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Sur les maillots de Metz, il n’y avait qu’un nom, "Carlo", floqué en hommage au président Molinari. À la fin de la rencontre, La Mosson, elle, n’avait d’yeux que pour un homme, Téji Savanier. Revenu là où tout a compté pour lui, le milieu de 34 ans a renversé son club de toujours et montré qu’il n’avait rien perdu. Avant de s’en aller, bras levé en direction de son père, et sourire en coin.
Savanier n’a pas changé. Ni sur le terrain, où il a commis la première faute, ni en dehors, où il a filé sans s’arrêter en zone mixte. Sa prestation a parlé pour lui et ses coéquipiers aussi. "Ému et motivé", selon son capitaine Bouna Sarr, le meneur de jeu n’a toutefois rien laissé transparaître. Même lorsque la Butte Paillade, exilée en Corbières, a déployé avant le coup d’envoi un tifo en son honneur. "Téji Savanier, uno di noi ; enfant de Figuerolles, espoir de Grammont, capitaine de la Paillade", était-il inscrit pour saluer "l’un des nôtres".
90 minutes durant, il ne l’aura pas été pour une Paillade qui n’a pas su l’arrêter après l’avoir laissé partir libre cet été. Transversale au départ de l’action du premier but messin, sombrero avant le troisième, coup franc prolongé sur le poteau par Julien Laporte, roulette… Omniprésent dans les duels (18 disputés, plus haut total du match), Savanier a étalé sa palette sur cette pelouse qui était encore son jardin il y a six mois.
"Oui, il nous a fait mal", soufflait Théo Chennahi, admiratif d’un joueur qu’il considère "comme (son) grand frère". "Et heureusement qu’il est dans cette équipe", ajoutait le milieu pailladin.
L’entraîneur messin, Grégory Proment, ne le contredira pas. "À Metz, j’ai lu qu’on se demandait si Proment n’en fait pas trop avec Savanier. En voyant son match, malheureusement, je n’en fais pas assez. Parce qu’il est extraordinaire", se réjouissait le technicien, ébahi par la "grande classe" de son joueur malgré le contexte.
"Au-delà de la victoire qui était importante pour nous, c’est tout ce qu’il y a autour. Déjà forcément pour Carlo. Mais pour Téji aussi, qui est revenu et qui a fait un sacré match. Il n’arrêtera jamais de m’étonner celui-là", a-t-il reconnu.
Le coach grenat n’aura finalement eu qu’un regret pour son maestro, remplacé à la 92e minute sous une ovation d’un stade qui se prenait à croire en une égalisation : "J’aurais dû le sortir une minute avant. Il aurait pu vivre quelque chose d’encore mieux." Savanier s’en est sans doute contenté.