir quelques occasions et le gêner ? Dans l’ensemble, ce n’est pas comme si j’avais fait un mauvais match. Ça fait deux breaks au final, 6-3, 6-4. Pas grand-chose à dire. »
Arthur Fils, qui n’a ressenti aucune gêne physique, a quand même reconnu qu’il aurait pu mieux gérer certaines situations : « Il y a pas mal de points où j’ai été un peu trop défensif, je pense. Après, c’est dû aussi à sa vitesse de jeu, sur un dur qui est très rapide. J’aurais pu mieux retourner sur les secondes balles. J’aurais peut-être pu mieux utiliser mon coup droit. » Autant de pistes à travailler qui risquent quand même de le faire cogiter sur son manque de réussite à Paris.
Que ça soit à Roland-Garros ou au Masters 1000 (Bercy ou la Défense), Arthur Fils n’a jamais fait mieux que deux troisième tour en sept participations. Compliqué d’être prophète en son pays quand on n’arrive pas faire se lever les foules loin dans la compétition. Elles se concentreront sur Arthur Van Assche, dernière chance française encore en lice, après avoir battu Lorenzo Musetti. « Franchement, bravo à lui, l’a félicité Fils. Et puis j’espère qu’on aura un Français en demie, en finale et peut-être même vainqueur. » Tout ce qu’on espérait pour lui, en fait.