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l'essentiel Des paddocks qu’il arpentait enfant aux plus grandes courses du championnat du monde d’endurance, Thomas Wolfarth fait vivre la passion familiale du sport motocycliste. Après avoir disputé le Bol d’Or en septembre 2026, le pilote gersois prépare désormais sa saison 2027, avec les 24 Heures du Mans en ligne de mire. Portrait.
Alors que toute la famille est tranquillement assise sur le large canapé, le petit Thomas se positionne pile poil devant l'écran télévisé. Il n'est pas question de rater une seule, un seul instant déterminant pour la course. Et alors que les caméras suivent les motos sur la piste avec précision, le petit, tout juste âgé de cinq années, enfile son casque dans lequel la tête baigne totalement.
Voilà l’un des premiers souvenirs que conserve Thomas Wolfarth de l'univers de la compétition motocycliste. Plus de trente ans après, le Gersois a troqué son vélo contre des motos de course et participe désormais aux plus grandes épreuves du championnat du monde d’endurance. Une passion qui ne l’a jamais quitté, et qu’il doit en grande partie à son père.
"Mon père a commencé les courses de moto en 1993, alors que j’avais trois ans. Il a couru jusqu’en 2001. La passion est née de là", raconte le pilote. À l’époque, les week-ends se passent en famille, au rythme des compétitions. "On dormait dans le fourgon ou dans la caravane. C’était la vie de paddock !" Un univers dans lequel le jeune garçon trouve rapidement sa place. "Je me baladais partout avec mon petit vélo. Tous les pilotes me connaissaient, parfois même davantage que mon père !"
La passion prend une telle place que ses parents doivent parfois demander des autorisations à l’école pour l’emmener sur les circuits. "On faisait des mots à la maîtresse pour que je puisse partir plus tôt", se souvient-il, amusé. À la maison, le spectacle continue devant la télévision. "À trois ans, je mettais déjà un casque pour regarder les courses."
Pourtant, il faudra attendre ses 23 ans pour qu’il prenne lui-même le départ d’une compétition. Son père, parti travailler à l’étranger, ne peut l’accompagner plus tôt dans cette aventure. Sa première expérience se déroule en CBR 500 Cup, une catégorie de petite cylindrée où il doit rapidement trouver ses marques. "J’ai commencé parmi les derniers et, au bout de trois ans, j’étais parmi les premiers", résume-t-il. Les résultats suivent et lui ouvrent progressivement les portes des grosses cylindrées, puis de l’endurance.
Depuis, le Gersois a notamment participé à plusieurs éditions des 24 Heures de Barcelone, aux 24 Heures du Mans, au Bol d’Or et aux 8 Heures de Spa, en Belgique. Autant de rendez-vous qui lui permettent de vivre sa passion au plus haut niveau.
Mais derrière les performances sportives se cache une autre réalité : celle du financement. "La première moto, c’est mon père qui me l’a achetée. Après, il a fallu commencer à chercher des sponsors." Un travail indispensable pour poursuivre la compétition.
"C’est un niveau professionnel, mais je ne suis pas payé pour faire ça", souligne celui qui travaille également dans l’aéronautique à Toulouse. Aujourd’hui, ses partenaires lui permettent de couvrir ses dépenses, sans avoir à financer personnellement ses saisons. "Quand j’ai gagné le championnat en 2022, j’ai peut-être gagné 1 000 ou 2 000 euros. Mais par rapport à ce que ça coûte…"
Après avoir disputé le Bol d’Or en septembre dernier, le pilote est désormais tourné vers 2027. Si les circuits connaissent une période plus calme, les prochaines semaines s’annoncent chargées. Recherche de sponsors, discussions budgétaires et choix de sa future équipe rythmeront son hiver. Il prévoit également de reprendre les entraînements en Espagne, où les conditions météorologiques sont plus favorables, avant les 24 Heures du Mans en avril.
Dans cette aventure, le soutien de ses proches reste essentiel. Sa compagne Léa, pourtant étrangère au milieu de la moto avant leur rencontre, partage désormais pleinement cette passion. "J’ai de la chance, ma compagne, mes frères, toute ma famille est impliquée. Je pense qu’aujourd’hui, je ne le ferais plus sans ce soutien", confie-t-il.
Quant à la suite, le pilote ne se fixe pas encore de date pour raccrocher son casque. "Je ne sais pas combien de temps je vais encore rouler. Mais si j’arrête, ce sera davantage pour mes projets de vie que par manque de passion."
Une chose est certaine : même lorsqu’il ne prendra plus le départ des courses, le petit garçon qui parcourait les paddocks à vélo ne sera jamais bien loin.
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