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Top 14. « La Section prend de l’avance sur Toulon », mesure le Palois Facundo Isa

S’il conserve encore une forme d’amertume vis-à-vis de son départ de la Rade, le n°8 palois estime que les courbes se sont inversées entre Pau et Toulon. De quoi raviver un « rêve ultime » qui pourtant s’éloigne : celui de disputer une 3e Coupe du monde avec l’Argentine

Facundo Isa : « Sur le plan sportif et structurel, la Section prend de l’avance sur Toulon. Les problèmes que nous avons connus là-bas venaient des changements brusques, au niveau du staff, des remaniements dans l’effectif… Cela perturbe. »

Toujours. L’année dernière, c’était déjà un peu bizarre, c’est une sensation différente, parce que c’est mon club de cœur. Rien que le fait de rentrer dans l’autre vestiaire reste très particulier.

Toujours. L’année dernière, c’était déjà un peu bizarre, c’est une sensation différente, parce que c’est mon club de cœur. Rien que le fait de rentrer dans l’autre vestiaire reste très particulier.

Au vu des dynamiques qui se croisent entre les deux clubs, avez-vous la sensation d’avoir rejoint la Section au bon moment ?

J’aurais apporté au club si j’avais continué, même si je ne sais pas si cela aurait pu aider par rapport à tout ce qui s’est passé et à tout ce qui s’est dit. Cela m’a touché, notamment quand Pierre Mignoni est parti. Je connaissais la dynamique du club, la façon dont il fonctionne. J’aurais pu apporter mon expérience aux plus jeunes et aux nouveaux. C’est très particulier : le public à Toulon prend tout à cœur quand les choses ne vont pas. C’est un environnement difficile.

Comment votre départ a-t-il été accueilli dans cet environnement ?

C’était difficile pour les supporters. Beaucoup de personnes, y compris moi, croyaient que j’allais continuer. Malheureusement, je n’ai pas eu l’option de rester (il n’a pas été conservé, NDLR). Après, tant mieux pour moi : je suis arrivé au sein d’un club en pleine confiance. Les trois dernières années avant mon arrivée, Pau a construit des bases solides pour en arriver là.

Les rôles se sont-ils inversés en termes de statut, entre Toulon et Pau ?

Sur le plan sportif et structurel, la Section prend de l’avance sur Toulon. Les problèmes que nous avons connus là-bas venaient des changements brusques, au niveau du staff, des remaniements dans l’effectif… Cela perturbe. Il faut tout reconstruire à chaque fois, c’est instable. Aujourd’hui, avec le salary cap, tu es bloqué : tu ne peux plus empiler les internationaux comme avant. Il faut créer une base avec des joueurs d’expérience qui t’accompagnent. C’est ce qu’a très bien compris Pau.

D’un point de vue personnel, vous vous êtes imposé comme le n°8 titulaire, en repoussant Gorgadze à l’aile de la troisième ligne. Est-ce une satisfaction ?

C’était ce que je voulais. L’an passé, je souhaitais montrer ce dont j’étais capable et comprendre le jeu proposé par le staff. Cette année, le but était de jouer le plus possible. Il faut en profiter parce qu’on ne sait jamais quand ça va s’arrêter. Depuis que je suis arrivé, à chaque fois que je joue, je me dis que c’est peut-être mon dernier match. Le rythme et les chocs physiques vont tellement vite qu’on ne sait jamais.

À 33 ans, est-ce plus dur d’encaisser ?

De récupérer, surtout ! On encaisse tout le temps, mais la récupération est plus dure. Mais ici, la structure nous aide à bien gérer. J’ai fait une très bonne intersaison, je n’ai pas eu de blessures et j’ai pu tout enchaîner.

Votre style de jeu a-t-il évolué avec les années ?

Oui, dans le sens où je me retrouve à gratter plus de ballons. L’année dernière, j’étais dans le top 5 du championnat sur ce plan-là. C’est là où je voulais faire la différence : savoir lire le jeu, ne pas aller sur tous les ballons et choisir les bons moments pour gratter. Et vous me voyez faire plus de passes qu’avant (rires) ! Contre Castres, c’est moi qui fais la passe pour l’essai de Gailleton. Ce sont des choses auxquelles je fais plus attention.

On note aussi un progrès sur la discipline…

C’est beaucoup mieux, sauf quand je rentre en cours de jeu : j’ai tellement envie de donner que je dépasse parfois la limite ! Mais c’est ce dont l’équipe a besoin.

Vous êtes le seul Argentin de Pau a ne pas avoir été sélectionné avec les Pumas. Comment le vivez-vous ?

C’est un coup dur, c’est frustrant, mais je ne le prends pas mal. C’est normal : je n’ai pas joué en 2024 après la Coupe du monde, j’ai fait une pause pour des raisons personnelles, je n’étais pas bien dans ma tête. Quand tu es avec les Pumas, il faut être à 1000 %. J’ai fait trop d’efforts pour être à la Coupe du monde. Au début, je n’étais pas trop pris en compte, puis avec les blessures, j’ai fini par jouer les quatre derniers matchs. Il faut garder le même état d’esprit : s’il y a un appel, il faut être prêt.

« En sélection, il y a eu un malentendu sur mon investissement, mais je vais tout faire pour clarifier les choses »

Payez-vous votre âge par rapport à l’émergence de la nouvelle génération ?

C’est dur à dire, mais pour une Coupe du monde, tu choisis les meilleurs joueurs. Leguizamón a fait sa dernière Coupe du monde à 37 ans en 2019. Il n’y a pas d’âge quand tu es titulaire dans ton club tous les week-ends.

Avez-vous eu des explications de la part du sélectionneur argentin Felipe Contepomi ?

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