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Il fallait un déclic, et il est venu là où personne ne l’attendait vraiment. Sur la pelouse de Chelsea (0-2), Tottenham a signé une victoire de prestige qui offre un peu d’air à Roberto De Zerbi, englué depuis la rentrée dans un début de saison laborieux. L’ancien entraîneur de l’OM avait besoin d’un succès qui dépasse les trois points, d’un résultat capable de relancer un groupe en quête de repères. Ce derby londonien pourrait bien être celui-là.
Pourtant, la rencontre a longtemps tenu du bras de fer fermé. Il a fallu attendre la 77e minute pour voir le verrou sauter, sur un but contre son camp de Mike Penders, un cadeau que les Spurs n’ont pas laissé filer. Trois minutes plus tard, l’expulsion de Cole Palmer a fait basculer la soirée : réduits à dix, les Blues ont perdu leur meneur et, avec lui, leurs derniers espoirs de renverser la situation. Mathys Tel a ensuite scellé l’affaire d’un rush solitaire, un but du break qui a mis Tottenham à l’abri.
Le contexte ajoute du poids à la performance. Les Spurs restaient sur six défaites consécutives face à Chelsea en Premier League, une série noire qu’ils ont fait voler en éclats chez leur rival, au meilleur moment. Il faut toutefois rester lucide : deux buts tardifs, dont un contre son camp, et une supériorité numérique obtenue en fin de match, cela ne fait pas une démonstration. Ce succès doit autant à l’opportunisme qu’à la maîtrise, et l’honnêteté commande de le dire.
Reste que, dans une saison qui s’annonçait délicate, De Zerbi a désormais un résultat solide sur lequel bâtir. Lui qui sait, depuis son passage à Marseille et ses soirées marquantes comme celle de Metz, combien une victoire de référence peut libérer un vestiaire, tient peut-être là son point de départ. Il lui faudra confirmer dès la prochaine sortie, car à Tottenham, un déclic ne vaut que s’il dure.