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Para-hockey-sur-glace : l’équipe de France à Montpellier pour préparer les championnats du monde au Mexique
Match exhibition des Bleus samedi dernier à Végapolis. JEAN-MICHEL MART

"Ça se joue au même endroit, avec à peu près les mêmes règles – trois périodes de 15 minutes au lieu de vingt –, mais entre patiner debout et luger assis… Cela réclame d’abord un bon gainage", témoigne le sélectionneur français David Lemétais. Des qualités d’équilibriste aussi, pour se projeter au ras de la glace sur la luge, entre vitesse et explosivité. Avec deux crosses raccourcies munies d’une lame pour gérer le palet et d’une pointe pour se propulser.

Une section para au club de Montpellier

Un sport spectaculaire que quelques dizaines de spectateurs ont pu découvrir samedi midi à Végapolis lors d’un match exhibition, entre Bleus. Dernier règlage avant les championnats du monde au Mexique. Un sport qu’on peut aussi pratiquer au sein du MMHC (Montpellier Métropole Hockey Club) qui a lancé une section en janvier dernier et qui participe au championnat de France avec une alliance de joueurs de Cherbourg et Clermont-Ferrand !
La venue de l’équipe de France n’est pas étrangère à cette volonté de mettre en lumière la discipline dont l’histoire est finalement très récente.

Une équipe de France qui a à peine huit ans d’expérience

La première section créée à Cholet date de 2009. La délégation au sein de la Fédération Française de Hockey-sur-Glace remonte à 2018. David Lemétais entraînait alors une section à Rouen et se souvient des différentes options qui étaient proposées : "Soit on se focalise sur une équipe de France avec le budget alloué, soit on fait du développement et on "donne" de la glace à tout le monde, ou on fait les deux. Ou alors, on développe conjointement le haut niveau et la pratique sur le territoire (1), ce qu’on a choisi !"

Les Bleus en poule C

Des débuts chaotiques perturbés par les années Covid. "On considère qu’on a six années d’existence finalement parce qu’on ne se voyait pas, même si cela nous a permis de travailler le projet intellectuellement, mais ça a été long. De se dire, on se lance et puis ça s’arrête !" La France participe ensuite à ses premiers championnats du monde en 2022, à Bangkok, au troisième échelon, en poule C. "Le premier de la poule C monte en poule B et le dernier de la poule B, descend. Sauf qu’en 2022, avec la guerre en Ukraine, les Russes se font exclure de la compétition, c’est donc le 2e qui est appelé à monter, la Finalnde, qui se retire de la compétition. La France, arrivée bien structurée, est invitée à accéder en poule B !". En 2023, en Norvège, les Bleus retrouvent les deux équipes qui les avaient battus lors de leur premier Mondial, dont les Anglais (7-0). "Et on les bat en prolongation, raconte David Lemétais ! C’est la fête, on est sur un nuage, même si on a aussi pris des gros scores contre la Norvège, l’Allemagne…" La France reste en poule B avant de descendre en poule C en 2025, au Kazhakstan.

Le retour des Russes en compétition

L’objectif en décembre aurait été de jouer la remontée mais il est devenu plus périlleux avec la réintégration des Russes, "qui faisaient partie des cinq meilleures nations mondiales en 2022 (lire en note)", et qui repartiront du début, de cette poule C. "On est les victimes colatérales. On va commencer en se disant qu’on a notre chance ! Après, on rencontrera l’Autriche, le Mexique qui vivra son premier championnat du monde. On voudra jouer, être le plus haut possible."

Préparer les JO 2030 en France et c’est déjà demain

Le stage à Montpellier, avec une vingtaine de joueurs, servait aussi à cela. "Déterminer la sélection finale et fixer les objectifs communs avec le staff et les joueurs. Après, j’ai de vrais guerriers qui ont envie…" David Lemétais devra en garder une quinzaine (dont deux gardiens). Avec les Jeux Olympiques 2030 en France et c’est déjà demain ! explique le sélectionneur français. "Il faut développer, anticiper le groupe, faire attention à l’âge, aux évolutions. On sait qu’en 2030, on ne jouera pas la médaille d’or mais il s’agira de donner la plus belle image possible du para-hockey ; de donner envie".

Montpellier, une section qui se développe

Deux joueurs de Montpellier, Maximilien Bringer et Arno Vargas, ont été invités à rejoindre le collectif durant ces quatre jours, là aussi pour préparer l’avenir : "l’objectif était qu’ils découvrent notre façon de procéder au quotidien, nos protocoles d’échauffement, de récupération… Qu’ils prennent aussi de cette expérience pour la projeter sur leur équipe de Montpellier. Avec le responsable de la section, Alexandre Duval avec qui j’échange beaucoup et qui a profité du stage pour filmer les entraînements et se nourrir aussi de cette expérience pour développer la section." Toujours dans cette optique de développement d’une discipline ouverte à tous dans les clubs : les handi et les valides, les hommes et les femmes dans la mixité.