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Alors que les chavirages se multiplient depuis lé début de la Route du Rhum, un dessalage avait été fatal à Loïc Caradec sur Royale II, en 1986.
Français Joyon, Armel Le Cléac’h et Mathieu Perrault. Ils sont déjà trois à avoir été victimes de chavirage depuis le début de cette Route du Rhum 2026. De quoi raviver de très mauvais souvenirs.La disparition de Loïc Caradec lors de la troisième édition de la Route du Rhum, en novembre 1986, demeure gravée dans les mémoires comme l’une des heures les plus sombres de la course au large.
Né en 1948, Loïc Caradec s’était imposé comme un marin d’exception, un pionnier de la course en multicoque. En cet automne 1986, le skipper parisien de 38 ans s’élance depuis Saint-Malo à la barre de Royale II, un maxi-catamaran monstrueux de près de 26 mètres de long. À l’époque, la quête de vitesse pousse les architectes navals à concevoir des voiliers toujours plus grands, plus puissants et plus légers, repoussant les limites de la physique et de la résistance humaine.
Mais ces monstres des mers ont un prix : menés en solitaire, ils deviennent extrêmement exigeants et impitoyables au moindre faux pas. Quelques jours après le départ de Saint-Malo, l’Atlantique Nord ne tarde pas à déployer sa furie. Un enchaînement de dépressions brutales balaye la flotte, cueillant les concurrents avec des creux dantesques et des rafales dépassant les 50 nœuds. Malgré les conditions, Royale II avance pourtant à vive allure, aux avant-postes de la course. Loïc Caradec connaît la dangerosité de son coursier, mais la compétition fait rage au milieu de la tempête.
Le 13 novembre 1986, le contact radio avec le navigateur est brutalement interrompu. La balise de détresse de Royale II déclenche son signal d’alerte au cœur d’une mer démontée. Dès l’alerte donnée, les secours s’organisent et les skippers proches de sa position se déroutent dans des conditions dantesques pour tenter de lui porter assistance.
C’est Florence Arthaud qui, la première, repère la silhouette dévastée du navire au milieu des vagues déchaînées. Le spectacle est saisissant: le gigantesque catamaran flotte à l’envers, retourné par une vague monstrueuse ou une rafale incontrôlable. Le mât est brisé, les coques sont balayées par la houle. Malgré les recherches acharnées menées sur place par les marins et les avions de patrouille maritime, la cabine reste désespérément vide. Loïc Caradec a été éjecté lors du chavirage ou emporté par les flots. Son corps ne sera jamais retrouvé.
La mort de Loïc Caradec a provoqué un choc considérable dans le monde de la voile. Ce drame a brutalement mis en lumière les dérives de la folie des grandeurs dans la course au large, incitant les organisateurs à revoir les règles de sécurité et à imposer des limites de taille aux multicoques engagés en solitaire.