Retour
Le verdict est tombé. Selon le rapport de la commission de discipline de l’UEFA, relayé par Foot Mercato, l’Olympique Lyonnais écope d’une amende de 20 000 euros et d’une fermeture partielle du Virage Nord du Groupama Stadium avec sursis. En cause : des chants homophobes entonnés par des supporters lyonnais lors de la victoire face à Crystal Palace (3-2) en Ligue Europa.
Les faits se sont produits à la 42e minute de la rencontre, alors que Lyon menait 1-0. Des chants à caractère homophobe ont descendu les travées, suffisamment audibles pour être consignés dans les rapports des officiels. L’UEFA a retenu le motif de comportement discriminatoire, l’un des plus sévèrement surveillés par l’instance ces dernières années.
L’ironie est amère. Ce soir-là, l’OL signait l’une de ses belles soirées européennes de la saison, face à un adversaire anglais réputé. La performance sportive a été éclipsée, a posteriori, par le comportement d’une partie de ses supporters. Une tache sur une victoire.
Concrètement, la sanction se décompose en deux volets. L’amende de 20 000 euros est ferme et devra être réglée par le club. La fermeture des secteurs 002, 003 et 004 du Virage Nord, elle, est assortie du sursis. Autrement dit, elle ne s’appliquera qu’en cas de récidive lors d’un prochain match européen à domicile.
Le message est limpide. Au moindre nouveau débordement, une partie du cœur de la tribune lyonnaise restera vide. Pour un club dont le Virage Nord incarne la ferveur populaire, la perspective a de quoi faire réfléchir. Les dés sont jetés : la balle est désormais dans le camp des supporters.
Cette sanction s’inscrit dans un mouvement plus large. Depuis plusieurs saisons, les instances du football multiplient les mesures contre les chants homophobes, longtemps banalisés dans les stades français. Interruptions de matchs, amendes, fermetures de tribunes : l’arsenal s’est étoffé, et la tolérance a fondu.
En France, le débat reste vif. Une partie des supporters y voit du folklore de tribune, quand associations et instances rappellent qu’il s’agit de propos discriminatoires, punissables comme tels. L’UEFA, elle, a clairement choisi son camp.
UNE SEMAINE NOIRE POUR LYON
La décision tombe au pire moment pour l’OL. Jeudi soir, les Gones ont subi leur première défaite européenne de la saison, lourdement battus à Hoffenheim (3-0), une soirée marquée aussi par la sortie sur civière du jeune Steeve Kango. Paulo Fonseca a parlé du plus mauvais match de son équipe. Et dimanche, un déplacement au Parc des Princes se profile, si le choc est maintenu.
Sur le terrain comme en tribunes, l’OL a des choses à corriger. L’UEFA vient de le rappeler à sa manière. La prochaine fois, l’addition sera bien plus salée.