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Il y a des soirées qui valent un contrat. Pour Michael Carrick, ce fut peut-être celle-là. Menés par la Roma dès la 11e minute (but de Soulé), puis 2-0 à la 17e sur un penalty transformé par Malen, les Red Devils semblaient condamnés à une nouvelle humiliation. Sauf que le football, parfois, aime écrire autrement.
Bruno Fernandes relance la machine sur penalty à la 58e minute. Puis Matheus Cunha prend le relais : un but à la 83e, un autre à la 86e. Trois minutes, deux frappes, et un Old Trafford transformé en chaudron. Le Brésilien venait pourtant de vivre un week-end frustrant, avec un but refusé par la VAR pour hors-jeu à Stamford Bridge samedi.
Le contexte rendait l’enjeu immense. United sortait de neuf matches sans victoire, sa plus longue série en trente-huit ans, après une défaite 2-0 à Chelsea. Un point seulement séparait le club de la zone de relégation en Premier League. En Ligue des champions, deux défaites en trois rencontres le plaçaient 20e du classement de la phase de ligue avant ce match.
Carrick avait pourtant affiché sa sérénité. Après la défaite à Londres, il avait assuré qu’il serait toujours en poste pour recevoir la Roma. Pari tenu, et plutôt bien joué. Selon la presse britannique, la direction lui laissait jusqu’à la trêve internationale de novembre pour redresser la barre. Cette soirée ne règle rien définitivement, mais elle achète du temps, ce qui n’est pas rien.
Côté italien, la déception sera à la hauteur du scénario. Avec deux buts d’avance après dix-sept minutes, les Romains tenaient le match, ou le croyaient. Ils n’ont pas résisté à la pression d’un stade en transe, ni à la fin de match de leurs hôtes. Un naufrage collectif, comme on dit dans le milieu.
La leçon est claire pour la Roma : dans cette compétition, rien n’est jamais joué à 2-0, surtout face à un adversaire qui n’a plus rien à perdre. Reste que les trois points ne règlent pas tous les soucis de United, qui doit encore prouver sa solidité défensive.
Le plus dur commence maintenant : confirmer. Une victoire, aussi spectaculaire soit-elle, ne fait pas une saison. Carrick le sait mieux que quiconque. Le prochain match dira si ce retournement était le début d’un sursaut ou un feu de paille.