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Trois victoires de suite, c’est le genre de série qui rassure un vestiaire et fait rêver une tribune. Pourtant, ce 4-3 contre Le Havre, dernier du classement, laisse un goût amer. Quand on mène largement face au lanterne rouge et qu’on termine à se cramponner au score, la joie se mêle forcément d’une pointe d’inquiétude.
Pendant une heure, pourtant, Marseille a livré ce que ses supporters réclament depuis des semaines : du mouvement, de l’idée, de la cohérence. Abdelli a fait respirer l’entre-lignes, Harit a mis de l’imprévu dans chaque transition, et l’association Højbjerg-Nnadi a offert à l’ensemble un socle solide. Quatre buts, une avalanche d’occasions : ce n’était pas qu’une question de talents individuels, mais bien d’un collectif qui commence à parler la même langue.
Puis le match a basculé. Passé la barre des 70 minutes, l’OM a perdu le fil, le ballon et ses repères. Abdallah, Maupay et Gomes, appelés à prendre le relais, n’ont pas su entretenir la dynamique, et Le Havre, tout à coup revigoré, a senti le vent tourner. Il serait toutefois trop simple de pointer du doigt les seuls remplaçants : plusieurs failles défensives s’étaient déjà dessinées avant l’effondrement.
C’est là que Bruno Genesio se retrouve sous les projecteurs. Un milieu renforcé, un Weah repositionné : des pistes existaient peut-être pour garder le contrôle, sans que rien ne garantisse qu’elles auraient suffi. Reste l’enseignement de la soirée : l’OM tient un onze type crédible, mais son banc ne propose pas encore les mêmes garanties. Pour viser plus haut, Marseille devra apprendre à gagner sur les quatre-vingt-dix minutes, et pas seulement sur les soixante premières.