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“Imprimez ça”, a déclaré Joe Lacob, le milliardaire propriétaire des Golden State Valkyries, au début de la phase des playoffs de son équipe. “Gabby Williams est la meilleure joueuse du monde.” C’était l’une des déclarations les plus audacieuses de l’histoire récente du sport. Mais à l’époque, Gabby Williams, l’ailière franco-américaine de 30 ans, n’avait pas encore remporté de titre de championne de la WNBA, la ligue féminine américaine de basketball, et encore moins été désignée meilleure joueuse des finales. À vrai dire, personne ne s’attendait à cela de la part des Valkyries, une équipe d’expansion qui n’existait que depuis deux ans et dont l’effectif ne comptait aucune joueuse sélectionnée dans l’équipe All-WNBA.
Peu importe. Après avoir battu le week-end dernier les Atlanta Dream lors d’un septième match décisif (le premier de l’histoire de la WNBA), les Valkyries ont ramené leur tout premier trophée WNBA dans la Baie de San Francisco. Et c’est en grande partie grâce à Gabby Williams, qui a tenu la promesse de Joe Lacob en réalisant la remontée la plus mémorable de l’histoire des finales de la WNBA pendant la deuxième mi-temps.
Voici comment ça s’est passé : à trois minutes de la fin du troisième quart-temps, alors que les Valks étaient menées de six points, l'ailière a réclamé le ballon, effectué un passage entre les jambes, puis marqué un tir en retrait depuis l’extérieur de la ligne des trois points. Elle a enchaîné quelques instants plus tard avec un tir à trois points en réception-tir sous le nez d’Angel Reese. Lors de la possession suivante, Williams s’est libérée d’un double marquage, puis a sprinté au-delà de la ligne des trois points pour marquer un panier décisif.
Ces trois tirs à trois points consécutifs de Gabby Williams ont brisé la résistance d’Atlanta et redonné vie à “Ballhalla”, la forteresse de San Francisco où se pressaient 18.064 fans de basket féminin vêtus de violet. Après avoir été menées pendant la majeure partie du match, les Golden State ont pris l’avantage et ne l’ont plus lâché. Gabby Williams a terminé avec 28 points en seconde mi-temps (un record des playoffs de la WNBA), pour un total de 30 points, le meilleur total de la rencontre. Au moment de désigner la MVP des Finales, il ne faisait guère de doute quelle joueuse, au sein d’un effectif par ailleurs très équilibré, avait été la plus déterminante dans cette aventure sportive digne d’un conte de fées.
En regardant Gabby Williams jouer, on n’aurait pas deviné que, lorsqu’elle ne joue pas au basket, elle aime simplement faire des câlins à son chat et regarder des séries animées à la chaîne. Juste avant le début des célébrations des Valkyries, GQ a pu faire plus ample connaissance avec cette redoutable joueuse.
Félicitations pour votre titre de championne. Les Valkyries ont vraiment su rassembler tout le monde. Et c’est vous qui avez réussi ça. Vous, tout particulièrement.
Ça me touche beaucoup. Merci.
Je suis retourné lire un extrait de votre journal de rookie que vous aviez écrit en 2018 pour ESPN.
Waouh.
Vous ne vous en souvenez peut-être pas, mais vous aviez mentionné avoir adopté un nouveau chat. Et voilà que ce chat pose désormais aux côtés du trophée de la WNBA. Comment avez-vous vécu ces moments de fête avec votre chatte, Halle Berry, qui est à vos côtés depuis vos débuts dans la ligue ?
Quoi qu’il arrive, quand je suis à l’étranger, dès que je rentre à la maison, je raconte à HB comment s'est passé mon match. C’est la première chose que je fais. Je passe la porte : “Oh, HB, on a perdu aujourd’hui. J’ai vraiment mal joué.” Ou “Oh, HB, on a gagné. Et voilà ce qui s’est passé.” La première chose que j’ai faite [après avoir remporté la finale de la WNBA] : “HB, on a carrément gagné. Tu y crois ?” Et elle m’a répondu : “Tu peux me donner à manger ?”