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Il y a encore deux mois et demi, Adrien Gobat ne jouait pas au tennis. Aujourd’hui, il enchaîne les victoires. Vainqueur des qualifications à Caen (Calvados) en simple messieurs après avoir déjà triomphé au CNGT de Rouen le 25 octobre 2026, le Français retrouve peu à peu le sourire et son niveau. Mais derrière ce retour réussi se cache une période de six mois loin de la compétition, marquée par une blessure au poignet. Une épreuve qui a changé sa manière d’aborder le tennis, mais aussi son quotidien.
Le 1er mars 2026, une chute en plein match vient brutalement interrompre la saison d’Adrien Gobat. Le joueur se fracture le poignet droit, celui dont il se sert pour jouer. L’arrêt se prolonge pendant six mois, loin des entraînements et de la compétition qui rythment habituellement sa vie. « Ça m’a mis un peu au fond du trou », reconnaît-il. Le tennisman a retrouvé les courts en septembre, mais la reprise se fait avec la plus grande attention. « Forcément, des douleurs au poignet peuvent encore survenir. Donc j’étais toujours un peu prudent », explique-t-il. À peine deux mois et demi après avoir repris la raquette, le voilà déjà vainqueur du tournoi ITF 15M de Rodez, d’un CNGT à Rouen, puis de celui de Caen.
Une progression rapide qui le rend fier de ses capacités. « Je suis quand même très satisfait de ma performance et de mon niveau de jeu », confie-t-il après sa victoire. Au-delà du résultat, retrouver ses sensations et pouvoir enchaîner les rencontres, c’est déjà une satisfaction pour lui. Car la blessure a également fait dégringoler son classement. Ancien 532e joueur mondial, Adrien Gobat est descendu bien plus bas durant sa pause forcée (1158e mondial au plus bas), avant de remonter progressivement. Mais il refuse aujourd’hui de faire d’une position au classement une obsession.
Je n’ai pas vraiment de gros objectifs pour l’année prochaine. Juste être en bonne santé et faire du mieux que je peux.
Cette période loin des courts lui a surtout permis de revoir certaines de ses habitudes. Avant sa blessure, Adrien Gobat s’entraînait beaucoup. Désormais, il cherche plutôt à équilibrer son quotidien et à privilégier la qualité du travail. « Je ne suis pas trop cette philosophie où il faut tout le temps s’entraîner. Je pense que c’est important de prendre soin de sa tête, de se connaître super bien pour pouvoir avancer. » Sur une semaine classique, le Français consacre environ deux à trois heures par jour au tennis, auxquelles s’ajoutent deux heures de préparation physique. Une charge de travail qu’il adapte selon les périodes et son état de forme. Pour lui, l’essentiel reste de s’entraîner efficacement, sans négliger son équilibre personnel.
S’il y a de la qualité, pour moi, c’est le plus important. Il faut surtout qu’il y ait la tête qui suive.
Le bien-être occupe ainsi une place importante dans sa vie. « J’aime beaucoup faire des choses pour moi, pour mon bien-être. De plus en plus, je découvre et je suis curieux. » Le joueur s’intéresse notamment à la philosophie, aux langues et à la culture. Des domaines qui lui permettent de sortir de l’univers du tennis et de ne pas réduire son quotidien qu’au sport. Un équilibre précieux pour un joueur dont la carrière professionnelle impose de consacrer une grande partie de son temps au sport.
L’arrêt forcé a aussi permis à Adrien Gobat de se recentrer. Soutenu par sa compagne, ses parents et son staff, le tennisman a profité de ces six mois pour travailler sur son bien-être psychologique et prendre du recul sur sa carrière.
Je suis quand même une personne très positive. Je me fais aider par un entourage extraordinaire. J’ai profité de cette période pour un peu oublier le tennis, faire d’autres choses pour améliorer mon bien-être psychologique et faire le reset sur certaines choses.
Cette expérience lui a appris à rechercher davantage d’équilibre, y compris sur le court. « Quand tu es trop calme, tu as besoin d’explosivité. Et quand tu as trop la rage, tu n’es plus lucide, tu es trop énergétique, tu te dépenses trop », analyse-t-il. Désormais, Adrien Gobat retrouve progressivement ses sensations. « Je suis très content d’être sur un court. Je me plais dans l’adversité ». À 25 ans, il vise les qualifications de Roland-Garros, en 2027, mais sans se focaliser uniquement sur ceux-ci. » Si je n’y arrive pas, ce n’est pas grave. Je tente. Et après, il y a d’autres tournois. »
Après six mois d’arrêt, le Français compte reprendre progressivement le circuit individuel, probablement début 2027, après avoir privilégié les rencontres par équipes. Désormais, il veut aller le plus loin possible sans négliger son équilibre. Pour lui, seul le plaisir de jouer compte vraiment.