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L’hécatombe continue sur cette Route du Rhum, après l’annonce ce mercredi après-midi d’un dixième abandon : celui du malheureux Anthony Marchand, dont l’Actual Ultim 4 avait fait lundi matin un 180° brutal après avoir heurté un Ofni (objet flottant non identifié).
Ce nouveau renoncement intervient après celui du favori Armel Le Cleac’h ce matin. Son maxi-trimaran Banque Populaire a chaviré au cœur de la nuit. Même sentence irrévocable pour l’Ocean Fifty de Matthieu Perraut (Elvest) et le trimaran vintage de l’ancien vainqueur Francis Joyon (Océans).
Ajoutez à cela les abandons pour mât brisé (Quentin Le Nabour), avarie de foil (le tenant du titre Charles Caudrelier), safran endommagé (Armel Tripon) ou encore blessures à bord (Fabien Delahaye et le favori chez les Imoca Jérémie Beyou) et vous aurez le sentiment d’une 13e édition cauchemardesque. D’une flotte décimée que vont peut-être devoir rejoindre Violette Dorange et Romain Pilliard, obligés de faire escale pour réparer, après être entrés en collision deux heures après le départ de Cancale, dimanche.
Cette série noire n’a pourtant rien d’exceptionnelle, rappelle Francis le Goff. Dix abandons au quatrième jour de course, sur 115 voiliers partis de Saint-Malo, « c’est moins que d’habitude. Ce sont des statistiques plus faibles que sur les Route du Rhum passées et heureusement », réagissait le directeur de course, à l’antenne de France Info ce mercredi 4 novembre 2026. « Cette année, on en parle peut-être davantage car ça touche des leaders. Mais si les conditions en mer sont musclées, elles restent correctes pour naviguer ».
Loin de la météo dantesque de 2002 qui avait contraint à l’abandon la moitié de la flotte ! Les trimarans géants à l’époque – les fameux Orma – n’avaient été que 3 sur 18 à rejoindre la Guadeloupe.
Cette année, la bagarre qui fait rage en tête de course a sans doute poussé aussi à la prise de risques. « Ils sont à l’attaque, à la recherche de la performance et il suffit parfois d’une mauvaise vague, d’un décrochage technique… »
Échaudés par les déconvenues de leurs concurrents, des skippers encore en course, à l’image du leader Tom Laperche, ont laissé entendre qu’ils allaient lever (un peu) le pied pour ne pas connaître pareille mésaventure. Car pour gagner une Route du Rhum, il faut déjà commencer par la finir.