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Stade Toulousain : "Il y a quelques mois, je pensais arrêter le rugby à la fin de l'année..." Cyril Baille confie son plaisir de rejouer avant la réception de Perpignan
Cyril Baille a retrouvé le plaisir de jouer. DDM, Laurent Dard

l'essentiel Alors que le Stade Toulousain reçoit Perpignan, ce samedi 24 octobre à Ernest-Wallon, à l'occasion de la 7e journée de Top 14 (16h35), le pilier gauche international, qui tape de nouveau à la porte des Bleus, confie ne pas être déçu de ne pas faire partie de la première liste de Fabien Galthié pour le Championnat des nations. Alors qu'il dispute sa dernière saison avant de rejoindre Bayonne, il est surtout heureux de parvenir à de nouveau enchaîner les matchs après de nombreux mois à galérer avec ses soucis à une cheville.

Comment abordez-vous ce rendez-vous face à Perpignan ?

Les matchs contre l'USAP sont à chaque fois difficiles. On sait à quoi s'attendre, c'est une équipe qui est très solide devant, avec de très grosses individualités et qui a beaucoup de pétards (sic) aussi derrière. Ce sont à chaque fois des matchs très engagés. On l'a vu l'année dernière quand on a joué à Aimé-Giral, on a eu beaucoup de mal et on a eu un match difficile où on a été pris dans l'engagement. Donc on sait très bien qu'il va falloir mettre les ingrédients pour pouvoir faire un bon match ce week-end.

C'est un match particulier pour vous avec le départ à venir des internationaux français et Perpignan qui arrive après un week-end à faire tourner son effectif en Challenge européen. La vigilance est-elle plus que jamais de rigueur ?

On respecte toutes les équipes et d'autant plus Perpignan. On sait à quoi s'attendre, on le voit. Je pense aussi que l'apport de Laurent (Labit) leur fait énormément de bien et ils ont, comme je dis, un gros, gros pack avec une très grosse mêlée et un jeu d'avants très solide. Tous les week-ends, on sait à quoi s'attendre et on sait aussi que les équipes veulent faire un gros match contre nous. On a eu un match aussi la semaine dernière qui a été très compliqué, mais on a montré beaucoup de force de caractère pour pouvoir l'emporter. Toutes les semaines, c'est remis à zéro et on sait que ce week-end, ça va être très, très solide.

La défense est le point noir des dernières semaines. Que peut-on travailler sur un temps aussi court quand les semaines s'enchaînent ?

On s'est focalisés dessus cette semaine car sur les deux, trois derniers matchs, cela a été un petit peu plus compliqué. On essaie de gommer un petit peu les erreurs qu'on peut avoir de temps en temps. Je pense que ce sont aussi des erreurs, des fois, de communication où on ne circule pas assez donc on essaie de bosser ça pour être de plus en plus performants. Mais c'est vrai que les équipes jouent de plus en plus au rugby et au rugby actuel, il faut vraiment défendre toutes les situations. Des fois, c'est vrai que ce sont des matchs où il y a des gros scores, donc on va essayer de rectifier le tir.

Comment fait-on pour maintenir une certaine fraîcheur mentale pour parvenir à rester au top malgré l'enchaînement des matchs à haute intensité ?

(Sourire) Ça, c'est une très bonne question. On essaie de faire beaucoup de récupération, après les entraînements, de faire beaucoup de soins. On essaie vraiment de privilégier la récup même si on a des grosses semaines d'entraînement. Et après, pour la fraîcheur mentale, on essaie aussi, sur les jours off, peut-être de passer du temps en famille, de faire des choses un petit peu hors rugby pour se vider la tête. Mais c'est vrai que des fois, c'est difficile, quand tu as l'enchaînement de matchs, de garder cette fraîcheur-là. On travaille en tout cas pour en avoir le plus possible.

Le XV de France a annoncé sa liste cette semaine. L'attendiez-vous et êtes-vous déçu ?

Non, je suis surtout content de mon début de saison. Il y a quelques mois, je pensais arrêter le rugby à la fin de l'année. Je continue à faire mes matchs. Je suis content d'enchaîner à Toulouse, de retrouver aussi du plaisir parce que sur les derniers mois, c'était assez compliqué. Donc je retrouve confiance en moi et du plaisir d'enchaîner les matchs. Donc après, si l'équipe de France fait appel à moi, bien sûr que je répondrai présent comme je l'ai toujours fait. Je ne suis pas de nature à me projeter trop, je préfère prendre les choses les unes après les autres, surtout avec les mois que j'ai passés juste avant (sourire).

