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Longtemps pratiquée de manière informelle dans l’espace public, cette discipline - popularisée par les films « Banlieue 13 » ou « Yamakasi » - attire de par ses dimensions sportives, créative et accessible. Idéale pour la motricité, cette activité atypique, un peu sauvage, s’effectue quelle que soit sa classe sociale ou ses qualités physiques. « C’est ouvert à tout le monde, aux garçons comme aux filles », rappellent les deux potes, qui se sont rencontrés lorsqu’ils ont intégré l’asso angloye Acro’feel.
L’ancien président et le nouveau trésorier étaient alors à la recherche d’alter ego pour s’entraîner, s’améliorer. Depuis, ces deux membres de la Fédération de parkour (FPK) initient les jeunes comme les plus âgés, jusqu’à 60 ans. « On est là pour s’entraider. Chacun progresse à son niveau, a ses propres défis, ses propres barrières. Ce qui nous fait grandir, c’est de voir les autres produire des choses différentes. » D’où l’importance des séances collectives. Non seulement, « c’est plus fun mais aussi sécuritaire », poursuivent-ils de concert, avant d’énumérer les lieux où les traceurs se rejoignent sur le BAB.
À Biarritz, ils se donnent rendez-vous du côté de la Gare du Midi. À Anglet, la municipalité leur a mis la salle de gym du Redon à disposition. À Bayonne, ils bénéficient d’un tout nouveau parkour park (voir par ailleurs). Ils mettent également à profit d’autres spots en ville. « Ces endroits nous challengent, peuvent nous donner une idée, indique Gabriel. Chaque parcelle de béton, grise, un peu monotone, devient un terrain de jeu. On va se réapproprier un escalier, aller d’un caillou à un autre… »
De quoi aiguiser leur inspiration. « On va se dire : ‘’Tiens, ce mouvement, je peux le mettre dans cet enchaînement ou ici, ça peut être sympa’’, explique le trésorier. Cela contribue à développer une palette de mouvements presque infinie. Cet ensemble fait que tout devient unique. On y trouve du plaisir, on s’amuse », avant de rappeler qu’il y a, derrière, toute une méthodologie d’entraînement.
La communauté parkour se réunit autour de cinq valeurs : respect, passion, confiance, humilité et non-compétitivité. Cette dernière reste essentielle à leurs yeux, même si la Fédé française de gym, qui a obtenu la délégation en 2017, organise des championnats. « On veut que le parkour continue d’exister, d’évoluer, qu’il y ait de plus en plus d’athlètes qui puissent en vivre, que des enfants et des adultes utilisent le parkour dans la vie de tous les jours pour se sortir de situations, s’exprimer ou pour juste rester en forme », s’exclame de son côté l’ancien président.
À contrario du breakdance, autre discipline majeure des cultures urbaines, aucune épreuve de parkour n’a été proposée au programme des JO de Paris en 2024, même s’il a été le fil rouge de la cérémonie d’ouverture avec la performance remarquée de Lilou Ruel, qui détenait la flamme olympique tout du long.
La Ville de Bayonne a d’ailleurs porté plainte contre la championne du monde et le cascadeur Brice Poule pour des sauts accomplis lors des dernières Fêtes. « On ne se sent pas concernés, ça n’a rien à voir avec ce que l’on fait, ce qu’on promeut », lâchent Benoît et Gabriel. « On ne l’encourage pas mais les jeunes sont suffisamment intelligents pour savoir que c’est interdit, poursuit le premier cité. Jamais je n’irai sauter de maison en maison ou sur un toit. Déjà parce que c’est hyperdifficile, ensuite parce qu’on ne connaît pas sa solidité. Certains le font, parce qu’ils ont une envie d’adrénaline et ont atteint un niveau technique et de connaissance de leur corps tellement poussé… » « Le parkour ne se résume pas au culte du risque, glisse Gabriel. Il n’est pas synonyme de risque mais de maîtrise. »