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C’est une petite révolution en Espagne. Selon la radio Cadena SER, relayée par Africa Soccer, les arbitres de Liga vont désormais s’exprimer devant les caméras pour expliquer leurs décisions après certains matchs. Le dispositif démarre dès la 11e journée, ce week-end, et sera mis en place progressivement, à raison de deux rencontres par journée.
L’accord réunit la Liga, la Fédération espagnole (RFEF) et le syndicat des arbitres (AESAF). C’est le Comité technique des arbitres qui choisira les officiels appelés à prendre la parole. Les arbitres de deuxième division seront eux aussi concernés, avec des interviews avant et après certaines rencontres.
Le détail qui fait parler : l’argent. La Liga a prévu une prime audiovisuelle de 500 000 euros destinée aux arbitres, sur le modèle de ce qui existe déjà pour les clubs lors de leurs apparitions médiatiques, selon la Cadena SER. Son versement dépendra de deux objectifs : une « contribution significative à la valeur commerciale et médiatique » du football espagnol, et la préservation de l’autorité arbitrale.
Une manière de récompenser l’effort, mais aussi de transformer les arbitres en acteurs du spectacle. Personne ne l’avait vu venir dans un pays où les sifflets sont si souvent au cœur des polémiques.
La mesure a déjà fait réagir. Interrogé avant le match de l’Atlético de Madrid contre Levante, Diego Simeone a préféré l’humour : « J’espère qu’ils parleront positivement de moi et que tout se passera bien », a-t-il glissé, selon Africa Soccer. Le Cholo, habitué des joutes avec le corps arbitral, sait que ces prises de parole pourraient vite devenir explosives.
Les arbitres avaient déjà fait de brèves apparitions télévisées avant les matchs en début de saison. Juan Martínez Munuera, notamment, s’était exprimé avant le dernier Clasico, celui-là même où un supporter du Barça a frappé Eduardo Camavinga avec une hampe de drapeau.
L’objectif affiché est clair : « améliorer la transparence et donner aux supporters une meilleure compréhension des décisions ». La mesure s’inscrit dans un plan plus large. Les noms des arbitres vidéo seront publiés à l’avance, une émission hebdomadaire baptisée « Review Time » analysera les incidents litigieux, et les erreurs d’arbitrage confirmées seront reconnues publiquement.
Après des années de controverses et d’accusations, le football espagnol tente de rebâtir la confiance. Un pari audacieux, car chaque mot prononcé devant les caméras pourra être disséqué, repris, détourné. Les arbitres, qui fuient généralement les projecteurs, vont devoir apprendre un nouveau métier.
En France comme en Angleterre, la question revient régulièrement sur la table. Plusieurs championnats ont déjà testé la sonorisation des arbitres ou des explications d’après-match, avec des résultats contrastés. L’Espagne, elle, choisit d’aller plus loin, en mettant de l’argent sur la table.
Les premières interviews sont attendues ce week-end, notamment après Barça-Alavés et Racing Santander-Real Madrid. Ça sent la poudre. Et les premiers mots des arbitres seront scrutés comme jamais.