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l'essentiel SÉRIE. Il avait le rugby dans les mains, le sens du jeu dans le regard et, à Moissac, une place qui dépassait celle d’un simple joueur. Jo Carabignac, qui a donné son nom au stade municipal, a marqué de son empreinte l'Avenir moissagais. C'est à lui que La Dépêche consacre le premier volet de sa série sur les grands joueurs qui ont marqué le club de la cité uvale.
Né le 10 octobre 1929, à Boé, dans le Lot-et-Garonne, Georges Carabignac grandit dans un territoire où le rugby fait partie de la culture populaire. Très jeune, il rejoint le Sporting Union Agenais. Son frère aîné, Robert, évolue lui aussi au plus haut niveau du club. Les deux frères partagent le maillot agenais, dans une époque où le rugby se vit avec passion et fidélité.
Demi d’ouverture, « Jo » Carabignac occupe un poste qui exige lucidité, précision et sens des responsabilités. Il faut lire le jeu, choisir la bonne direction, organiser les attaques et, parfois, faire basculer une rencontre grâce à un coup de pied décisif. Ses qualités lui ouvrent les portes du rugby international.
Le 13 janvier 1951, il connaît sa première sélection avec le XV de France contre l’Écosse. Il portera sept fois le maillot national jusqu’en janvier 1953, inscrivant trois drops. Il connaît également le CA Brive avant de prendre, en 1955, une nouvelle direction : Moissac. L’Avenir moissagais recrute alors cet ancien international pour la saison 1955-1956. Le club trouve en lui bien davantage qu’un joueur expérimenté.
Promu capitaine-entraîneur, il conduit ses coéquipiers au titre de champion de France de troisième division dès sa première saison, en 1956. Cette réussite contribue à faire de lui une figure incontournable du rugby local. « Jo » reste environ dix ans au service de l’Avenir moissagais. Sur le terrain, il transmet son expérience et guide l’équipe.
Par la suite, il poursuit son engagement comme dirigeant, puis président du club pendant une saison. Son histoire se confond progressivement avec celle de l’Avenir.
Mais « Jo » Carabignac n’est pas seulement un homme de rugby. Avec son épouse Simone, il anime le café des Sports, bientôt surnommé Le Cara. Le café devient un lieu de rencontres et de discussions, où les souvenirs des matches prolongent les dimanches sportifs. Joueurs, supporters et habitants s’y retrouvent. La vie du club continue autour des tables, bien après le coup de sifflet final.
Les années passent, mais l’image de « Jo » demeure attachée à la mémoire collective moissagaise. Les jeunes le regardent s’entraîner, les anciens se souviennent de ses qualités et le club conserve la trace de son passage. Il incarne cette génération pour laquelle le rugby n’était pas seulement une compétition, mais une école de solidarité, de fidélité et de responsabilité.
Le 21 février 1973, Georges Carabignac meurt à l’âge de 43 ans. Sa disparition laisse un grand vide dans le monde du rugby local. Pourtant, son nom ne disparaît pas avec lui. Le stade de l’Avenir moissagais, inauguré sous son nom en janvier 1993, devient un hommage durable à son parcours. Une stèle et un challenge destiné aux jeunes perpétuent également sa mémoire.
« Jo » Carabignac demeure ainsi une figure de transmission : celle d’un rugbyman qui, après avoir connu le haut niveau, a choisi de s’investir durablement dans la vie d’un club dont le stade porte aujourd’hui le nom.
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