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La dernière en date, le chavirage du Maxi Banque Populaire d’Armel le Cléac’h a laissé Tom Laperche, 29 ans, orphelin d’un duel au couteau depuis le départ, entre ces deux favoris pour la victoire, que menait le skipper de SVR. Anthony Marchand (Actual) et Charles Caudrelier (Gitana) avaient déjà abandonné sur avarie.
La dernière en date, le chavirage du Maxi Banque Populaire d’Armel le Cléac’h a laissé Tom Laperche, 29 ans, orphelin d’un duel au couteau depuis le départ, entre ces deux favoris pour la victoire, que menait le skipper de SVR. Anthony Marchand (Actual) et Charles Caudrelier (Gitana) avaient déjà abandonné sur avarie.
En Imoca, c’est d’abord grâce à un gros coup tactique que Corentin Horeau, 37 ans, a fait un trou. Le skipper de MASCF a mieux abordé que les autres un thalweg, zone de basses pressions encadrées par deux zones moins ventées, en passant par le sud. Il est passé alors que ses adversaires sur la voie nord - Sam Goodchild, Ambrogio Beccaria, Élodie Bonafous - ont vu la porte de la bonne zone se fermer.
L’écart, plus de 130 milles d’avance ce mercredi matin, devrait se creuser alors que MASCF avançait à une vitesse supérieure à 20 nœuds, quand les concurrents encore empêtrés dans les vents faibles évoluaient entre 8 et 15 nœuds. « Quand je vois les pointages, je n’ose pas y croire ! a clamé Horeau. C’est ce dont on rêve en tant que marin : faire des gains comme ça. J’ai bien cru que je n’allais pas réussir à passer, puis j’ai trouvé le petit bout de vent qui m’a permis de repartir. Après, c’était plein gaz ! »
Moins connu que d’autres et arrivé en 2023 en Imoca, Horeau est un skipper reconnu (il a gagné la Solitaire du Figaro) et son bateau est l’ancien Paprec-Arkéa, deuxième du dernier Vendée Globe avec Yoann Richomme.
L’écart qu’il a creusé est d’autant plus important que Jérémie Beyou, remonté à la deuxième place mardi, a abandonné, victime des suites d’un KO après une chute dans son bateau. Les commotions cérébrales sont désormais l’un des dangers majeurs auxquels sont confrontés les skippers vu la violence des Imoca.
En Ultim, Tom Laperche impressionne. Le leader a traversé une succession de pièges météorologiques, entre calmes imprévus et rafales violentes. « On a eu zéro nœuds, puis 30 nœuds avec toute la toile dessus ! Le vent était vraiment instable et on n’a pas pu aligner les belles moyennes. Mais si on arrive à rester devant, c’est bien. » Des conditions erratiques qui peuvent expliquer le chavirage d’Armel Le Cléac’h. L’accident a suscité des messages de sympathie de ses concurrents, comme auparavant pour Actual et Gitana.
Au classement, Thomas Coville (Sodebo Ultim 3) talonne Laperche mais sa trajectoire est très différente, plus à l’Ouest et au Sud. Il a désormais pointé son étrave vers un point où il devrait croiser la trajectoire de SVR. Qui arrivera premier à l’intersection, that is the question…
« On se textote entre nous. Parfois, on se demande si on n’est pas un peu à la limite »
En trimaran Ocean Fifty, le chavirage de Matthieu Perraut (Elvest), mardi à 22 heures, à 400 milles au nord des Açores, laisse quatre hommes groupés en 60 milles, avec toujours Basile Bourgnon (Edenred) aux commandes, soucieux du chavirage du copain, qui attend les secours en route.
« On se textote entre nous. Parfois, on se demande si on n’est pas un peu à la limite. Il faut jouer pour créer l’écart, mais dès qu’on peut, on essaie de se reposer et de moins être sur l’accélérateur » a déclaré Bourgnon en vacation.
Ce groupe de tête surveille aussi Thibaut Vauchel-Camus (Solidaires En Peloton by Delanchy). Il a misé sur une trajectoire très au Nord qui peut le ramener vers la tête. « Si ça tourne en notre faveur, il sera parti trop tôt, a analysé Bourgnon. Et si ça se ferme devant nous, il aura fait le bon choix. Les dés sont lancés ! »
Plus loin derrière, les monocoques Class40 se préparent à passer au mieux la dépression qui se creuse aux Açores. Il y a 200 milles d’écart latéral entre le groupe du Nord et celui du Sud, mais rien en distance au but avec 19 bateaux en moins de 80 milles !
« En ce moment, c’est la kermesse ! » a lancé Guillaume Pirouelle, qui observe avec un mélange de curiosité et de scepticisme les monocoques de 40 pieds s’éparpiller sur l’Atlantique, chacun défendant sa propre option.
« Ceux qui partent au nord, je trouve ça osé ! Sur le papier, les routages leur donnent raison. Mais… »
« Ceux qui partent au nord, je trouve ça osé ! Sur le papier, les routages leur donnent raison. Mais ils nous imaginent faire des choses qu’on n’est pas forcément capables de réaliser dans des grosses conditions. Personnellement, aller chercher du portant en solitaire, dans une mer énorme avec 40 nœuds de vent, voire davantage, je ne le sentais pas. »