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Triste première Route du Rhum pour Violette Dorange (25 ans). Hors-course à peine lancée, la jeune navigatrice accueillie par un impressionnant fan-club sur la ligne de départ de Saint-Malo dimanche dernier avait abandonné d'entrée toutes ses ambitions. La benjamine du dernier Vendée Globe et plus jeune skippeuse de l'histoire à aller au bout de l'épreuve (elle avait terminé 25e) espérait au moins limiter la casse en reprenant au plus vite la mer après avoir réparé. Malheureusement pour elle, elle est contrainte de s'arrêter là. Bien prématurément et sans avoir à peine goûté à cette transatlantique en solitaire qu'elle découvrait.
Victime d'une très sérieuse avarie foil tribord après avoir heurté au large de l'Ile de Bréhat le trimaran Use it Again de Romain Pilliard, lancé à pleine vitesse, l'IMOCA Initatives-Coeur avait dû faire demi-tour, d'abord en direction de Roscoff puis de Lorient, où les moyens techniques ainsi que les (meilleures) conditions sur place semblaient permettre d'effectuer les réparations nécessaires (plusieurs casses sur le bordé, la coque, le tirant d’outrigger ainsi qu'une voie d’eau dans le premier compartiment avaient notamment été constatés). Et à Dorange de poursuivre (plus exactement, de réellement débuter) la compétition. Il n'en sera donc rien.
Les dégâts se sont finalement révélés plus importants et compliqués que prévu, avec l'obligation de devoir rentrer le bateau sous abri et de le laisser sécher. Pas d'autre solution pour la native de Rochefort et Initiatives-Coeur de jeter l'éponge. Son équipe a annoncé la mauvaise nouvelle vendredi.
"Malgré une volonté constante de tout faire pour repartir, les examens approfondis ont révélé des dommages plus importants que ceux initialement identifiés. Leur réparation, longue, est incompatible avec un retour en course (...) Nous devons d'abord préserver la sécurité de Violette et le bateau".
Déjà dépitée après son accident du week-end dernier, Dorange l'était tout autant après avoir appris qu'elle devait abandonner. Mais néanmoins consciente qu'elle ne pouvait pas y couper. "C'est évidemment une grande déception. Je suis triste de devoir m'arrêter ici, mais l'état du bateau ne nous laisse pas le choix".