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Il y a 25 ans, elle jurait qu’elle ne courrait jamais un marathon. Le 8 novembre 2026, à Bordeaux, Francine Garcia s’élancera pourtant pour la 40e fois sur les mythiques 42,195 kilomètres. À 65 ans, cette fidèle licenciée de l’US Marmande Athlétisme (USMA) peine encore à réaliser le chemin parcouru.
« Quand on les fait les uns après les autres, on ne s’en rend pas compte. Mais quand je me dis que je vais en avoir couru 40, ça m’étonne moi-même ! »
Une aventure d’autant plus étonnante que rien ne prédestinait cette Marmandaise à devenir marathonienne.
« Je n’étais pas sportive au départ », sourit-elle. Tout commence en 1998, à 37 ans, lorsque son mari et ses filles l’entraînent sur un cross familial de 2,5 kilomètres. « Je l’ai fait sans préparation. À l’arrivée, j’avais la gorge en feu, mais j’avais adoré les sensations. »
Le déclic est immédiat. Trois mois plus tard, elle participe aux 10 kilomètres de Marmande, avant d’enchaîner les courses locales. Très vite licenciée à l’USMA, elle se découvre une passion pour la course à pied. Mais pas question de marathon.
Je disais toujours que je ne ferais jamais une telle distance !
Jusqu’à ses 40 ans. Encouragée par ses partenaires de club, elle s’inscrit au marathon de Paris. Un cadeau d’anniversaire. Elle boucle cette première expérience en 3 h 36. Une révélation.
Depuis, Francine Garcia a parcouru le monde en courant. Paris à six reprises, La Rochelle quatre fois, mais aussi Londres, Rotterdam, Porto, Barcelone, Valence ou Séville. Sans oublier New York, où elle s’est alignée deux fois.
« New York, c’est magique. Les buildings, les petites églises, les contrastes… C’est un marathon mythique. » Paris conserve néanmoins une place particulière dans son cœur. C’est là qu’elle a établi son record personnel, en 3 h 23, en 2008.
Mais ces 25 années n’ont pas été exemptes de difficultés. En 2011, une chute au 27e kilomètre du marathon de Paris lui provoque une fracture qu’elle ne découvrira que plus tard. Elle termine malgré tout la course. « Je me disais tous les cinq kilomètres que je ne ferais plus jamais de marathon ! »
Une promesse jamais tenue. Même lors de son dernier marathon à Cheverny, particulièrement éprouvant à cause de la chaleur, elle n’a pas renoncé.
Je n’ai jamais abandonné un marathon. Je les ai tous terminés, dans de bonnes ou de mauvaises conditions.
Aujourd’hui, la performance n’est plus sa priorité. Même si elle espère terminer Bordeaux en moins de 4 h 30, Francine Garcia sait que ses meilleurs chronos appartiennent au passé. « Je l’accepte totalement. L’essentiel, c’est de continuer à courir. »
Pour y parvenir, elle s’entraîne quatre fois par semaine, avec une préparation de deux mois avant chaque marathon. Elle suit surtout un principe transmis par son ancien entraîneur Jean-Michel Eucher : « Le repos fait partie de l’entraînement. »
Mais son véritable moteur reste l’USMA, qu’elle n’a jamais quittée depuis 1998. « Sans le club, je ne ferais jamais tout ça. Ce qui compte, c’est le partage avec les copains. Même les séances difficiles deviennent agréables quand on est ensemble. »
Initialement, Francine Garcia envisageait de retrouver Paris en 2027 pour son 40e marathon. Mais le retour de l’épreuve bordelaise, qu’elle a déjà courue deux fois de nuit, a changé ses plans.
Des copains vont participer au 10 kilomètres, au semi-marathon ou au marathon. D’autres viendront peut-être m’encourager. C’est une belle occasion de partager ce moment.
Sera-ce son dernier marathon ? Elle l’envisage, sans vraiment fermer la porte. Certains lui soufflent même qu’une véritable marathonienne devrait en courir 42, comme un clin d’œil à la distance reine.
« Je me dis que ce sera peut-être le dernier. Mais s’il y a une belle opportunité, pourquoi pas ? Tant que je pourrai courir et rester en forme, je continuerai. »
Le 8 novembre, à Bordeaux, la ligne d’arrivée aura en tout cas une saveur particulière. Celle de 25 années de passion et de 40 marathons accomplis.