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Jambes arquées : Zambrotta serait réopéré, que corrige-t-on ?

Après l’annonce prudente d’une nouvelle intervention de Gianluca Zambrotta, retour sur le genu varum, ces jambes “en parenthèses”, et sur le principe d’une chirurgie de ré-axation.

Hamburg,,Germany,-,June,30,,2006:,Gianluca,Zambrotta,In,Action

Quand les chevilles se rapprochent mais que les genoux restent écartés, on parle souvent de jambes “en parenthèses”. C’est ce type de déviation que La Gazzetta dello Sport a associé au cas de Gianluca Zambrotta, ancien footballeur italien de 49 ans, dans un article publié le 29 octobre 2026.

Selon le quotidien sportif, il serait retourné au bloc pour sa jambe droite, après une première intervention à gauche en novembre 2025. Le geste évoqué n’est pas une prothèse du genou : il s’agirait d’une ostéotomie, une chirurgie qui vise à réorienter l’os pour corriger l’axe de la jambe.

Jambes arquées : qu’est-ce qui se dérègle dans l’axe du genou ?

Le terme italien de “varismo” correspond à ce que l’on appelle en français un genu varum, ou varus du genou. Dans cette situation, l’axe du membre inférieur est dévié : les genoux restent à distance lorsque les chevilles se touchent. À l’inverse, le genu valgum donne des genoux “en X”. Ces déformations de l’axe des genoux peuvent être constitutionnelles, apparaître avec le temps ou, dans certains contextes, être associées à des contraintes mécaniques importantes sur l’articulation.

Le sujet n’est pas seulement esthétique. Quand l’axe de la jambe est modifié, les forces ne se répartissent plus de manière homogène dans le genou. Un compartiment articulaire peut être davantage sollicité, avec des douleurs, une usure du cartilage ou une arthrose du genou et jambes arquées dans certains cas.

Mais toutes les jambes arquées ne sont pas une maladie, et toutes ne relèvent pas d’une opération. La gêne, la douleur, l’état du cartilage, les antécédents traumatiques ou sportifs et les mesures radiologiques guident la décision.

Ostéotomie : pourquoi ce n’est pas la même chose qu’une prothèse ?

L’intervention rapportée chez Gianluca Zambrotta est décrite par La Gazzetta dello Sport comme une ostéotomie valgissante à double niveau, sur le tibia et le fémur, avec une planification personnalisée en 3D. Dit plus simplement, l’objectif serait de modifier l’axe mécanique de la jambe pour mieux répartir les contraintes au niveau du genou.

L’Assurance Maladie décrit le principe général de l’ostéotomie de ré-axation chez les patients atteints d’arthrose du genou : le chirurgien sectionne un os, le plus souvent le tibia dans les formes courantes, puis le fixe dans une nouvelle position afin de corriger un genu varum ou un genu valgum. Le but est de soulager la zone trop sollicitée et, souvent, de retarder le recours à une prothèse.

La nuance compte : une ostéotomie ne remplace pas l’articulation. Elle diffère d’une prothèse partielle ou totale, qui consiste à remplacer des surfaces articulaires usées. Pour comprendre ce principe, on peut parler de l’ostéotomie, une chirurgie qui réaxe l’os.

Le média italien mentionne aussi l’utilisation de cellules souches autologues. Cet élément doit rester interprété avec prudence : sans accès au dossier médical complet ni données publiées propres à ce cas, il ne permet pas de conclure à une efficacité clinique particulière.

Pourquoi l’opération ne se décide pas “à l’œil” ?

L’histoire d’un ancien sportif de haut niveau peut donner l’impression qu’une correction chirurgicale serait logique dès qu’un genou est désaxé. En réalité, l’indication est très individualisée. L’Assurance Maladie rappelle que la chirurgie de l’arthrose du genou n’est envisagée qu’en cas d’échec des traitements médicaux, selon les symptômes, le handicap quotidien et l’âge.

Les chirurgiens ne se contentent donc pas de regarder la forme des jambes. Ils évaluent l’axe complet du membre inférieur, l’endroit précis de la déformation, l’état du cartilage, des ménisques, des ligaments et l’ensemble du genou. Une étude multicentrique française publiée dans Orthopaedics & Traumatology: Surgery & Research, menée sur des pratiques de planification, a montré que la correction au seul tibia n’était pas toujours théoriquement idéale selon les critères utilisés. Sa limite est importante : il s’agit d’une analyse de pratiques, pas d’un essai prouvant qu’une stratégie serait supérieure pour tous.

Autrement dit, le cas Zambrotta illustre une possibilité technique, pas une règle générale. Avoir les jambes arquées ne suffit pas à justifier une intervention. Ce qui doit faire consulter, c’est surtout l’association avec une douleur persistante, une déformation qui s’aggrave ou une gêne fonctionnelle.

  • Une douleur persistante, une aggravation, une déformation, un gonflement sans fièvre, une instabilité, un blocage ou une raideur doivent amener à consulter dans les jours qui viennent.
  • Une douleur très intense, de la fièvre, un genou rouge, chaud et très volumineux, ou un gonflement sous anticoagulants ou trouble de la coagulation justifient une consultation dans la journée.
  • Après un traumatisme grave, avec impossibilité de poser le pied ou de marcher, l’Assurance Maladie recommande d’appeler le 15 ou le 112.

Le point de vigilance est là : ne pas banaliser un genou douloureux qui dure, sans pour autant dramatiser une forme de jambes arquées isolée. C’est le bilan orthopédique, avec imagerie adaptée, qui permet de distinguer surveillance, rééducation, traitement médical ou, plus rarement, chirurgie de ré-axation.