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David Pagou a dévoilé ce lundi, au siège de la FECAFOOT, les 28 Lions du double rendez-vous face à la Namibie. Les 12 et 16 novembre se joueront les troisième et quatrième journées des éliminatoires de la CAN 2027. Le sélectionneur a expliqué avoir présenté une sélection guidée par les performances, le rajeunissement et des valeurs collectives. Au moins huit absences sont non expliquées, deux convocations sans référentiel en club et des critères jamais mesurés rendent cette promesse difficile à lire dans la liste elle-même. Il faut bien justifier le socle gombotique des sélections en Lions Indomptables !
Après deux journées, le Cameroun occupe la tête du groupe G avec quatre points. Lors de la dernière journée, le Cameroun avait archi souffert contre le Congo du sélectionneur Claude Le Roy. La performance avait été tellement décevante que l’on invoquait le remplacement imminent de David Pagou. Heureusement pour lui. Le match amical contre la Côte d’Ivoire lui a donné acheté du temps. David Pagou peut se projeter dans cette autre période FIFA contre la Namibie, encore plus confiant. L’objectif du double choc est de prendre six points supplémentaires et de consolider cette première place. Le premier match se joue au stade Japoma de Douala.
David Pagou a brossé l’adversaire : « une très belle équipe de la Namibie qui a gagné le Congo un but à zéro, malheureusement qui a perdu aussi contre les Comores. Donc ça voudrait dire que c’est une équipe qui a des failles. »
Face à Franck Lim de L Sport International, qui lui a rappelé qu’il avait donné à entendre, lors de la précédente fenêtre, qu’il ne se fondait pas sur les performances en club, David Pagou a réfuté la lecture et posé sa règle :
« Si on ne sélectionne pas un joueur à la base de ses performances, quel autre critère on peut utiliser ? Ça je comprends pas. Moi, bon, de toutes les façons, si je l’ai dit, je ne me reconnais pas là, parce que si je prends Nana par exemple, c’est que j’ai vu Nana en action. Je peux pas prendre un joueur ex nihilo. »
Il a alors énuméré la liste complète, sans ordre de priorité déclaré :
« pour sélectionner un joueur, on discute avec lui, on voit ses performances, on voit son état d’esprit, sa motivation à venir dans les Lions Indomptables et surtout sa motivation à mouiller le maillot. Donc voilà, ce sont les critères de tous les entraîneurs, sauf si quelqu’un est extraterrestre qui va sélectionner un joueur parce qu’il est beau. »
Sur la politique générale, il a confirmé : « La politique de rajeunissement, ça va de soi… Nos joueurs matures continuent de performer, qui sont toujours des très bons joueurs. Mais on voulait faire autrement, créer une autre dynamique avec ces jeunes-là. »
Huit joueurs titulaires et qui jouent régulièrement n’ont pas été retenus : Nouhou Tolo (Seattle Sounders), André Onana (Trabzonspor), Harold Moukoudi (AEK Athènes), Dina Ebimbe (Schalke 04), Aaron Bibout (KRC Genk), Yvan Dibango (LASK), Stéphane Keller (SK Beveren) et Jackson Tchatchoua (Wolverhampton).
Une seule absence est expliquée en séance, et elle n’est pas une exclusion : celle de Christian Kofane. « J’ai eu une discussion avec lui encore hier… il fallait encore faire une autre IRM pour confirmer la résolution de son mal ou alors de continuer avec les soins. Toujours est-il qu’il n’est pas encore d’attaque pour cette période FIFA. »
Pour Nouhou Tolo, capitaine des Lions lors de la CAN 2025, David Pagou a parlé de rotation : « Il a été notre capitaine lors de la dernière CAN. Il a fait une très belle compétition. Donc voilà, on voulait voir un autre profil… On connaît déjà toutes ses qualités, ses compétences et surtout son état d’esprit. »
Sur les six autres, rien. Et pour certains, cela durent depuis sa prise de fonction.
Angel Yondjo évolue au Lille B. etest désormais un habitué des convocations de Pagou. Il avait participé aux FIFA Series de mars. Il a eu des minutes de jeu en sélection avant toute minute de Ligue 1 de France avec son club. Ce n’est que ce dimanche qu’il a fait ses débuts dans l’élite en entrant en jeu lors du nul 1-1 de Lille à Monaco. Avant cela, il jouait en National 3 avec la réserve lilloise sur la saison 2025-26.
