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À l’OM, les règlements de comptes ne se font plus en coulisses. Deux semaines après les lourdes accusations de Jean-Pierre Papin, Ali Zarrak a répondu dans L’Équipe, rapporte Foot Mercato. Et l’ancien adjoint de Medhi Benatia, toujours en poste au club, n’a pas fait dans la dentelle.
Il faut remonter à la première salve. Dans le même quotidien, Papin, conseiller de Pablo Longoria et ancien entraîneur de la réserve (2023-2025), accusait Zarrak de harcèlement moral. Il affirmait qu’une enquête menée par un cabinet extérieur n’avait jamais abouti, que Zarrak « décide de tout », et qu’il avait alerté Longoria à plusieurs reprises, sans effet.
La réponse est cinglante. Zarrak se dit « très étonné », qualifie les propos de Papin de mensongers et assure que les conclusions de l’enquête n’ont retenu aucun harcèlement de sa part. Puis il passe à l’attaque, en reprochant à l’ancien buteur d’avoir « pris certaines libertés ».
Les exemples qu’il cite sont pour le moins étonnants : des chiens emmenés dans le bus de l’équipe, une arrivée à l’entraînement en maillot de Montpellier avant un match contre ce même club, ou encore une absence au match Maroc-Espagne des Jeux olympiques. Selon Zarrak, Papin aurait demandé une dispense avant d’être aperçu en loges, une coupe de champagne à la main.
« TRÈS, TRÈS BAS NIVEAU »
Le coup de grâce vise la carrière d’entraîneur de Papin, jugée de « très, très bas niveau » par Zarrak. Une attaque frontale contre l’un des plus grands noms de l’histoire du club, Ballon d’Or 1991 et idole du Vélodrome. Personne ne l’avait vu venir avec une telle violence.
Zarrak affirme aussi avoir été la cible d’insultes et de menaces, au point d’avoir dû déménager. Il assume une réputation d’homme dur, expliquant que le football impose parfois des décisions fermes. Une manière de justifier son style, sans renier ses choix.
Au-delà des deux hommes, c’est l’image du club qui trinque. Entre la recherche d’un investisseur par Frank McCourt avant le passage devant la DNCG, les tensions dans le groupe de Bruno Genesio et les coulisses agitées du dossier Paixão, l’OM n’avait pas besoin d’un nouveau feuilleton. Le voilà servi.
Reste une question : comment la direction va-t-elle gérer ce conflit ouvert entre un conseiller écarté et un cadre toujours en place ? Pour l’heure, aucune réaction officielle du club n’a été rapportée.
Cette guerre ouverte pose aussi la question de la gouvernance du club. Papin, conseiller du président, dit avoir alerté la direction à plusieurs reprises. Zarrak, lui, affirme que l’enquête l’a blanchi. Entre les deux versions, Pablo Longoria se retrouve dans une position inconfortable, sommé implicitement de trancher un conflit qui s’étale désormais dans la presse.
Pour les supporters, le spectacle a quelque chose de déroutant. Voir une icône comme Papin, adulée pour ses buts et ses ciseaux acrobatiques, se faire tailler en pièces par un dirigeant en exercice, cela ne laisse personne indifférent.
Le vestiaire va en parler. Les supporters aussi. Et à Marseille, chacun a déjà choisi son camp.