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De notre envoyé spécial à la Plénitude Arena,
Il a attendu un peu moins de deux heures après la fin de son match, avant de se présenter devant les rares médias. Cent vingt minutes pour digérer une défaite au premier tour du Masters 1000 de Paris face à l’Argentin Tomás Martín Etcheverry (6-4, 6-7, 7-6). Une rencontre bouclée dans la douleur pour Andrey Rublev, qui s’est frappé, de rage et de frustration, le pied et le tibia avec sa raquette une demi-douzaine de fois.
Une conclusion pas si étrange que ça quand on connaît le personnage, capable de briser raquette sur raquette et d’entrer dans des colères folles quand les choses ne tournent pas en sa faveur. Et, ce mardi à la Plénitude Arena, elles n’ont pas souvent été dans son sens. Et dès la fin du troisième jeu, on a senti le Russe flirter avec ses démons, en maugréant contre la terre entière et en étant proche de jeter par terre une bouteille alors qu’il était assis sur son banc.
Dans un court n°2 ouvert à tous les bruits, et notamment à celui du tambour de la tribune bleue qui soutenait Quentin Halys sur le court voisin, Rublev a râlé un nombre de fois incalculable face aux ogives envoyées par l’Argentin sur service. Avec 20 aces et 71 % de réussite au premier service, Etcheverry a rendu fou le Russe derrière cette arme de destruction massive. On ne parle pas russe, mais on n’aimerait pas être la maman de l’Argentin, qui a dû avoir les oreilles qui sifflaient sur un nouvel ace lors d’un jeu accroché à 4-3 dans le premier set.
The tightest of margins 💥
— Tennis TV (@TennisTV) November 3, 2026
Tomas Martin Etcheverry edges out Rublev 6-4 6-7 7-6 to end his six-match losing streak!#RolexParisMasters pic.twitter.com/wMnFuVG9FA
Cette colère ne s’est pas seulement exprimée avec des mots. Il y a eu aussi quelques tirages de cheveux, des lèvres mordillées, un short et un tee-shirt maltraités, des regards noirs vers son staff, avec le coach espagnol Fernando Vicente qui arborait un combo jogging-converse pas des plus heureux, ou des gestes de la main qui rappelaient les plus grandes protestations de Marco Verratti sous le maillot du PSG.
« Je sais que j’ai fait tout ce qui était en mon pouvoir aujourd’hui (ce mardi), a commenté Rublev en zone mixte. Je n’éprouve donc aucun sentiment de culpabilité, ni l’impression d’avoir perdu ce match à cause de mon comportement ou de mes émotions. »
S’il a souvent perdu les pédales durant sa carrière, Rublev a, cette fois, semblé tenir ses nerfs comme il le pouvait et a ainsi évité à ses raquettes de rejoindre prématurément la déchetterie, même s’il a hérité d’un avertissement pour avoir balancé de rage une balle dans les tribunes et qu’il a cassé, involontairement, les lunettes d’une spectatrice après un nouveau service surpuissant d’Etcheverry qu’il n’a pu que frôler.
Après avoir été 5e joueur mondial, Rublev est aujourd’hui redescendu à la 22e place. Mais il se bat contre quelque chose qui va au-delà du tennis. « Je peux me féliciter du travail que j’ai accompli sur moi-même, un travail qui n’a rien à voir avec le court, mais qui concerne simplement mon développement personnel, a-t-il assuré. Ces moments où je me suis découvert sous un nouveau jour et où j’ai appris à mieux me connaître, c’est pour cela que je peux me remercier. Je ne veux pas me critiquer. Je me suis critiqué toute ma vie. »
Surprise, on l’a même vu sourire à la fin du deuxième set, qu’il a remporté au tie-break. Mais cette éclaircie ne s’est pas longtemps prolongée. Et la ténacité de l’Argentin a eu raison de lui, même s’il a estimé avoir mieux joué que l’année dernière où il avait atteint le troisième tour : « J’ai beaucoup mieux joué et pourtant ça ne marche pas. Quand j’étais dans le top 10, j’arrivais, même en jouant mal, à atteindre les demi-finales. Maintenant, même en jouant bien, je ne passe pas le premier tour… »
Finalement, le seul bon souvenir de ce court séjour à Paris restera sa présence au concert de Tokio Hotel, le 30 octobre à la Adidas Arena. Désormais, le Moscovite pense à l’année prochaine et espère réaliser une préparation digne de ce nom : « Je voudrais la commencer plus tôt. L’année dernière, j’étais en pleine crise, je n’avais pas envie de jouer au tennis. J’ai fait une pause trop longue et je n’ai pas vraiment eu le temps de me préparer correctement. Cette fois, je veux faire le contraire. »