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Le Challenge Peugeot réunit, ce samedi, 128 doublettes sur le boulodrome de Boé, en Lot-et-Garonne. Des joueurs de renom se mélangent aux anonymes. Rayan et Indy ont ainsi eu l’honneur d’ouvrir le bal contre Stéphane Robineau et Adrien Delahaye, les têtes d’affiche de la journée
La pétanque est un sport qui rend humble. Tu as beau t’appeler Stéphane Robineau et avoir un palmarès long comme le bras - avec notamment cinq victoires au Mondial La Marseillaise dans ton escarcelle - tu dois te rendre à la table de marque, comme tout le monde, pour savoir où le sort t’a placé. En l’occurrence sur le terrain 58, qui fait face à la route menant au boulodrome de Boé. À l&rsquo...
La pétanque est un sport qui rend humble. Tu as beau t’appeler Stéphane Robineau et avoir un palmarès long comme le bras - avec notamment cinq victoires au Mondial La Marseillaise dans ton escarcelle - tu dois te rendre à la table de marque, comme tout le monde, pour savoir où le sort t’a placé. En l’occurrence sur le terrain 58, qui fait face à la route menant au boulodrome de Boé. À l’opposé du champ d’honneur.
Il est 9 heures en ce samedi d’octobre. Le Challenge Peugeot, qui réunit 128 doublettes, est sur le point de débuter. Le célèbre licencié de Fréjus et son talentueux coéquipier Adrien Delahaye - plus jeune vainqueur de La Marseillaise, en 2019, à 17 ans - s’échauffent. À leurs côtés, Rayan et Indy. Deux cousins tarn-et-garonnais de 19 et 22 ans. Le premier joue à Auvillar, le second à Castelsarrasin. Les deux hommes ont des années de pratique derrière eux, mais pas au même niveau que leurs prestigieux adversaires.
Le hasard leur a offert d’entrée de jeu ce qui se fait de mieux. Ils l’abordent avec le sourire. « Il vaut mieux les prendre en poule qu’après. » 9 h 17 : il est temps d’entrée dans le vif du sujet. Delahaye, pris à froid, manque ses deux premiers tirs. Le duo du Sud-Ouest en profite : 2-0. Ça démarre bien. Réponse immédiate des champions : une mène à quatre points pour prendre les devants (2-4).
Un joli mano a mano s’engage alors entre les deux paires, sous les yeux de quelques spectateurs ravis de pouvoir approcher des joueurs qu’ils admirent d’ordinaire à la télévision. À propos de médiatisation, la rencontre est retransmise en direct sur la chaîne YouTube d’un passionné anglophone, « Petanque Coach », qui revendique près de 8 000 abonnés.
Et 1, et 2, et 3 tirs qui font mouche, dont le dernier, carreau
Non loin de se laisser impressionner, Rayan et Indy font jeu égal avec les champions d’en face. Mais ils ne profitent pas d’un passage à vide de Robineau au point, alors qu’ils mènent déjà 8-5. L’occasion était pourtant belle de prendre le large et de se rapprocher de la victoire. À l’issue d’une « drôle de mène », dixit Delahaye, une nouvelle égalité s’installe (8-8). Le tournant de la partie, sans aucun doute.
À 10-10, Delahaye fait parler la poudre. Et 1, et 2, et 3 tirs qui font mouche, dont le dernier, carreau. 13-10. À 9 h 51, la messe est dite. Il est temps de se faire la bise et d’aller boire un café. Bien qu’encore en rodage dans un Grand Prix qu’ils disputent sans pression aucune, les têtes d’affiche boétiennes ont fait le job. Pas de quoi frustrer les jeunes Tarn-et-Garonnais, qui ont fait mieux que résister. « On était pas mal, mais le terrain est un peu compliqué, souligne Rayan. Si tu piques mal, tu pars. » Quant au fait de jouer contre une telle adversité, « c’est bien ; au moins, ça entraîne un peu plus les parties ».
Ça offre aussi un joli souvenir. Gravé dans le marbre d’Internet et des portables des spectateurs. Une journée qui débute bien, en somme. Qui va se prolonger toute la journée et s’achever sous la lumière des projecteurs.