Ivan Jordan Nana. Milieu de terrain, 19 ans, capitaine des Lions U20, promu en équipe A. Est-ce une récompense 48 heures après le sacre à l’UNIFFAC U20, tournoi régional remporté à Yaoundé face à la Centrafrique ? David Pagou l’a cité en exemple :
« Nana, qui est tout à fait tout flamme… c’est un garçon qui est mature déjà. Pourquoi ne lui ouvrirait-on pas cette porte-là pour qu’il continue sa progression ? »
Et c’est cela le paradoxe de ces décisions à géométrie valable. Pour le récompenser, on a bien d’autres échelons avant les Lions A’. Les Lions u23, les Lions A’. Surtout pour un jeune qui n’a jamais joué un seul match de Elite One ou de Elite Two puisqu’il est encore un académicien ! Cela a tout l’air d’utiliser la sélection nationale pour promouvoir les joueurs de certaine écurie bien précis, question de mousser leur valeur. On veut donc mettre certains joueurs en vitrine pour pouvoir facilement les monnayer à l’international.
C’est ici que l’édifice se fissure. Quatre des cinq critères de David Pagou sont invérifiables en l’état.
L’état d’esprit. On fait comment pour mesurer ceci ? Est-ce par le nombre de séances manquées, ou d’un comportement exact que son recherche ? Le même critère avait déjà servi à justifier, avant la CAN 2025, les absences d’André Onana, de Vincent Aboubakar et d’Eric-Maxim Choupo-Moting, relevions-nous déjà à l’époque.
La motivation à venir et à mouiller le maillot, est aussi un des critères de David Pagou. Il dit que cela est évaluée lors de « discussions personnelles » — que Pagou décrit ainsi : « pour voir un peu leur état d’esprit, pour comprendre un peu leur projet à eux-mêmes, quelles ambitions ils ont pour l’équipe nationale. » Cette même discussion a t-elle été tenue avec les autres huit non-retenus? Un critère ne peut pas discriminer s’il n’est appliqué qu’à ceux qu’on veut absolument retenir.
Le feeling. Questionné sur la présence de moins en moins marquée des binationaux, David Pagou répond :
« Non, ce n’est pas un message, c’est juste le feeling et peut-être la forme du moment ou alors l’état d’esprit. » L’aveu est net : le critère, dans ce dossier précis, est subjectif et assumé comme tel.
L’application concrète. Interrogé sur Popess Manguélé, le sélectionneur a répondu :
« Il a le niveau pour jouer en sélection, donc j’ai estimé que ce n’est pas encore le moment, et il sait ce que je pense de lui. » Un joueur jugé apte, écarté par un arbitrage personnel dont la mesure n’est pas définie.
En mars 2026, interrogé sur André Onana et Vincent Aboubakar, David Pagou expliquait : « Aucune porte n’est fermée. Tant qu’ils sont compétitifs, tant qu’ils jouent en club, qui sait » . Depuis, il a posé une autre spatule :
« Le manque de match n’exclut pas une sélection parce que, quand vous connaissez un joueur, vous savez le potentiel qu’il a. »
Les chiffres donnent de la matière au débat. Nouhou Tolo compte 23 titularisations en 24 matchs avec Seattle. André Onana 6 en 6 avec Trabzonspor, Christopher Wooh 6 en 7 avec le Spartak Moscou. Harold Moukoudi et Yvan Dibango disputent la Ligue des champions. Aucun des cinq n’est dans la liste.
David Pagou et son ami, Samuel Eto’o, le Président de la Fécafoot jouent avec la sélection nationale. Ils refusent de prendre la responsabilité des actions qu’ils posent. Ils ont ainsi décidé de mettre un terme à la carrière internationale de bien des joueurs de cette génération.
La conférence du lundi 26 octobre a produit une liste de 28 joueurs. Mais aussi une liste de cinq critères : performances, état d’esprit, motivation à venir, motivation à mouiller le maillot, discussions personnelles. Le premier est quantifiable et David Pagou l’a revendiqué ; les quatre autres ne disposent d’aucune jauge publié, d’aucune grille, et ne semblent pas s’appliquer de manière symétrique à tous.. Angel Yondjo et Ivan Jordan Nana ne sont pas des exceptions au projet : ils en sont la démonstration, celle d’un sélectionneur qui modifie constamment ses justifications plutôt que de s’appuyer sur la qualité des performances.