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Il y a 40 ans, un chef d'entreprise bien connu permettait à trois Normands de réaliser leur rêve
Il y a 40 ans, Lionel Boisne et Lionel Auzou ont pu participer au marathon de New York, avec Claude Gaugain, grâce à l'aide de Charles Corlet. Souvenirs.
Il y a 40 ans, Lionel Boisne et Lionel Auzou ont pu participer au marathon de New York, avec Claude Gaugain, grâce à l’aide de Charles Corlet. Souvenirs. ©L’Orne Combattante

« Pourquoi ne faites-vous pas le marathon de New York ? » Cette simple question allait être le point de départ d’une aventure exceptionnelle. Il y a quarante ans, trois athlètes de Condé-sur-Noireau (Calvados) ont pris la direction de la ville américaine pour disputer son épreuve mythique. Ce voyage doit sa genèse à un homme : Charles Corlet. L’éditeur bien connu a financé la participation du trio. « Ce qui paraissait jusque-là inaccessible devenait possible grâce à la générosité d’un homme », témoigne Lionel Auzou, membre du trio d’athlètes. Récit.

Un rêve : courir le marathon de New York

Claude Gaugain, une des figures de la course à pied condéenne, nourrissait un rêve personnel : courir le marathon de New York. L’homme livrait le charbon et le fioul. Parmi ses clients : Charles Corlet. Au détour d’une conversation, l’athlète lui présente son rêve, mais précise que le coût du voyage et de la participation est trop élevé pour lui.

« La conversation aurait pu s’arrêter là. Pourtant, Charles Corlet ne se contenta pas d’écouter ce rêve, il décida de financer intégralement la participation et d’associer deux autres athlètes de Condé. On s’est retrouvé dans son bureau, c’était impressionnant », se souviennent Lionel Auzou et Lionel Boisne, les deux coureurs qui ont suivi Claude Gaugain dans son rêve.

« Il pétillait d’idées et avait plein de projets en tête »

Si les deux sportifs avaient prévu dans un premier temps de participer au championnat de France, ils ont complètement changé leur plan face au défi New-yorkais. « Au début, on n’y croyait pas. Cette aventure nous est tombée dessus par hasard », expliquent Lionel Auzou et Lionel Boisne. « Charles Corlet, c’est quelqu’un qui offre alors qu’il ne connaît pas. Il pétillait d’idées et avait plein de projets en tête. Il a vu quelque chose de fabuleux dans le marathon ».

Le trio condéen vit un rêve éveillé : un chauffeur pour aller à l’aéroport, un journaliste local qui les suit sur place… « Il y avait une petite pression médiatique. »

Les trois athlètes prennent le départ du marathon de New York, le 2 novembre 1986. « On avait des tenues qui présentaient la Normandie avec une carte des plages du Débarquement. Les Américains, ils connaissaient bien », soulignent les deux compères.

Une expérience unique

Que reste-t-il de ce voyage transatlantique, 40 ans plus tard ? « Le souvenir d’une aventure rendue possible par une rencontre et par un geste de générosité peu commun. Cette première expérience reste incomparable. »

Les souvenirs sont encore présents dans les têtes, mais également dans l’album photos qui garde une trace visible de ce moment unique. « Avec le recul, je mesure encore davantage ce que nous devons à Charles Corlet. Sans nous connaître, il nous a fait confiance et nous a donné les moyens de vivre une aventure que nous n’aurions sans doute jamais pu nous offrir », décrit Lionel Auzou. « Les performances font la fierté du coureur, mais les rencontres humaines donnent à l’aventure toute sa valeur. C’est sans doute ce qui reste le plus précieux, quarante ans après : la générosité de Charles Corlet et ce qu’elle nous a permis de vivre. »

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