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Le 17 février 2025, le boxeur dolois, Bilel Latrèche, était placé en garde à vue dans le cadre d’une affaire de violences conjugales : violences qu’il contestait fermement dès l’origine du démêlé judiciaire. Condamné, en première instance, le 8 août 2025 à six mois d’emprisonnement avec sursis, il fait appel et se retrouvait en juillet dernier de nouveau face à la justice devant laquelle il apporte des éléments de preuve qui ont fait la différence aux yeux du juge.
Vingt mois plus tard, le soulagement est total. Ce « combat », comme il le mentionne lui-même, « était le plus difficile de sa vie », mais est désormais derrière lui. Rencontré, il apparaît encore éprouvé. « Je ne souhaite à personne de vivre un moment dans sa vie, où, il doit prouver contre vents et marées qu’il est innocent », souffle-t-il. « Jamais je me serais cru arriver un jour à la barre d’un tribunal. En première instance, je n’avais pas donné à mon avocat l’ensemble des éléments qui étaient en ma possession. Je ne savais pas, indépendamment de ce qu’il m’avait dit d’exposer, tous les enjeux que pouvaient entraîner une affaire où c’est parole contre parole », se remémore-t-il ensuite.
« En appel, avec l’ensemble des éléments de preuves que j’avais en ma possession, nous arrivons, avec mes nouveaux avocats, toutes les preuves étaient présentes, le dossier était évident. Je me souviens qu’au départ, j’avais perdu foi en la justice, mais après, je me suis remis en question. En fait, la première fois, le magistrat a fait en fonction des éléments exposés. J’étais presque en colère contre moi-même d’avoir été un peu trop naïf et laxiste dans ma propre défense. Maintenant, j’ai pleine confiance en une justice souveraine et impartiale. » Il faut dire que cette dernière lui a donné raison lors de la seconde audience !
Durant ces nombreux mois, la vie de Bilel Latreche est mise en suspens, sa carrière aussi et les préjudices moraux et financiers sont importants. Il perd également son activité professionnelle. « Il faut savoir que dans ma carrière, quand l’affaire débute en février 2025, à ce moment-là, je suis dans le top 15 mondial WBO (World Boxing Organization) – l’une des quatre fédérations principales de boxe anglaise professionnelle avec la WBA, la WBF et l’IBF – et je suis en pleine négociation pour faire un championnat du monde WBA Gold. À cause de ça, j’ai tout loupé. » Dans les cordes, il est pénalisé sans pouvoir se défendre sur un ring, perd son classement mondial et ses opportunités de championnats du monde. Tout s’effondre comme un château de cartes.
« Aujourd’hui, si on prend les derniers classements actualisés en septembre, je ne suis plus dans les tableaux. Je dois refaire un titre pour retrouver un classement. Les conséquences de cette affaire sont sportives, financières, morales et publiques en termes de réputation. En somme, cela m’a fait perdre quatre à cinq ans d’efforts pour arriver à un niveau auquel je n’étais jamais arrivé auparavant. On ne rattrape pas le temps, avec l’âge », déplore celui qui a fêté ses quarante ans le 22 octobre. « Si l’envie est toujours là, il y a une perte considérable au haut niveau. C’est un temps qui ne se rattrapera pas. »
En cette saison automnale, Bilel Latreche a repris sa préparation sportive de manière intensive avec un staff qui lui est resté fidèle. Son prochain combat, programmé en décembre prochain, lui permettra de renouer avec la scène internationale. Il affrontera, à Saint-Vit, le Vénézuélien Ifrain Rodriguez (22 combats, 16 victoires, 11 KO).
Un bon test avant un titre majeur. En cas de victoire, il retrouvera le Palais des Sports de Dijon, pour affronter le Nigérian, Joesph Mathew Obinna, où une ceinture sera en jeu dans le cadre d’un championnat intercontinental. Son adversaire, ici, est un capitaine dans l’armée du Nigéria. Celui-ci affiche un palmarès de vingt-neuf victoires, dont vingt-huit par KO en trente-deux combats. Une opportunité de le remettre tout de suite en selle… avant que le temps ne fasse à nouveau son œuvre.