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« Ils nous ont traités de fachos » : le gérant du bar témoigne après la rixe aux abords du stade Diochon de Rouen
L'un des gérants du Corner, bar installé tout proche du stade Diochon de Rouen, témoigne après la violente rixe qui a éclaté devant son bar samedi 31 octobre 2026. Voici ce que l'on sait.
L’un des gérants du Corner, bar installé tout proche du stade Diochon de Rouen, témoigne après la violente rixe qui a éclaté devant son bar samedi 31 octobre 2026. Voici ce que l’on sait.

Que s’est-il vraiment passé samedi 31 octobre 2026 aux abords du stade Diochon de Rouen ? D’après nos informations, confirmées en substance par la préfecture et le parquet de Rouen, une rixe a éclaté entre deux groupes, peu après 19h15, juste devant le bar Le Corner. Matthieu Gasull, un des trois associés à la tête du bar, revient sur cette soirée où son établissement a été « attaqué ».

Une rixe éclate devant le bar, près du stade Diochon

Ce soir-là, rien ne laissait présager un tel déferlement de violences. Selon le témoignage du patron du Corner, plusieurs supporters du FC Rouen étaient rassemblés dans son bar, juste après la victoire du club local face à Concarneau.

Ils buvaient un verre, tout était tranquille.

D’après le patron, plusieurs membres des Rouen Fans, un groupe d’ultras du FCR, étaient présents, aux côtés d’autres supporters du club. C’était « un moment avec beaucoup d’émotions », confirme une autre associée du bar, car un membre des Rouen Fans est décédé récemment.

Des personnes « cagoulées » et armées

Mais dès 19h15, « tout bascule », résume Matthieu Gasull. « Un client qui fumait dehors est rentré en courant pour nous dire qu’on se faisait attaquer. » Devant le bar, un groupe « d’une vingtaine ou d’une trentaine de personnes, toutes cagoulées, s’est rassemblé », explique le patron du bar.

Selon lui, certains étaient armés « de barres de fer et d’une machette ». Toujours selon le gérant du Corner, ils auraient commencé à « taper sur les vitres ». La porte d’accès à la partie PMU du bar est d’ailleurs brisée.

Pour « se défendre », insiste Matthieu Gasull, plusieurs supporters rouennais sont sortis. C’est là que le violent affrontement, filmé et partagé sur les réseaux sociaux, a débuté. Au bout du compte, quatre personnes ont été blessées, uniquement du côté des supporters.

« Ils nous ont traités de fachos, de sales blancs »

Concernant le groupe violent venu en découdre, il est « certain » qu’ils cherchaient à s’en prendre « à des gens d’extrême droite ».

Ils nous ont traités de fachos, de sales blancs... On a eu le droit à tout.

Il conteste par ailleurs avoir abrité des personnes d’extrême droite dans son bar : « On n’aborde pas la politique ici. On accueille tous les âges, toutes les religions et toutes les nationalités. On fait difficilement plus cosmopolite que nous. »

Matthieu Gasull regrette par ailleurs que son bar soit stigmatisé parce qu’il reçoit des supporters de façon ponctuelle. S’il ne nie pas recevoir de temps en temps des Rouen Fans et d’autres supporters du FCR, sa clientèle n’est pas exclusivement composée de sympathisants du club rouennais : « On reçoit aussi des joueurs et des supporters du RNR [Rouen Normandie Rugby] les soirs de matchs. Et quand il n’y a pas de matchs, on a nos habitués. Et ce ne sont pas tous des supporters. »

Il n’y avait « aucun rendez-vous », selon les Rouen Fans

Encore sidéré par les violences — « une première » depuis qu’il a repris le bar avec ses deux associés en décembre 2025 —, Matthieu Gasull assure avoir déposé plainte. Difficile, pour l’heure, d’établir comment ce groupe violent a pu cibler ce bar. Le gérant du Corner précise néanmoins qu’un « appel sur les réseaux sociaux » mentionnant son bar a été passé samedi dernier.

Dans un communiqué partagé en ligne, les Rouen Fans assurent n’avoir donné « aucun rendez-vous », pour un éventuel affrontement, aux assaillants du Corner. « Nous ne faisons pas de politique et nous n’avons jamais pris contact avec des antifas ou autre groupe politisé », précisent-ils.

Le parquet apporte des précisions

De son côté, la préfecture de la Seine-Maritime reste prudente sur cette rixe. Dans un arrêté publié mardi 3 novembre, les services de l’État indiquent seulement que « les premiers éléments » de l’enquête laissent à penser que cet affrontement a opposé « des individus relevant de mouvances antagonistes », sans précisions, à ce stade, sur un éventuel lien avec des identitaires ou des antifascistes.

Sollicité par 76actu, le parquet de Rouen indique par mail qu’un « groupe d’individus, pour beaucoup masqués, s’est attaqué à plusieurs clients du bar sur la voie publique, en leur portant des coups de poing, de pieds ou d’objets contondants (à identifier précisément) ».

Par ailleurs, « les premiers éléments permettent d’estimer à une quinzaine, divisée en deux groupes, le nombre total de participants à cette rixe », poursuit le procureur. Les quatre blessés – légers – sont ressortis le soir même, et un seul a pour l’heure déposé plainte d’après le parquet. Une enquête est toujours en cours pour des « violences en réunion, avec arme, et le visage dissimulé ». Aucune interpellation n’a eu lieu pour le moment. Plusieurs témoins doivent encore être entendus.

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