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Interview « Mon arme secrète à bord : mon oreiller ! » Sébastien Marsset se lance sur sa 3e route du Rhum !
IMOCA FOUSSIER banque image Sebastien Marsset - Onboard
Sébastien Marsset prend le départ de sa 3e Route du Rhum, sa deuxième participation dans la catégorie des Imoca. ©Marin LE ROUX – polaRYSE – Marin LE ROUX – polaRYSE / Foussier – Marin LE ROUX – polaRYSE / Fouss

Sébastien Marsset s’apprête à prendre le départ de sa 3e Route du Rhum, à Saint-Malo, ce dimanche 1er novembre 2026. Le skippeur du bateau Foussier, groupe de quincaillerie basé au Mans (Sarthe), s’élance dans la catégorie des Imoca avec un bateau à dérives (sans foil) le plus ancien de sa catégorie mais mise sur son expérience.

Vous prenez le départ de votre 3e Route du Rhum, quelles sont les évolutions depuis votre participation de 2022 ?

Le bateau a beaucoup évolué depuis. Il est plus fiable, nous avons conçu un nouveau jeu de voiles, le pilote automatique a évolué également. L’équipe technique et l’équipe de partenaires ont également changé. On a noué avec Dominique Foussier un partenariat qui a rendu le projet viable économiquement.

Quels sont vos objectifs sur cette Route du Rhum 2026 ?

Il y a quatre ans, j’ai fait 1er des Imoca à dérives et 11e au général. C’était une performance incroyable. Aujourd’hui, mon bateau est le plus ancien de la flotte des Imoca. C’est celui qui a le potentiel de vitesse le plus faible. Néanmoins, je me suis fixé l’objectif de réussir à être de nouveau premier bateau à dérives sur la ligne d’arrivée.

Un projet ambitieux…

C’est hyperambitieux parce qu’avec les meilleurs bateaux à dérive, j’ai un différentiel qui peut aller jusqu’à entre 15 et 20 % de vitesse pure dans certaines conditions.

Face aux foilers, je ne me suis pas fixé d’objectif particulier mais j’y vais sans complexe. L’expérience que j’ai sur ce bateau, c’est peut-être mon meilleur atout. Je pense arriver après 12 ou 13 jours. On a une situation météo assez inhabituelle sur l’Atlantique qui peut encore pas mal évoluer.

Vous avez imaginé un autre système de classement, pouvez-vous nous expliquer ?

Mon ambition est d’être sur la ligne de départ du Vendée Globe 2028 avec l’objectif de faire un top 10. La Route du Rhum, c’est un événement sportif à part entière mais il me permet aussi de me préparer au Vendée Globe 2028. Je n’ai pas encore fait la transition de bateau, donc la réflexion, a été de se dire comment je vais pouvoir avoir un œil critique sur ma performance sportive, sachant qu’il y a un énorme écart de vitesse pure entre les bateaux. La réflexion, elle est partie de là pour créer L’Autre classement. C’est avoir un œil de lecture un peu différent pour jauger de performances sportives qui ont besoin d’être mises en avant, quelle que soit la place.

Bateau Foussier Route du Rhum 2026
Le groupe quincaillier Foussier, basé au Mans (Sarthe) est le sponsor principal de Sébastien Marsset. ©Julie HURISSE/Actu Le Mans

A 48 heures du départ, que vous paraît-il le plus facile et à l’inverse le plus difficile sur cette Route du Rhum 2026 ?

Les conditions météo sont favorables à un départ dans de bonnes conditions par contre on a une assez grosse incertitude sur une importante dépression qui pourrait se former au niveau des Açores entre le 4 et le 6 novembre. C’est un point clé qui peut-être difficile.

Le plus facile, c’est après quatre ou cinq jours de mer, quand on a pris le rythme et que l’on est marin à 200 %. On est dans une forme de symbiose avec le bateau. Ce sont des moments qui me font beaucoup vibrer, des instants de vie assez uniques. C’est un vrai privilège.

La gestion du sommeil est-ce quelque chose que vous redoutez ?

La privation de sommeil, ce n’est pas quelque chose de très agréable mais je le vis plutôt bien. J’en ai une gestion correcte sur des phases normales de course. Ce sont les imprévus qui peuvent nous mettre en difficulté sur le sommeil : la météo ou un fait de course. Sur ce laps de temps, on ne peut pas récupérer.

Vous avez un nouvel équipement qui peut tout changer ?

Oui (rires), j’ai mon petit atout, mon arme secrète pour la Route du Rhum : j’ai changé mon oreiller à bord. Je me suis rendu compte à l’occasion d’une nuit passée à bord avec mes enfants, dans le bateau amarré, qu’avec un meilleur oreiller je dormais dix fois mieux.

Après cette course, vous visez le Vendée Globe 2028 avec un nouveau bateau, vos sponsors Foussier ou le groupe d’entrepreneurs regroupés dans Cap Agir se sont-ils déjà engagés ?

Les engagements avec mes partenaires sont liés à l’échéance de la Route du Rhum. On aura cette discussion après la course mais notre ambition collective, c’est effectivement de passer ce stade de changement de bateau et de pouvoir tenir cet objectif de top 10 sur le Vendée Globe 2028.

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