C'est une saison un peu particulière pour le groupe. Vous faites partie de ceux qui vont partir à la fin de l'année. Comment l'envisagez-vous ?

C'est vrai que c'est difficile de se dire qu'on a vécu quasiment toute sa carrière dans un club et qu'on va partir à la fin. Malheureusement, c'est la vie d'un groupe. Je pense que d'autres avant nous sont passés par là, aujourd'hui, c'est notre tour et dans le futur, ce seront les jeunes d'aujourd'hui qui seront confrontés à ça aussi. C'est l'histoire d'un club, il faut le respecter. On veut bien finir cette saison. Je pense que le club nous a tous beaucoup donné et on a envie aussi de lui rendre sur la dernière saison pour partir de la meilleure des manières.

Cette saison, contrairement aux précédentes, vous êtes néanmoins très nombreux dans ce cas, avec cette perspective de peut-être réaliser ce quintuplé que personne n'a encore jamais réalisé...

Oui, on l'a dans un coin de la tête, bien sûr. Après, comme je vous dis, les matchs sont tellement difficiles qu'on aura le temps d'y penser. Je pense aussi qu'on aura le temps d'être émus parce que pour l'instant, on a l'impression que c'est loin. Mais les mois qui nous restent vont passer quand même assez rapidement. Donc je pense que chacun d'entre nous qui partons ne veut pas trop y penser parce que c'est quand même quelque chose qui, au fond de soi, fait beaucoup de peine. Mais on aura le temps de se dire au revoir aussi et de voir en fin de saison où nous en sommes. Pour l'instant, on est quand même plutôt pas trop mal partis, je trouve. On essaie de, sans trop se le dire, de créer quelque chose d'extraordinaire pour la dernière danse, pour certains.

Votre effectif est actuellement très impacté par les blessures et vous avez payé pour le savoir à titre personnel. Avez-vous l'impression qu'il y en a plus qu'avant ?

Honnêtement, je pense que c'est la faute à pas de chance. Il y a eu des moments de la saison où on a eu beaucoup de blessés l'année dernière. Là, ça arrive un peu tôt. On a tellement d'entraînements, il y a beaucoup d'enchaînements de matchs, de coups qu'on prend et malheureusement oui, il y a des blessés. Mais ce n'est pas la faute d'un tel ou d'un tel. Je pense que Philippe (Gardent, le nouveau responsable de la préparation physique, NDLR) et son staff font vraiment un gros gros travail. Ils essayent justement de nous ménager. Des fois, c'est la faute aussi à pas de chance. Quand tu as des coups comme "Tommy" (Menoncello), je pense que c'est la faute à pas de chance. Ce n'est pas une question de préparation physique ou quoi que ce soit. Clément Vergé, quand il s'est blessé, ça a été pareil, Emmanuel Meafou, c'est pareil. Il y a quelques petits pépins physiques, mais comme il peut y avoir dans toutes les saisons, et c'est vrai que sur le début de saison, on en a plus que d'habitude. Mais je pense surtout que c'est la faute à pas de chance.

Cela ne va-t-il pas plus vite sur le terrain et ne tape pas plus fort ?

Tous les ans, ça va plus vite (rires). C'est pour ça, je vois l'étau se resserrer et des fois, je me dis qu'il me reste 2-3 ans. C'est vrai que tous les ans, on en rigole, mais ça prend un cran. Que ce soient les entraînements ou les matchs, il y a tout qui va plus vite. Et c'est vrai qu'on sent vraiment une différence depuis 5-6 ans. Tous les ans, c'est de plus en plus dur mais c'est peut-être là aussi qui fait ça (sourire).

Vous parliez du plaisir retrouvé, ce n'est pas anodin après toutes les galères que vous avez traversées...

Oui, j'ai retrouvé le plaisir. De toute façon, tu ne le retrouves que quand tu joues. C'est vrai que j'ai la chance de pouvoir enchaîner, de faire des bons matchs. Et puis surtout le plaisir d'être avec les copains. Quand t'es hors terrain, c'est sûr que tu prends moins de plaisir. Et comme on le disait tout à l'heure aussi, le fait que ça soit la dernière année, j'essaie de profiter au max de chaque match, de chaque souvenir que j'ai pu créer ici et d'en profiter le maximum pour que ce soient des souvenirs incroyables.

C'est un soulagement de retrouver ce plaisir ?

Oui. Après, quand on est joueur de rugby, on a toujours tous envie d'être sur le terrain. Quand tu as des pépins physiques, que tu es embêté par pas mal de trucs, quand ça revient, tu es content. Mais c'est aussi le fruit du travail. Ça ne vient pas comme ça, il faut bosser et surtout ne jamais baisser les bras.
 

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