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Alors que Geoffrey Doumayrou a effectué ses premiers pas en tant qu’entraîneur de la défense tricolore, tout en gardant ses fonctions à Montpellier, il incarne une voie plus inédite qu’il n’y paraît
Pendant que le rugby français en est encore à recenser les absents au sein du XV de France, une nouvelle tête est apparue sur le terrain d’entraînement du CNR de Marcoussis. Officiellement nommé en tant que nouvel entraîneur de la défense à la fin du mois de septembre, présent lors du séminaire ayant réuni le staff de Fabien Galthié à Perpignan au début du mois d’octobre, Geoffrey Doumayrou est enfin au contact de la sélection depuis le début du rassemblement...
Pendant que le rugby français en est encore à recenser les absents au sein du XV de France, une nouvelle tête est apparue sur le terrain d’entraînement du CNR de Marcoussis. Officiellement nommé en tant que nouvel entraîneur de la défense à la fin du mois de septembre, présent lors du séminaire ayant réuni le staff de Fabien Galthié à Perpignan au début du mois d’octobre, Geoffrey Doumayrou est enfin au contact de la sélection depuis le début du rassemblement dans l’optique du Championnat des nations.
Architecte du rideau défensif de Montpellier - le plus consistant la saison dernière -, l’ancien centre international (13 sélections) passé par le Stade Français, le Stade Rochelais et Montpellier aura pour mission de stabiliser une défense qui a tremblé ces derniers mois en dépit d’un second Six-Nations consécutif remporté en mars dernier.
Invité à chapeauter un secteur de jeu que Fabien Galthié avait peu à peu repris à son compte, il a d’abord la particularité d’avoir rejoint l’encadrement tricolore suite à l’éviction, au printemps dernier, de Shaun Edwards. Mais ce n’est pas la seule. Comme Maxime Petitjean, en charge du jeu au pied chez les Bleus depuis cet été, mais toujours membre du staff du RC Toulon, Geoffrey Doumayrou a conservé ses prérogatives au MHR, où il officie depuis deux ans, aux côtés de son manager Joan Caudullo.
Les deux hommes incarnent aujourd’hui le recours en équipe de France aux techniciens dotés d’une double casquette. Un cas de figure qui ne s’est présenté dans l’ère moderne qu’à travers l’Anglais David Ellis, consultant pour la défense tricolore entre 2000 et 2011.
Ce choix pourrait s’expliquer par la nécessité de trouver un remplaçant en urgence à un poste désormais vacant. Mais le sélectionneur n’a pas abordé l’équation de cette manière. « Il voulait que ce soit en plus du club », a récemment expliqué le Montpelliérain dans « l’Équipe » : « Il trouve qu’en équipe de France, tu perds un peu l’habitude d’entraîner. Raison pour laquelle, à l’avenir, la double casquette pourrait se démocratiser. »
Avant même d’évoquer la consistance d’une prédiction encore un peu hasardeuse, il convient de rappeler que le sélectionneur a effectivement toujours été soucieux de conserver des adjoints en prise avec le terrain. Au-delà de la systématisation des visites en club, qu’il a instauré dès le début de son premier mandat en 2020, le sélectionneur a souhaité l’organisation régulière de séminaires au cours desquels lui et ses adjoints déploient la trame des entraînements voués à être récitée lors des rassemblements du XV de France.
Son expression « s’entraîner à entraîner » n’est pas qu’un slogan. Elle illustre une vraie préoccupation. « Il fallait qu’on perçoive comment ce que nous avions pensé sur le papier allait s’articuler et quelle serait notre cohésion d’entraîneurs », synthétisait Karim Ghezal, en charge de la touche des Bleus jusqu’en 2023 et désormais manager de Lyon, à l’issue de l’un des premiers séminaires.
« Il n’existe pas de structure qui n’évolue pas »
Ces séances ponctuelles ne remplacent toutefois pas la somme d’expertises issue du travail au quotidien dans les clubs de Top 14. Si les standards de jeu diffèrent entre le championnat et le niveau international, ils font aujourd’hui encore office de meilleurs laboratoires pour le rugby français. Le sélectionneur entend puiser dedans : « C’est une volonté que j’ai depuis un certain temps. Il n’existe pas de structure qui n’évolue pas. Je me suis rendu compte que c’était bien pour l’équipe de France qu’il y ait des ressources dans les clubs. »
Au-delà d’éventuelles considérations financières, c’est une des raisons pour lesquelles le sélectionneur a choisi d’opter pour des techniciens déjà sous contrat alors que d’autres étaient pourtant libres. « C’est quelque chose que j’ai senti qu’on pouvait faire : le double projet est positif », a développé le sélectionneur : « À la fois pour le club, puisque l’entraîneur revient avec une expérience importante et à la fois pour l’équipe de France puisqu’il est au contact du quotidien des clubs. »
A Montpellier, Joan Caudullo assure s’en féliciter : « Je trouve ça hyper intéressant pour lui, dans sa progression, mais aussi pour nous. » La définition d’un accord gagnant-gagnant ?