Retour
Deuxième du Ballon d'Or 2026 derrière Harry Kane, Kylian Mbappé paie peut-être au prix fort son intense campagne médiatique avant le vote.
Verdict paradoxal pour Kylian Mbappé lors de cette 70e édition du Ballon d’Or. Deuxième du vote derrière Harry Kane, l’attaquant français a obtenu le meilleur classement de sa carrière, ce qui devrait être une satisfaction. Mais à bientôt 28 ans, être passé aussi près de son premier sacre constitue aussi, sans doute, l’une de ses plus grandes frustrations. La star du Real Madrid a-t-elle pu être pénalisée par les jurés à cause de son intense campagne dans les médias ?
« C’est une année particulière. Les campagnes existaient déjà, mais elles étaient auparavant davantage menées en coulisses par les clubs, les agents et les entourages. Cette fois, les joueurs eux-mêmes ont été beaucoup plus visibles », observe Pascal Ferré, ancien directeur de France Football et membre du jury durant sept ans, dans les colonnes du Figaro. Pour lui, la lourde opération séduction lancée par le capitaine des Bleus a pu jouer en sa défaveur.
« Je ne suis pas persuadé qu’une campagne très médiatisée soit la bonne solution. Les jurés sont des journalistes. Ils peuvent ne pas apprécier que l’on cherche à leur forcer la main, explique-t-il. Ce qui fonctionne, c’est la cohérence d’un récit, pas l’agitation médiatique. On ne gagne pas le Ballon d’Or en le demandant. On le gagne en donnant envie. Il faut que les performances et le parcours du joueur conduisent naturellement les jurés à voter pour lui. »
S’il précise qu’il est « impossible d’affirmer que la campagne a fait perdre (Kylian) Mbappé sans connaître précisément les ressorts du vote », qui seront publiés ce samedi dans le magazine, la stratégie du Merengue « pose une vraie question » à ses yeux: « Est-il pertinent de multiplier les prises de parole pour convaincre un jury qui doit précisément exercer son jugement de manière indépendante ? » L’international tricolore a un an devant lui pour y réfléchir.